Culture

Une transe pour la paix !

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La plus envoûtante des artistes marocaines a ensorcelé la scène de l’Hippodrome Anfa le lundi 18 avril dans le cadre du festival Jazzablanca. Hindi Zahra a ému, transporté, fait danser et chanter un public en délire, comme une dernière transe…


Le concert de Hindi Zahra est sûrement l’un des moments les plus marquants de cette 11e édition ! La chanteuse fait son apparition sur scène, juste après ses musiciens, presque effacée, dans une robe noire sublimée par ses longs cheveux noirs. Une silhouette gracieuse et en transe qui transporte de sa voix et son énergie incroyables. Elle donne d’ailleurs le ton du concert avec «To the forces», premier titre de son deuxième album «Homeland» comme pour commencer en force et invoquer la nature dont elle puise son pouvoir : celui d’ensorceler par sa musique, ses messages de paix et d’amour. «Mon message est celui de la paix», insiste la chanteuse lors de la conférence de presse qu’elle a bien voulu accorder en journée, avant son concert. «Bob Marley avait répondu à un journaliste qui lui avait demandé s’il était pour le peuple blanc ou le peuple noir, qu’il était pour le peuple.

Je suis pour le peuple, pour l’humain, pour le même sang qui coule dans nos veines», ajoute la musicienne viscérale. Et cela se voit ! Ses textes, sa musique et son pouvoir sur scène le prouvent. Après des chansons qui ont fait le tour du monde pendant 5 ans, Hindi Zahra est revenue à Casablanca dans le cadre de la tournée «Homeland». Après avoir marqué la dernière édition du Festival Gnaoua, elle prouve qu’elle est une artiste authentique sur la scène du Jazzablanca parce qu’elle a tout : la grâce, la voix, le charisme et la magie ! Elle embarque avec «Imik Simik», calme avec «Any Story» ou «Orsoul», en remet un couche avec «Beautiful tango» avant de nous faire voyager à travers les rythmes de «Cabo verde» à «Un jour». Hindi Zahra, de par sa simplicité et son authencité, propose un univers où le public ne peut qu’adhérer et il adhère complètement. Après des séances de transe, le public est débout, la standing ovation ne se fera pas attendre.

Et pourtant «Homeland» était censé être un retour aux sources, un retour au folklore marocain. La chanteuse s’était refugiée pendant 2 ans dans un ryad à Marrakech pour créer. «J’ai voulu faire un album plus marocain, je me suis encore plus éloignée» se souvient la chanteuse qui a choisi de partir des lignes rythmiques avant de poser dessus les mélodies. «Généralement, on commence par trouver les mélodies et les percussions viennent à la fin. Moi, j’ai eu envie de commencer avec les rythmes que m’a proposé le grand Ghani Khrija et à partir de là j’ai composé». C’est ce processus créatif qui les a poussés à aller vers le saharaoui, le gnaoua ou les rythmes de la région de l’Oriental !

À travers ce bagage et porté par des musiciens hors pair comme le Brésilien Ze Luis Nascimento, qui se permet des rythmes du monde, le bassiste groovy de Jeff Halam dont le déhanché ne passe pas inaperçu, le batteur Raphael Seguinier, les guitaristes de génie Benoit Medrykowski et Paul Salvagnac sans oublier le clavier et les cuivres du magicien David Dupuis, Hindi Zahra fait un tour en Amérique latine avec des airs de bossa ou de tango de Cuba au Brésil en passant par l’Iran et l’Andalousie, tout en gardant un pied à terre au Maroc, un Maroc pluriel et riche de sa diversité. Un ticket pour devenir citoyen du monde et l’assumer pleinement, un voyage pour s’oublier le temps d’un concert de 2h.

Celle qui a été consacrée par les dernières victoires de la musique avec le meilleur album du monde, la chanteuse forte et fière de ses origines touaregs et berbères propose un moment acoustique en guitare-voix avec pour seul repère le public de Casablanca. Un moment d’une infinie beauté qu’elle va clore avec une transe, la dernière, sa dernière transe… Un concert qui a marqué les corps et les coeurs, en attendant ceux de Mélody Gardot, Goran Bregovic et Jamie Cullum, ces mardi, mercredi et jeudi même heure, même endroit !

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