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Vaccin anti-Covid. AstraZeneca: Une seule certitude pour le moment

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Le Maroc réalise des taux de vaccination élevés, surpassant certains pays plus avancés. Et, contrairement aux nations où a été suspendu le controversé vaccin AstraZeneca, la vaccination avec ce produit se poursuit au Maroc. Quelle orientation le royaume prendra-t-il par la suite ? Quelques éléments de réponse…

En tête du classement des pays africains les plus avancés dans la vaccination contre la Covid-19, le Maroc fait mieux que certains de ses partenaires internationaux, dont la France. Ainsi, 4.225.311 personnes ont reçu la première dose, soulignait le ministère de la Santé dans son bulletin quotidien de lundi dernier. C’est dire que la vaste campagne de vaccination, lancée le 28 janvier dernier, gratuite pour l’ensemble des citoyens afin d’immuniser 80% de la population, a démarré sur les chapeaux de roue. Seulement voilà, si pour l’heure aucun couac majeur n’a été décelé, hormis quelques fraudes lors des premiers jours de l’opération, le rythme des secondes injections contre la Covid-19 semble ralentir. Selon les chiffres de la tutelle, rendus publics lundi dernier, 1.767.472 personnes ont reçu la deuxième dose du vaccin. Déroulement normal du calendrier vaccinal, mesure de précaution sur le stock des vaccins, réticence des populations cible au moment où plus d’une dizaine de pays ont décidé de suspendre l’utilisation du vaccin AstraZeneca ?


Une deuxième dose est obligatoire
Une seule certitude pour le moment: pour les sujets qui n’ont jamais été atteints par le nouveau coronavirus, «il ne sert à rien de prendre une seule dose», rappelle Dr. Jaâfar Heikel, professeur de médecine et d’épidémiologie. Selon le spécialiste en maladies infectieuses et santé publique, après une première injection, «il y a certes un niveau d’anticorps qui apparaît, mais ce dernier n’est pas assez élevé pour protéger le patient. Il faut donc obligatoirement deux injections pour assurer une protection anti-Covid-19 suffisante». D’où l’importance, poursuit-il, de se signaler immédiatement dès qu’on rate son deuxième rendez-vous. Comment ça marche ? Pour rattraper le coup, le patient doit avertir les autorités sanitaires relevant de sa circonscription, de son absence au rendez-vous en question. Il appartiendra aux représentants de la tutelle de lui fixer une nouvelle date. Pour rappel, entre la première et la seconde injection, il y a un intervalle de 21 jours pour le vaccin chinois Sinopharm et un délai de 28 jours pour le produit du groupe pharmaceutique AstraZeneca.

Des questions sans réponse
Une question subsiste, cependant : alors que le doute plane encore sur la dangerosité du vaccin d’AstraZeneca, peut-on basculer d’un vaccin à un autre? «Il faut que les deux injections se fassent avec le même vaccin», répond Dr. Jaâfar Heikel, pour qui, au Maroc, la commission scientifique ne s’est pas encore prononcée sur la possibilité ou non de prendre deux doses de deux vaccins différents. Si la question ne se pose pas encore dans le royaume, c’est qu’au Maroc, contrairement aux pays où il a été suspendu, la vaccination contre la Covid-19 avec l’AstraZeneca se poursuit. «Nous ne voulons pas que les gens paniquent et, pour le moment, nous recommandons que les pays continuent de vacciner avec AstraZeneca», a déclaré lundi la cheffe scientifique de l’OMS, Soumya Swaminathan, au cours d’une conférence de presse à Genève. Rappelons que l’administration de ce vaccin a été suspendue par précaution par plusieurs États après de graves problèmes sanguins chez des personnes vaccinées. «Jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé de rapport entre ces événements et le vaccin», a-t-elle ajouté.

«D’après ce que nous avons vu jusqu’à présent dans les données préliminaires, il n’y a pas d’augmentation du nombre des cas d’événements thromboemboliques», a pour sa part affirmé la docteure Mariangela Simao, sous-directrice générale de l’OMS chargée de l’accès aux médicaments et aux produits de santé.

De quoi conforter le Maroc dans sa position actuelle. En guise de rappel, il faut noter que le Danemark a été le premier pays à suspendre l’utilisation du vaccin AstraZeneca, le 11 mars, «après des rapports de cas graves de formation de caillots sanguins» chez des personnes vaccinées. La Norvège lui a emboîté le pas le même jour. Le pays a rapporté lundi le décès d’une soignante de moins de 50 ans qui a succombé des suites d’une hémorragie cérébrale. Elle avait été hospitalisée jeudi, une semaine environ après avoir reçu le vaccin AstraZeneca, sans qu’un lien de causalité puisse être établi à ce stade. Une autre soignante d’une trentaine d’années est décédée vendredi en Norvège, dix jours après avoir reçu le même vaccin. L’Islande a pris la même décision. 

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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