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L’Aquarius et l’Italie se tirent à boulets rouges quant à la reconduite des migrants en Libye

L’épineuse question des migrants qui doivent débarquer en Libye, reste  entière aujourd’hui. L’Aquarius refuse de se plier à cette reconduite alors que l’Italie, quant à elle, refuse d’accueillir ces migrants sur son territoire.

Après près de 3.000 migrants secourus en Méditerranée en l’espace d’une année, le navire humanitaire Aquarius a refusé hier de reconduire des migrants en Libye, d’après l’un des responsables selon Reuters. Dans le même temps, l’annonce précise également que le navire «effectuera des missions de secours sans attendre d’ordres des garde-côtes».

«Quand nous verrons une embarcation en détresse, avec un risque élevé de décès, nous irons immédiatement à son secours, conformément au droit international», a déclaré à Reuters TV, Nick Romaniuk, le responsable des recherches et des opérations de secours de l’Aquarius.

Durant ces opérations de sauvetage, le fait d’attendre «les consignes transmises par les centres de coordination, de rester en veille ou d’attendre des éclaircissements ont accru le danger encouru par les migrants ayant besoin de secours», explique Nick Romaniuk, soulignant que c’était la raison pour laquelle l’Aquarius ne patienterait pas.

Le navire n’accostera pas en Libye

Quant à la Libye, «le bateau de l’ONG SOS Méditerranée, qui a quitté Marseille la semaine dernière pour entamer sa dixième mission de l’année, patrouillera au large de Tripoli, en dehors des eaux territoriales libyennes mais dans le périmètre de recherche et de secours des garde-côtes libyens», explique la même source.

Ainsi, le droit international édicte que pour la responsabilité première du débarquement des navires de secours la décision revient au pays responsable des opérations dans la zone. Si l’Aquarius se plie au droit maritime international, le bateau ne reconduira pas de migrants en Libye, le pays étant considéré comme dangereux pour ces migrants. En effet, l’ouest du territoire libyen est en proie à des milliers de migrants fuyant ainsi conflits et misère et voulant se rendre en Europe.

D’ailleurs, ils sont 100.000 personnes à s’être noyées depuis 2014, rapporte l’Organisation internationale pour les migrants (OIM). Il est vrai que «plusieurs navires d’ONG humanitaires ont mené des opérations de secours dans le sud de la Méditerranée, parmi lesquels le navire Open Arms qui a secouru la semaine dernière 87 migrants dans les eaux internationales», relaye Reuters.

L’Italie ne veut pas accueillir ces migrants

Pour rappel, l’Italie avait refusé en juin de laisser accoster l’Aquarius avec plus de 600 migrants à son bord. Le gouvernement avait par la même occasion déclaré que «plus aucun navire d’ONG humanitaire ne pourrait accoster en Italie pour y débarquer des migrants recueillis en mer».

En effet, le pays désire que les migrants soient remis aux garde-côtes libyens ainsi que la création de centres d’accueil en Libye. Pour ne rien arranger, «à l’heure actuelle, il convient toujours d’emmener les migrants dans les ports européens», a estimé Nick Romaniuk. Et de souligner que «la décision revenait aux autorités maritimes».

Bien évidemment, c’est aux autorités que revient le dernier mot, mais le responsable de l’Aquarius campe sur ses positions et reste ferme : «Ce sont elles qui décident, mais nous ne reconduirons personne», évoquant une «ligne rouge» que l’ONG ne voulait pas franchir. «La Libye n’est toujours pas reconnue comme un pays sûr, donc nous ne reconduirons personne là-bas».

Le refus des dirigeants italiens de laisser accoster l’Aquarius en juin avait déclenché une crise politique en Europe, qui a débouché sur un accord des 28 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne pour durcir leur réponse commune aux migrations. Matteo Salvini, ministre italien de l’Intérieur et chef de file de la Ligue, eurosceptique et anti-immigration, a accusé les ONG qui interviennent en Méditerranée d’agir «comme des taxis» et a promis plus de contrôles.

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