Maroc

Agadir/Saison estivale : la Covid-19 fausse les chiffres

Bien que le nombre d’arrivées des nationaux ait atteint 76.556 en juillet 2021 contre 62.563 deux année auparavant, cette évolution est à appréhender avec précaution. Actuellement, le tourisme international accuse le coup. Quant au taux d’occupation, qui reflète le remplissage des hôtels, il est passé de 9,70 % en juillet 2020, à 30,46 %, à peine, en juillet 2021… Détails.

Et rebelote ! L’assouplissement des restrictions sanitaires et l’ouverture des frontières, opérés juste avant la saison estivale, ont fait naître beaucoup d’espoir chez les professionnels, concernant une reprise de l’activité touristique, à même d’amortir les répercussions de la Covid-19 sur leur activités. Mais après que 13 jours se soient écoulés, dans cette seconde moitié de la saison estivale, on peut relever que les indicateurs ont déjà validé une partie des craintes des opérateurs touristiques de la station balnéaire d’Agadir, surtout après la dégradation du contexte pandémique et sanitaire au niveau national. Pour planter le décor, le taux d’occupation moyen de la destination Agadir, durant cette première moitié de la saison estivale, est passé de 9,70 % en juillet 2020 à seulement 30,46 % en juillet 2021. Actuellement, il est à noter que 81% de la capacité d’hébergement de la station balnéaire est ouverte. Dotée de 15.225 chambres et 34.613 lits, cette capacité porte sur l’ensemble des stations balnéaires d’Agadir, Taghazout et Imi Ouddar. «On est loin des taux enregistrés durant la même période, lors des années normales où le taux moyen d’occupation oscillait entre 60 et 80%», explique un professionnel du tourisme. Dans le détail, 84 unités touristiques sont actuellement ouvertes contre 20 qui ont baissé le rideau.


Flux nationaux : une évolution en trompe-l’œil
En ce qui concerne les autres indicateurs, notamment celui relatif aux arrivées touristiques, à peine 89.556 touristes ont visité la destination en juillet 2021 contre 28.621 à la même période de l’année écoulée. Parmi eux, 76.556 et 26.874 touristes nationaux ont séjourné à Agadir, respectivement en juillet 2021 et 2020. «Dans certains pays, la destination Maroc est classée en zone rouge à cause de la situation pandémique. Et hormis quelques touristes individuels, les flux internationaux sont, quant à eux, quasiment inexistants», explique un autre professionnel du tourisme d’une chaîne hôtelière à Agadir. Et d’ajouter que «les professionnels tablaient sur le tourisme interne pour compenser les pertes durant cette période estivale, malheureusement, du fait de la pandémie et des récentes restrictions, la situation n’est pas reluisante». À cet égard, il faut noter que l’instauration des restrictions a entraîné beaucoup d’annulations. «Les touristes, qui voulaient réserver, hésitent désormais à franchir le pas. Quant à ceux qui viennent aujourd’hui, ils réfléchissent à deux fois avant d’opter pour notre destination», explique cet opérateur.

Les flux internationaux accusent le coup
Il va sans dire que les deux dernières saisons touristiques sont, toutes deux, des années de morosité, en raison du contexte pandémique. Et compte tenu des chiffres des années de référence, notamment 2019 et 2018, où la destination avait respectivement accueilli 130.669 et 127.240 touristes, dont 62.563 et 56.671 touristes internes. En se référant à ces chiffres, force est de constater que ce sont les flux internationaux qui ont accusé le coup, avec un écart de 41.113 touristes étrangers entre juillet 2021 et juillet 2019. Par contre, les touristes internes ont affiché une évolution en trompe-l’oeil en comparaison avec les mois de juillet 2018 et 2019. Dans ce sens, la destination aurait gagné 13.993 touristes nationaux entre juillet 2019 et juillet 2021. Toutefois, cette évolution est à relativiser, car les mesures de restriction, notamment l’interdiction des déplacements nocturnes et vers les villes de Casablanca, Marrakech et Agadir, avant la génération de cette mesure à l’ensemble du territoire national, ne sont intervenues que début Août.

Agadir perd presque 1/3 de sa capacité
De surcroit, les contraintes de déplacement vers les destinations étrangères ont poussé une grande partie des nationaux à passer leurs séjours au pays alors que d’autres établissements touristiques, principalement la destination Taghazout, ont été intégrés dans les statistiques actuelles. Voilà pourquoi cette augmentation ne reflète guère les logiques annuelles d’évolution des flux touristiques, le contexte pandémique faussant l’analyse, mais aussi l’évolution des chiffres. «À Agadir, nous avons perdu presque 1/3 de notre capacité d’hébergement, soit 3.000 lits perdus définitivement et près de 6.000 toujours fermés à ce jour, avec les conséquences qui en découlent, en termes d’emplois», a annoncé Najia Ounassar, présidente de l’Association de l’industrie hôtelière d’Agadir (AIHA), dans un entretien accordé aux «Inspirations  ÉCO» (voir leseco.ma). Cette perte  se cumule aux difficultés financières aiguës que vivent les professionnels, toutes filières confondues, avec des charges qui s’accumulent depuis  16 mois. 

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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