Monde

États-Unis : des économies à tous les étages

La première puissance économique de la planète, les États-Unis,  sont durement affectés par l’inflation, surtout les couches les plus défavorisées. En juin, l’inflation s’est élevée à 9,1% sur un an, du jamais vu depuis 1981. Logement, essence, nourriture… la hausse frappe surtout les dépenses quotidiennes des ménages américains. 

Depuis quelques mois, Karen fait de plus en plus attention à ce qu’elle fait cuire dans sa poêle. Pas le choix, dit cette nourrice de Miami. Avec une inflation à plus de 9 % au supermarché, il faut s’adapter… «Il faut se comporter en consommateur averti, trouver où on peut faire des économies. Certains jours il y a des promotions pour les séniors, sinon on utilise les coupons de réduction et il faut traquer les promotions». Et certaines gourmandises, comme ses glaces préférées, ont disparu de son frigidaire… trop chères.


Des sacrifices quotidiens
Aux États-Unis, les prix augmentent tous les jours, du hamburger au ticket de cinéma, dit Karen. Alors cette nounou scrute ses moindres dépenses, à commencer par son carburant. «Il y a des applications qui nous indiquent tous les jours quelle est la station-service la moins chère.

Parfois, ça fait une trotte mais ça permet d’économiser 10 ou 15 centimes par gallon d’essence et, à ce stade, on compte chaque centime. Et puis, on adopte une conduite économique : on roule plus lentement, on y réfléchit à deux fois avant chaque déplacement et on essaie de planifier le trajet le plus court pour chaque course pour consommer le moins d’essence possible parce que le prix de l’essence a doublé !» Mais ce n’est pas tout : avec la hausse des prix, Karen, veuve depuis deux ans, doit également sacrifier ses sorties et même ses dépenses de beauté.

«C’est difficile, mais on est nombreux à devoir faire des économies sur les sorties restaurant. D’ailleurs, on le voit le soir devant les restaurants populaires, les files d’attente ont disparu. Les gens sortent moins, vont moins au cinéma. Et puis on va moins chez le coiffeur, chez la manucure, chez la pédicure… On doit constamment se demander si on peut continuer notre routine habituelle ou si on doit dépenser notre argent plus sagement».

L’inflation plombe la popularité de Joe Biden
Et si les prix continuent de flamber, Karen craint même de devoir piocher dans son modeste fonds de pension, qu’elle n’était pas censée toucher avant sa retraite dans quatre ans. C’est déjà ce que font certains de ses amis. «C’est triste, mais beaucoup d’Américains vivent dans la précarité et ont du mal à boucler les fins de mois.

Alors le moindre changement de prix les affecte tout de suite dans leur vie quotidienne». Et pourtant, Karen ne juge pas Joe Biden responsable de la hausse des prix. Regardez la situation économique dont il a hérité en arrivant au pouvoir en pleine pandémie, dit-elle. L’opinion américaine, en revanche, se montre moins compréhensive. Cette inflation historique plombe la popularité du président, une inquiétude majeure pour les démocrates à quatre mois des élections de mi-mandat.

Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ÉCO


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