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Un marché international défavorable à Maghreb Steel

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Le management de la firme assure que l’année 2019 s’inscrira dans la même tendance que la précédente, à savoir un recul de son chiffre d’affaires. Une reconduction des mesures antidumping est espérée.


La société miraculée de la crise internationale de l’acier, Maghreb Steel continue sa longue convalescence. Lors d’une conférence organisée ce mardi par l’entreprise, Hatim Senhaji, son directeur général a indiqué que l’année 2019 était marquée par un «contexte international difficile où le protectionnisme est devenu la norme». La production mondiale est depuis une dizaine d’années, largement excédentaire. Les surcapacités chinoises ont atteint un pic avec 350 millions de tonnes en 2016, soit le double de la production européenne, à titre d’exemple. Subventionné et vendu à bas coût, l’acier chinois a provoqué la chute des prix mondiaux – ils se sont effondrés de 40% ces dix dernières années – et a déstabilisé en profondeur l’industrie sidérurgique.

Durant cette même période, Maghreb Steel a peiné à se relever. En 2012, le Résultat net part groupe (RNPG) Maghreb Steel s’élevait à -423,9 MDH avant de se creuser à -561 MDH en 2013, à -641 MDH en 2014 puis à -793 MDH en 2015. Ce n’est qu’en 2016 que l’entreprise est arrivée à réduire ses pertes pour afficher un déficit de -119 MDH avant qu’il ne s’accentue légèrement à-121 MDH en 2017. Concernant le chiffre d’affaires, celui-ci est passé de 2,7 MMDH en 2012 à près de 3,7 MMDH en 2017. Un sursaut qui s’explique par l’accord tripartite, la firme s’est engagée à opérer une restructuration opérationnelle, une refonte managériale radicale et une gouvernance de crise, les bailleurs de fonds ont quant à eux consenti à une restructuration de leurs créances tandis que l’État a imposé des mesures de sauvegarde sur l’importation de l’acier laminé.

La protection toujours nécessaire
En 2018 néanmoins, des taxes douanières de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium ont été annoncées par les États-Unis et le marché européen s’est braqué en réaction. Le tout combiné à un contexte mondial où les intrants manquent. La sidérurgie mondiale manque en effet de minerai de fer, de ferrailles, de coke pour alimenter ses hauts fourneaux et de cargos pour transporter le tout, entraînant l’actuelle flambée du prix de l’acier et une extrême tension dans l’approvisionnement de l’industrie. La production mondiale de ces trois matières premières est en grande partie absorbée par l’économie chinoise pour alimenter sa croissance de plus de 9% par an. Le prix du minerai de fer aurait augmenté de 30% en deux ans, celui des ferrailles de 100% en un an et celui du coke de 400% en un an sans oublier un marché national où règne une faible consommation d’acier sur le plan national et une hausse des importations qui se traduit par un taux d’utilisation des capacités qui a oscillé entre 45% et 50% pour Maghreb Steel en 2018. Un contexte défavorable à la levée des mesures de sauvegarde sur l’acier laminé à chaud, qui sont arrivées à leurs termes hier 25 septembre. Le sidérurgiste dont les ventes concernent pour les deux tiers ce produit mise sur une prolongation de la protection étatique avec l’introduction d’une requête de reconduction provisoire des mesures de sauvegarde sur cet acier auprès du ministère de l’Industrie pour être au même niveau de protection que les autres pays qui appliquent ces mesures.

«Notre dossier est solide et remplit toutes les conditions exigées par l’Organisation mondiale du commerce», assure Senhaji.

Selon la requête de l’industriel, les importations du produit considéré ont augmenté de 31% pendant la période 2017-2018 et de 54% en 2014-2018 tandis que la part de marché des importations a augmenté de 57% entre 2018 et 2017. Cet accroissement massif des importations semble être le résultat de circonstances imprévues telles que l’augmentation des capacités mondiales de production et la tendance à la hausse des mesures de protection appliquées dans ce secteur à l’échelle internationale. Les principaux indicateurs de dommage de Maghreb Steel ont connu une baisse en 2018, notamment les ventes, la production, la part de marché, les exportations, l’accumulation des stocks, ce qui a impacté la rentabilité et les marges de Maghreb Steel.

Pour rappel, Maghreb Steel bénéficie déjà d’un bouclier étatique. Ont été prolongées en décembre dernier jusqu’au 31 décembre 2021 des mesures de sauvegarde en faveur de Maghreb Steel sur les importations de tôles laminées à froid et de tôles plaquées ou revêtues. Le ministère avait conclu que malgré les baisses constatées ente 2014 et 2017, les importations de tôles laminées à froid et tôles plaquées ou revêtues sont reparties en augmentation à partir de 2018, chose qui perturbe et menace l’activité de la branche de production nationale. 

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