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Reprise économique : les énergies renouvelables une voie “sans regret”

Selon une étude du cabinet EY Parthenon, commandée par la Fondation européenne pour le climat, il y a 13.000 projets d’énergie renouvelable actuellement prêts à l’emploi identifiés dans 47 économies dans les domaines de l’éolien offshore, l’éolien côtier, le solaire et l’hydraulique, qui peuvent assurer, dans trois ans, la reprise économique, avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre, des emplois et une croissance économique. Les détails.

Les énergies renouvelables peuvent offrir aux gouvernements une voie «sans regret» vers la reprise économique post-Covid. L’annonce a été faite par les experts de l’équipe Énergie du cabinet EY Parthenon, à travers la publication des résultats d’une recherche commandée par la Fondation européenne pour le climat (ECF). Selon l’étude, qui a porté sur l’analyse d’un pipeline de 13.000 projets prêts à l’emploi dans l’éolien offshore, l’éolien côtier, le solaire et l’hydraulique dans 47 économies, les énergies renouvelables peuvent permettre, à court terme et à la fois, une réduction des émissions de gaz à effet de serre, des emplois et une croissance économique. «La cartographie de l’impact potentiel des projets identifiés dans 47 économies qui représentent ensemble environ 88% du PIB mondial n’est pas une prédiction du déploiement des énergies renouvelables, mais elle décrit ce qui pourrait être réalisé si une action concertée est entreprise maintenant. La coopération internationale et la collaboration entre le secteur privé et le secteur public peuvent ensemble déclencher une reprise verte mondiale. Il peut également régénérer les communautés déprimées touchées par les industries héritées des économies développées et aider les économies en développement à construire des infrastructures essentielles et une production d’énergie propre pour l’avenir», précisent les auteurs de l’étude.


Une production d’1 Térawatt d’électricité en trois ans
Le déploiement du pipeline de projets visibles, opéré sur une période de trois ans, ferait, d’abord, plus que doubler le taux actuel de déploiement mondial des énergies renouvelables, en fournissant 1 Térawatt (TW) de capacité de production renouvelable. Dans certains pays, la réserve de projets visible suffit à elle seule pour atteindre les objectifs de Contribution déterminée au niveau national (CDN) existants dans le cadre de l’Accord de Paris. Pour les 47 pays inclus dans l’étude, le pipeline de projets visibles atteindra 22% de l’objectif de réduction des émissions de la CCNUCC NDC (l’Accord de Paris) pour 2030. Au-delà de la réduction directe des émissions, la décarbonation du secteur électrique grâce aux énergies renouvelables jette les bases de la réduction des émissions dans le reste de l’économie grâce à l’électrification. Le déploiement de projets prometteurs réduirait les émissions de gaz à effet de serre de 2,5 giga tonnes d’équivalent CO 2 (GtCO2e) par an, aidant à clôturer 9% de l’objectif mondial de réduction des émissions à l’horizon 2030 fixé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C. Cela met en évidence à la fois l’opportunité offerte par la réserve de projets visibles et l’ampleur des actions supplémentaires requises pour atteindre les objectifs mondiaux du GIEC.

Création de 10 millions d’emplois en trois ans
Ensuite, le pipeline de projets visibles pourrait également créer jusqu’à 10 millions d’emplois, en comptant à la fois les emplois locaux pour les projets et les emplois dans la chaîne d’approvisionnement. Au sein des pays, les énergies renouvelables peuvent être particulièrement efficaces en tant qu’outil pour créer des opportunités d’emploi en dehors des centres économiques urbains, surtout lorsque des efforts délibérés sont déployés pour renforcer les chaînes d’approvisionnement locales. Un exemple de l’impact que cela peut avoir se trouve dans la région de Humber au Royaume-Uni. Établie en tant que pôle d’énergie éolienne offshore pour inverser une longue période de déclin économique, la région abrite désormais six parcs éoliens offshore opérationnels (y compris le plus grand au monde – Hornsea One), et est un élément central dans la fourniture de l’engagement du gouvernement britannique de 40 GW capacité énergétique offshore d’ici 2030. Le déploiement a entraîné une baisse de 60% des demandeurs d’emploi locaux. On prétend parfois que les emplois dans le domaine de l’énergie verte sont axés sur les diplômés hautement qualifiés en Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM), mais cela n’est pas confirmé par l’analyse. En réalité, des emplois moins qualifiés sont créés par la construction, l’installation et la fabrication, tandis qu’il existe de nouvelles opportunités d’emplois qualifiés, par exemple dans l’ingénierie et la gestion de projet. Toujours en matière d’emploi, l’étude révèle aussi que l’investissement dans les énergies renouvelables fait plus que créer des emplois : il crée des opportunités d’emploi dans certaines régions du monde où les besoins sont les plus grands et où les alternatives font défaut.

Générer l’équivalent de 85% du PIB mondial perdu en 2020
Enfin, en terme de croissance, l’étude révèle que le pipeline de projets prêts à démarrer pourrait fournir une injection de plus de 1,9 trillion de dollars américains dans l’économie mondiale sur une période de trois ans, représentant quelque 85% du PIB perdus en 2020. Ce qui veut dire, en d’autres termes, qu’il peut permettre à une reprise verte de commencer immédiatement, et la dépendance vis-à-vis des deniers publics serait minime. Les experts d’EY Parthenon expliquent en effet que «des exemples récents de politiques réussies en matière d’énergies renouvelables montrent qu’avec les bons cadres politiques en place, entre 90 et 99% des investissements requis pour le déploiement accéléré des énergies renouvelables peuvent être fournis par le secteur privé». 

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO

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