Maroc

Actrice viscérale !

Fatima Zohra Lahouitar, Comédienne


Elle a cette beauté arabe qui crève l’écran et ce talent pur, difficile à apprivoiser. Elle s’appelle Fatima Zohra Lahouitar et elle est l’une des comédiennes les plus prometteuses de sa génération qui trie les projets sur le volet et choisit un scénario comme si elle choisissait une autre vie. Parcours d’une comédienne shakespearienne, tout droit, sortie des 1001 Nuits ou d’une autre époque, encore habitée par son dernier personnage «Loubana»…

Elle est libre et farouche. Elle ne cherche pas les flashs des photographes ou les rôles vedettes. Elle veut être choisie par son personnage. Sur scène, son charisme ne passe pas inaperçu. Dotée d’une forte présence, son énergie est magnétique et le public ne peut qu’écouter, rester concentré, suivre…Dans son dernier projet «Loubana», la comédienne est aussi assistante à la mise en scène, chapeautée par Amin Boudrika et Faycal Azizi qui s’occupe de la musique, Othman Sellami de la chorégraphie et Amin Oulmaki de la vidéo. Mariama Fadli aux costumes, Youssef Salmane et Zohra Fennan artistes   formés au   cirque Shems’y complètent l’équipe.

«Dans «Loubana» je représente la vie, cette chose qui nous regarde d’en haut ou peut-être d’en bas, mais en tout cas nous, on l’a imaginée au-dessus de tout le monde, c’est pour ça que j’ai un costume qui fait trois mètres de hauteur, je surveille tout ce qui se passe sur scène, je regarde attentivement ces deux personnes qui sont là depuis leur naissance jusqu’à leur mort, en passant par les différentes phases de la vie, chaque période a son texte, et chaque texte exprime comment l’être humain est condamné à suivre un modèle que d’autres ont jugé correct, travailler, se marier, s’éloigner, s’ennuyer, regretter et mourir, mes paroles poussent à réfléchir dans les choix de vie que chacun de nous fait», confie Fatima Zohra Lahouitar qui n’a jamais voulu devenir actrice, souffrant d’un bégaiement, depuis l’âge de 6 ans jusqu’aux premières années de la fac où elle étudiait la littérature espagnole. «Je cherchais plutôt des métiers dans lesquels je pourrais travailler avec mes mains, écrire ou être styliste ou architecte d’intérieur et d’ailleurs en intégrant l’ISADAC, je voulais être scénographe et malgré ça, il m’a fallu un an de préparation psychique que je me faisais, moi-même, afin de me préparer à passer la première étape du long et magnifique concours de notre école, l’entretien», confie l’actrice qui utilise, maintenant, sa voix et son corps pour vivre.

Elle découvre que, sur scène, le bégaiement disparaît comme par magie. «J’ai du mal à être infidèle à ce métier qui m’a donné tant de tendresse et d’amour et m’a donné la chance de parler devant un grand public qui se tait pour m’écouter, moi, qui étais privée de parole pendant longtemps. Sur scène je sens la paix et cette paix m’accompagne dans ma vie de tous les jours». Une reconnaissance qu’elle a pour les planches qu’elle affectionne tant, puisqu’elle préfère la scène, le contact direct avec le public, l’art vivant. Le cinéma l’attire, c’est une grande cinéphile mais les propositions qu’elle a reçues ne la confortent pas. «Je fais le choix de ne pas faire du cinéma tant que je n’ai pas encore une proposition qui me fais vibrer, qui me fais rêver et surtout qui va me demander une grande recherche. Je suis satisfaite du peu que j’ai fait, mais je n’ai pas encore eu le grand amour», confie l’actrice qui a déjà joué dans des productions comme «Saga», de Othman Naciri. Elle privilégie, tout de même, des projets comme les «1001 Nuits», du metteur en scène anglais, Tim Supple, ses projets avec la compagnie belge, «Les nouveaux disparus», son engagement avec la compagnie Dabateatr ou encore la pièce «Walou», de Ghassan El Hakim. «Je rêve de faire du bon cinéma, des vrais personnages qui soient vraiment loin de ce que je peux représenter dans la réalité physiquement et psychiquement», continue la comédienne qui aime le théâtre «parce qu’il est difficile, et parce qu’il demande beaucoup de rigueur».

Belle et rebelle, elle refuse tous les projets de séries qui abrutissent et ne sont pas sincères, elle opte pour le personnage et sa portée, non pas combien de temps on le voit à la caméra. «Je ne veux pas des premiers rôles, je veux juste un personnage écrit avec sincérité. Et c’est ce que je trouve au théâtre et dans tous les projets indépendants, fais avec amour et sincérité et surtout avec un respect au public qui va recevoir ce travail». En somme, Fatima Zohra Lahouitar, est une actrice, une vraie, qui respecte ses rôles, ses principes, son métier. Une valeur sûre qui ne demande qu’à tomber amoureuse de son rôle afin de se donner à 100%…Talent brut, à suivre.


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