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Intelligence artificielle : l’UE accélère sa stratégie face à la concurrence internationale

Face à la compétition mondiale dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), l’Union européenne est déterminée à rattraper son retard et à se positionner en tant que leader global. Mercredi 28 mai, la Cour des comptes européenne a publié un rapport soulignant l’urgence d’accélérer les investissements et la gouvernance dans l’IA pour rivaliser avec les États-Unis et la Chine. En réponse, la Commission européenne a annoncé la création d’un bureau de l’IA dédié à la mise en œuvre de la nouvelle législation européenne en la matière.

Un rapport alarmant
Le rapport de la Cour des comptes européenne dresse un constat préoccupant : l’UE peine à développer un écosystème d’IA compétitif et accuse un retard considérable en matière d’investissements. Entre 2018 et 2020, l’écart d’investissement entre l’Europe et les États-Unis a plus que doublé, atteignant un déficit de plus de 10 milliards d’euros.

Cette situation menace de marginaliser l’Europe dans la course mondiale à l’IA. Il faut dire que depuis 2018, et malgré les efforts de la Commission européenne pour établir une réglementation, des infrastructures et un cadre de recherche pour l’IA, les mesures prises manquent de coordination et de suivi systématique.

Les objectifs d’investissement, jugés trop vagues et obsolètes, contrastent avec l’ambition affichée de créer un écosystème d’IA compétitif. La Cour appelle à une gouvernance plus forte et à des investissements publics et privés plus importants et mieux ciblés.

Création d’un bureau de l’IA
En réponse à ces défis, la Commission européenne a annoncé la création d’un bureau de l’IA, composé de 140 experts en technologie, en droit et en économie. Ce bureau, basé à Bruxelles, sera chargé de mettre en œuvre la nouvelle législation européenne sur l’IA, adoptée le 21 mai 2024. Selon Thierry Breton, commissaire au Numérique, ce bureau jouera un rôle crucial pour favoriser un écosystème d’IA innovant et respectueux des valeurs européennes.

La nouvelle réglementation européenne sur l’IA, qui entrera en vigueur en 2026, adopte une approche fondée sur le risque. Les systèmes d’IA seront soumis à des exigences proportionnées aux risques qu’ils posent pour la société. Les systèmes à haut risque, comme ceux utilisés dans les infrastructures critiques ou le maintien de l’ordre, feront l’objet de contrôles rigoureux. Les systèmes à risque limité seront soumis à des obligations de transparence légères. Les applications contraires aux valeurs européennes, comme la surveillance de masse, seront interdites. Le bureau de l’IA veillera à l’application uniforme de la réglementation dans toute l’UE, en collaboration avec les États membres.

Il participera aux enquêtes sur les infractions et gérera les sanctions contre les contrevenants. Ce bureau soutiendra également la recherche européenne et identifiera les risques des nouvelles technologies. Des règles spécifiques s’appliqueront aux IA génératives, comme ChatGPT, pour garantir la qualité des données et le respect des droits d’auteur.

Sami Nemli Avec Agence / Les Inspirations ÉCO


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