Politique

Hammams fermés: Ramid propose des aides, la polémique enfle

Le ministre d’État chargé des Droits de l’Homme et de relations avec le Parlement a fait savoir que les employés des hammams traditionnels fermés en raison de la propagation de la Covid-19 seront bientôt indemnisés pour perte d’emploi. Cette décision, qui tombe après plusieurs mois d’inactivité, est jugée insuffisante par les gérants de hammams.

Mustapha Ramid, ministre d’État chargé des Droits de l’Homme et des relations avec le Parlement a annoncé, le 8 février, que les employés des hammams traditionnels fermés en raison de la pandémie percevront bientôt des aides pour perte d’emploi. «Les employés concernés seront donc recensés et indemnisés, vus les dommages subis par ces professionnels à cause de la fermeture de leur lieu de travail», a répondu Mustapha Ramid à une question portant sur la fermeture des hammams traditionnels à la Chambre des représentants. Selon le ministre, les hammams de quinze préfectures et provinces sur les 82 que compte le royaume ont été contraints de cesser leur activité. Leur réouverture demeure tributaire de l’amélioration de la situation épidémiologique et de la décision des comités locaux ad hoc.


Ramid a également indiqué que la fermeture de ces hammams, dans les zones confrontées à un nombre élevé de contaminations par le coronavirus, est due au fait qu’ils sont des espaces propices à la propagation du virus. Un argument réfuté par plusieurs propriétaires de hammams qui nous ont exprimé leur incompréhension concernant la fermeture des hammams quand d’autres endroits tels que les restaurants et les centres commerciaux restent ouverts au grand public.

Concernant l’indemnité proposée, certains propriétaires de hammams la jugent insuffisante, compte tenu des pertes financières considérables qui ont affecté les employés. C’est notamment l’avis de cette propriétaire d’un hammam à Casablanca qui considère qu’une indemnité ne suffira pas à régler les problèmes des salariés. Pour elle, il faut rouvrir les hammams en mettant en place des mesures sanitaires strictes pour éviter la propagation du virus, notant qu’à ce stade déjà une réouverture demande des moyens colossaux qu’il leur sera difficile d’assurer. Même son de cloche chez cet autre propriétaire de hammam, qui nous confie parler au nom de 15 de ses confrères.

Pour ce dernier, l’entretien des hammams demande beaucoup de moyens financiers et après des mois de fermeture beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire tous, ne sont pas sûrs de pouvoir rouvrir dans les meilleures conditions. Concernant l’indemnité qui sera octroyée aux employés des hammams, il estime que ce ne sera pas suffisant dans la mesure où beaucoup d’entre eux ont des crédits, des loyers et des factures à payer et «ce n’est pas une indemnité de 2.000 DH qui va régler leurs problèmes». Il a également déploré le fait que les hammams soient fermés à Casablanca mais ouverts ailleurs : «C’est contradictoire, si on doit fermer les hammams parce que, soi-disant, ce sont des endroits qui favorisent la propagation du virus, ils doivent alors être fermés partout». Tout ceci, sans compter que cette solution jugée «insuffisante» ne concerne que les employés, quid donc des propriétaires, semble-t-il s’interroger.

Rappelons que les hammams avaient été fermés le 20 mars 2020 juste après l’annonce du confinement au Maroc et ont été rouverts en juin de la même année, après le déconfinement avant de fermer à nouveau en août. Depuis, les propriétaires des hammams ne cessent de dénoncer cette décision, allant même jusqu’à adresser une pétition en ligne au gouvernement du Maroc pour montrer leur désapprobation. Le secteur, rappelons-le, compte environ 12.000 hammams et génèrent autant d’opportunités d’emplois directs et indirects. 

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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