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Îles Canaries : sale temps pour les migrants marocains !

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La stigmatisation des migrants marocains ayant débarqué sur l’archipel canarien, de la part de la population locale, atteint des proportions démesurées. Le ministère public a fini par intervenir devant cette escalade de violence, qui couve dans les réseaux sociaux.

La montée en puissance des actes xénophobes et racistes contre les migrants marocains présents sur l’île du grand Canaries, fait craindre le pire aux Iles Canaries. Le parquet s’est vu dans l’obligation de réagir face à cette flambée d’actes racistes à l’encontre des migrants, d’originaire marocaine pour la plupart. Lundi, la procureure Beatriz Sanchez a ordonné l’ouverture d’une enquête portant sur des délits de haine pour intimider et agresser des migrants. Depuis que la presse espagnole s’est fait écho des multiples forums incitant à la violence contre les migrants marocains, le ministère public passe au peigne fin les groupes de diffusion sur les réseaux sociaux et messageries instantanées, pour traquer les instigateurs de cette chasse aux sorcières.


Les découvertes faites jusqu’à présent sont sidérantes : des groupes appellent les sympathisants de ces mouvements xénophobes à rallier le sud du Gran Canarie, en meute, pour traquer les migrants, hébergés dans les établissements hôteliers reconvertis en centre d’accueil. La peur au ventre, les migrants n’osent plus mettre les pieds en dehors de ces centres, dont la plupart sont des écoles ou établissements hôteliers, où ils sont hébergés en attendant qu’il soit statué sur leur sort. C’est cette vidéo d’un homme, armé d’une manchette et menaçant un jeune marocain qui a fait réagir la police et la justice espagnoles. Arrêté, l’agresseur a vite retrouvé la liberté en attendant son jugement. À cela, s’ajoutent les manifestations des résidents insulaires qui accusent les migrants de troubler l’ordre public et contribuer à la montée de la petite délinquance et l’insécurité. Quatre manifestations se sont produites, en l’espace d’une semaine seulement, dans cette île de l’archipel canarien. Des organisations caritatives ont dénoncé que les centres où sont logés la migrants sont théâtres de jets de pierres de la part de résidents locaux. Selon El Pais, cet acte de lancer de pierre a fait au moins 7 victimes.

L’ONG Cruz Blanca a même diffusé un communiqué sous le cri «basta», où elle a appelé à la retenue et à mettre fin à cette campagne contre «nos nouveaux voisins». La fondation appartenant à l’ordre religieux des franciscains a, de même, appelé à cesser les stigmatisations du genre «terroristes». À son tour, la Croix rouge a exhorté les migrants à redoubler de vigilance face à cette envolée de violence et la multiplication des appels à la chasse du «moro», le terme péjoratif utilisé par ces assaillants pour faire référence aux migrants marocains. «Nous sommes armés jusqu’aux dents, los moros vont mourir», ont publié plusieurs médias espagnols ayant eu accès à ces groupes qui pullulent sur le réseau WhatsApp.

L’organisation Médecins du Monde a fait porter au gouvernement espagnol la responsabilité de cette montée en puissance de la violence. L’ONG accuse de défaillance le protocole d’accueil des migrants, lequel ne respecte guère les droits humains selon son expression. Selon cette organisation, ce mécanisme contribue à une dégradation de la situation sur le terrain. Les menaces racistes, menées à exécution, sont appelées à s’intensifier au vu de la dégradation des conditions de vie des résidents et le climat délétère à cause des restrictions liées à la crise sanitaire. Les Iles Canaries, archipel a priori à l’abri de cette vague xénophobe, semble céder aux chants lugubres des discours racistes. D’autre part, certaine presse espagnole met l’huile sur le feu en accusant le Maroc de faire pression sur l’Espagne en «envoyant des hordes de migrants». Ce discours haineux, couplé à la crise économique qui s’abat sur ces régions dont l’économie dépend principalement de l’activité touristique, fait le lit de la xénophobie et alimente les tensions. 

Amal Baba Ali, DNC à Séville / Les Inspirations Éco

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