Politique

Habib El Malki: « La santé est la priorité des priorités »

En plein débat autour du Budget, les députés ont discuté hier, avec les représentants des professionnels du secteur à l’échelle internationale, des enjeux de la poursuite de la réforme de la santé.

La commission thématique formée par les députés de la Chambre des représentants en mai dernier a tenu, lundi avant la séance hebdomadaire des questions orales, une réunion visant à baliser le chemin de sorte qu’elle puisse formuler des recommandations pour le secteur de la santé. La législation anti-Covid-19 et la prise en compte des attentes des équipes médicales restent les principaux objectifs, les députés devant revoir à la hausse certaines dotations du département de tutelle. Les députés veulent s’inscrire dans la continuité des mesures projetées par l’Exécutif, avec en ligne de mire l’amélioration du cadre légal et réglementaire régissant le secteur, confronté à la crise la plus grave de son histoire. «La santé est la «priorité des priorités» à l’heure actuelle», a indiqué Habib El Malki, président de la Chambre des représentants, lors de cette réunion. «Le Maroc a tenté de rattraper les dysfonctionnements et les inégalités au niveau sanitaire durant la lutte contre la pandémie, et ce à travers des efforts budgétaires et humains», a-t-il noté. La commission thématique devra surtout se focaliser sur l’accompagnement de la généralisation de la couverture sociale, qui devrait s’étendre sur cinq ans et qui constitue un des principaux challenges du pays, en vue de mettre fin à la marginalité sanitaire dont souffrent des millions de travailleurs indépendants.


Un plan législatif pour changer les lois du secteur
La couverture sociale reste la grande priorité. La commission thématique a pu mettre en place des petites équipes chargées, chacune, d’un aspect précis du projet de couverture, essentiellement le financement, le développement des métiers sanitaires et la recherche médicale. Les députés devront aussi formuler des pistes pour assurer un meilleur développement des infrastructures et proposer des correctifs à la carte sanitaire.

«Il s’agit d’un plan qui ne se limite pas à la lutte contre l’impact du coronavirus, d’une initiative qui devra concerner plusieurs aspects des services sanitaires offerts aux citoyens, à commencer par les droits cités dans la Constitution», précise la feuille de route de la commission thématique.

Cette dernière devra également préparer les moutures provisoires des lois et règlements qui seront appliqués, afin de doter le secteur d’une nouvelle génération de législations. Il s’agit d’établir une liste prioritaire des projets qui seront axés sur l’amélioration des services, à commencer par les services des urgences. Le gouvernement prépare, en effet, un nouveau plan destiné à améliorer l’accueil et les soins dispensés par les services d’urgence, qui vise les faiblesses persistantes. Le plan projeté sera dévoilé avant la fin de cette année pour une mise en œuvre au cours du premier trimestre 2021. Outre les 96 unités d’urgence de proximité recensées, le bilan dressé précise que plusieurs services ont connu des améliorations, notamment l’aménagement des lieux d’accueil et des guichets, ainsi que la refonte du système d’information. La réorganisation des filières de secours afin d’accueillir les patients figure en tête des actions projetées, parallèlement au développement de l’urgence médicale de proximité. Le deuxième axe de l’adaptation légale annoncée concerne le renforcement des infrastructures, notamment la réalisation des hôpitaux de proximité et la finalisation de mesures destinées à la requalification des structures opérationnelles, particulièrement les unités mobiles. Le gouvernement projette de passer de 60% actuellement à 100% d’accès aux services des médecins publics d’ici 2021. Le plan d’action envisage aussi de renforcer la traçabilité des médicaments et des dispositifs médicaux vitaux dans les filières de soins d’urgence. Il s’agit de l’actualisation de la liste des médicaments et de la hausse des budgets, mais aussi de la responsabilisation des médecins et chefs d’équipes concernant la mise en place de procédures de gestion des médicaments d’urgence.

À noter, enfin, que plusieurs nouvelles instances verront le jour à l’issue de la refonte légale projetée. Il s’agit de l’instance nationale consultative chargée de la coordination entre les secteurs public et privé et de l’agence nationale des médicaments et des produits de santé, outre la mise en place de commissions régionales d’inspection. Elles forment l’ossature du plan d’action projeté pour les quatre prochaines années et devront faciliter la tâche du gouvernement pour combler le déficit en matière d’accès aux soins, de ressources humaines et budgétaires.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

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