Monde

Marché mondial du travail : alerte, ralentissement “brutal” à l’horizon !

Dans un nouveau rapport, l’Organisation internationale du travail avertit que «selon les tendances actuelles, la croissance mondiale de l’emploi se détériorera de manière significative au quatrième trimestre 2022».

C’est une suite de crises qui s’abat sur le marché mondial du travail. Le constat, souligné par l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un nouveau rapport publié lundi, est sans appel : un ralentissement «brutal» est déjà en cours, et les tendances actuelles convergent vers une détérioration significative de la croissance mondiale de l’emploi au quatrième trimestre 2022. Et devant la rapidité avec laquelle le déclin est en train de se matérialiser, il y a nécessité, plus que jamais, de déployer de nouveaux efforts, tant localement qu’à l’international, «pour s’attaquer à la situation profondément inquiétante de l’emploi au niveau mondial et empêcher un ralentissement général important du marché du travail», insiste Gilbert Houngbo, le nouveau directeur général de l’OIT. La création d’emplois et leur qualité est en baisse, constate le rapport, dans un contexte d’aggravation des crises de l’énergie et de la sécurité alimentaire, de hausse de l’inflation, du resserrement des politiques monétaires et des craintes d’une récession mondiale imminente.

Au début de cette année, le monde commençait à se remettre du pic de la pandémie, et les taux d’emploi avaient retrouvé, voire dépassé, les niveaux d’avant-Covid dans la plupart des économies avancées, rappelle l’OIT. Elle indique que cette hausse était particulièrement apparente dans les professions hautement qualifiées et chez les femmes, mais a averti qu’elle était également due à une augmentation des emplois informels, pour lesquels les protections sociales font généralement défaut.

Or, la situation s’est aggravée ces derniers mois, souligne l’organisation, qui estime que le niveau des heures travaillées était inférieur de 1,5% au 3e trimestre à celui d’avant la pandémie, soit un déficit de 40 millions d’emplois à temps plein. Cette baisse vient se conjuguer à une flambée des prix qui fait baisser le salaire réel dans de nombreux pays.

Par ailleurs, examinant la meilleure manière de faire face à la crise, le rapport met en garde contre une simple réaction à la hausse de l’inflation et appelle à un dialogue social approfondi afin de mettre sur pied les politiques nécessaires pour contrer les ralentissements du marché du travail. Les politiques doivent aussi se concentrer sur les implications plus larges sur l’emploi, les entreprises et la pauvreté dans les stratégies de lutte contre la hausse des prix. Le rapport met en garde contre un resserrement excessif des politiques qui pourrait causer «des dégâts injustifiés au niveau des emplois et des revenus, à la fois dans les pays avancés et dans les pays en développement».

Sami Nemli avec AFP / Les Inspirations ÉCO

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