Monde

Blé : le G7 critique la décision de l’Inde de suspendre ses exportations

L’Inde, deuxième producteur de blé de la planète, a décidé de suspendre ses exportations. La raison invoquée est de maintenir des réserves suffisantes après une moisson 2022 endommagée par une canicule exceptionnelle. Une décision critiquée par les pays du G7, car cela pourrait aggraver les tensions sur le marché mondial du blé. 

Après le début de la guerre, le blé indien était censé pallier le manque de blé ukrainien et russe. Narendra Modi, le premier ministre, avait même déclaré que l’Inde nourrirait le monde. Cette décision de suspendre les exportations est toutefois peu surprenante, car, déjà en temps normal, l’Inde exporte très peu de blé et les fortes chaleurs, notamment dans la région de l’Uttar Pradesh, ont fait chuter les prévisions relatives aux prochaines récoltes. Les contrats d’exportation conclus avant le décret pourront être honorés, la mesure ne concernant que les exportations futures.


Pour ces dernières, l’Inde approuvera au cas par cas les demandes d’autres pays «afin de répondre à leurs besoins». Réunis à Stuttgart, en Allemagne, les ministres de l’Agriculture du G7 ont aussitôt critiqué cette décision, qui intervient alors que le marché mondial du blé est déjà sous forte tension du fait du conflit ukrainien. «Si tout le monde commence à imposer de telles restrictions à l’exportation ou même à fermer les marchés, cela ne fera qu’aggraver la crise et cela nuira aussi à l’Inde et à ses agriculteurs», a déclaré le ministre allemand de l’Agriculture, Cem Özdemir, à l’issue d’une réunion avec ses homologues.

Il va falloir trouver des solutions alors que le blé ukrainien est toujours paralysé par le blocus russe de ses ports. La production tant européenne qu’américaine souffrira également des épisodes de sécheresse, ces pays n’étant pas appelés à exporter plus que d’habitude. Seule la Russie va vouloir maintenir ses exportations, mais ses capacités logistiques risquent d’être limitées, entre sanctions internationales et opérateurs maritimes frileux.

Le marché mondial, qui consomme environ 200 millions de tonnes de blé par an, doit trouver de nouvelles sources d’approvisionnement. Et cette annonce de l’Inde ajoute une nouvelle couche de complexité au dossier.

Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ÉCO


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