Éco-Business

Un maillon primordial de la stratégie nationale d’efficacité énergétique

Le secteur du bâtiment figure parmi les activités les plus énergivores du pays. Sa consommation énergétique se situe, en effet, à 33%, dont 7% pour les bâtiments tertiaires et 26% pour les bâtiments résidentiels. Afin de diminuer cette consommation du secteur, qui représente à lui seul un potentiel d’économie d’énergie de 40% et une baisse de 6% des émissions de gaz à effet de serre, et contribuer ainsi à l’atteinte de l’objectif de la CDN du Royaume, les pouvoirs publics ont mis en place la Réglementation thermique du bâtiment (RTCM) en 2015 et lancé le Pacte d’exemplarité de l’administration (PEA) en 2019. Depuis, les chantiers de bâtiments durables se multiplient, y compris dans le privé. 

Afin de réduire sa facture énergétique, encore largement dominée par le recours aux énergies fossiles (pétrole et charbon essentiellement), le Maroc a adopté une stratégie nationale d’efficacité énergétique qui vise à réaliser une économie d’énergie d’environ 20% à l’horizon 2030, à travers une meilleure utilisation de l’énergie dans tous les domaines d’activité économique et sociale.

Parmi ces domaines, il y a notamment le secteur du bâtiment, qui figure parmi les secteurs les plus énergivores du pays. Sa consommation énergétique se situe, en effet, à 33%, dont 7% pour les bâtiments tertiaires et 26% pour les bâtiments résidentiels.

Afin de diminuer cette consommation du secteur, qui représente à lui seul un potentiel d’économie d’énergie de 40%, et une baisse de 6% des émissions de gaz à effet de serre (GES), et contribuer ainsi à l’atteinte de l’objectif de la CDN (Contribution nationale déterminée) du Royaume qui vise à faire baisser les émissions de GES de 45,5% en 2030, les pouvoirs publics sont fortement engagés dans ce secteur, à travers la promotion de la construction durable et le développement de mesures d’efficacité énergétique dans les bâtiments publics.

La Réglementation thermique de la construction au Maroc pour encourager la construction durable


C’est ainsi qu’en matière de construction durable, un cadre réglementaire et normatif régissant la performance énergétique dans le secteur du bâtiment, a été instauré dès 2015. Il s’agit notamment d’une Réglementation thermique de la construction au Maroc (RTCM) exigée au niveau des permis de construire.

D’application obligatoire, l’objectif de la RTCM est d’introduire des exigences minimales que doivent respecter les bâtiments à usage résidentiel et tertiaire neufs en vue d’optimiser leurs besoins de chauffage et de climatisation tout en améliorant le confort thermique.

Pour ce faire, elle s’appuie sur une approche performancielle qui donne les limites maximales des besoins thermiques en kWh/m² par an et une approche prescriptive qui fixe les exigences réglementaires des caractéristiques thermiques de l’enveloppe des bâtiments. À signaler que les performances thermiques exigées dans la RTCM diffèrent selon le type du bâtiment (résidentiel ou tertiaire) et selon la zone climatique où il se trouve.

En effet, la RTCM divise le Maroc en 6 zones climatiques : Agadir, Tanger, Fès, Ifrane, Marrakech et Errachidia. Selon l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique, la réglementation thermique est très rentable pour les bâtiments résidentiels et tertiaires.

Pour les premiers, elle induit un surcoût de l’ordre de 2,1 à 4,3% et une réduction des besoins de 39 à 64% ; tandis que pour les seconds, ces ratios se situent, respectivement, à moins de 3% et entre 40 et 59%. Bref, pour faciliter l’étude de conformité des bâtiments résidentiels ou tertiaires à la RTCM, l’AMEE a conçu le logiciel Binayate (gratuit sur son site Web).

Le Pacte d’exemplarité de l’administration pour verdir les bâtiments administratifs et les flottes publiques

Conçu dans le même esprit que BIM, Binayate permet notamment aux ingénieurs, architectes, administrations, universitaires et professionnels du secteur du bâtiment de réaliser des études de conformité selon les deux approches performantielle et prescriptive.

Parallèlement à ce dispositif, qui permet d’agir en amont du cycle de vie du bâtiment, les pouvoirs publics ont lancé le Pacte d’exemplarité de l’administration (PEA), qui a été adopté par le Comité national de développement durable placé sous la présidence du Chef de gouvernement, en février 2019. Ce gage de la volonté sincère du gouvernement d’appliquer les principes de l’efficacité énergétique aux bâtiments publics (voir encadré) a depuis produit d’intéressants résultats.

En effet, tous les départements ministériels ont réalisé ou sont en train de réaliser leurs plans ministériels de l’exemplarité de l’Administration. Certains départements ont pu réduire leur consommation en eau de 50% et produire 22% de leur besoin en électricité à partir de sources renouvelables ; tandis que d’autres ont pu atteindre 32% de véhicules propres au niveau de leur parc automobile et réaliser un taux de recyclage de leurs déchets d’environ 35%.

Les organismes sous tutelle sont également très impliqués. L’ADII, Poste Maroc, la MDJS, l’ONP, Al Omrane, la SNTL, l’Entraide nationale… et dernièrement la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Rabat-Salé-Kénitra (CCIS-RSK) s’y sont tous mis. Le privé aussi s’y intéresse en masse et certains ont même choisi d’aller vers la certification HQE.

Les objectifs du Pacte d’exemplarité de l’administration

Le Pacte d’exemplarité de l’administration (PEA) vise six principaux objectifs:
* généraliser les démarches environnementales au sein des bâtiments publics;
*  inscrire l’administration dans la logique de gestion et de valorisation des déchets;
* renforcer les initiatives d’un État employeur responsable;
* intégrer une approche participative et améliorer la transparence;
*  promouvoir une commande publique durable et responsable;
* développer l’exemplarité des acteurs publics en matière de mobilité.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO

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