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Sous-traiter au Maroc au lieu de la Chine. La nouvelle option pour les investisseurs espagnols

Le climat économique tendu entre les deux grandes puissances positionne le Maroc comme l’alternative idéale au marché chinois. Seulement, le volet diplomatique entre les deux pays jette de l’ombre sur cette alternative.

Il serait meilleur de produire au Maroc, qu’en Chine. C’est la conclusion d’une analyse d’un expert économique espagnol, paru dans la revue dédiée à l’économie «El Blog Del Salmon». Selon cette analyse, sous-traiter auprès de la Chine se révèle de plus en plus cher et risqué. Dans ce contexte, l’auteur estime que cela a démarré avec la guerre déclarée de l’ancien président américain Trump à la Chine et son économie en imposant des taxes élevées sur le Made in China.


Cette guerre commerciale entre les deux géants mondiaux et cette incertitude qui plane sur le devenir des échanges à pousser plusieurs groupes à la réflexion.D’autant plus que la Chine est en train de tester son propre médicament : à savoir délocaliser ailleurs.

Son terrain de prédilection est l’Afrique. Cette implantation lui garantit un accès direct aux ressources naturelles, moyennant quelques investissements dans les infrastructures de développement qui serviront bien entendu à acheminer sa propre production vers les pays donneurs d’ordres. Voyant que le nouveau locataire de la Maison Blanche, Joe Biden marche sur les pas de son prédécesseur en ce qui concerne les mesures de rétorsion à l’adresse de l’Empire du Milieu, les opérateurs économiques espagnols pensent à changer leur fusil d’épaule. Dans ce contexte, le Maroc se présente comme une plateforme idéale. D’ailleurs, c’est sur ce postulat que les autorités marocaines en charge de l’investissement et l’attrait ont essayé de se positionner depuis la crise économique qui a frappé l’Espagne en 2008.

En effet, le climat des affaires entre les deux pays s’est bien amélioré durant les dernières années, spécialement sous le règne du Parti populaire. Celui-ci a contribué à la consolidation des échanges entre les deux pays et le renforcement de la confiance. En témoigne les innombrables missions économiques et de prospection organisées au fil des années précédentes sous nos cieux.

À présent, et compte tenu du contexte tendu et flou que traversent les deux pays, il est sûr que le volet économique est l’un des grands perdants dans cette crise. Certes, les flux commerciaux ne se sont jamais interrompus entre les deux pays, que ce soit durant la crise sanitaire ou en cette période de bisbilles diplomatiques, mais le réchauffement d’antan s’est perdu. Avant la crise, les espoirs étaient placés sur la réunion de haut niveau pour insuffler une nouvelle vie à la coopération économique et ravigoter l’investissement espagnol sous nos latitudes. C’est désormais un rêve lointain, sauf miracle bien entendu.

Chose qui n’est pas étrangère à la politique. Selon cet entrepreneur andalou et conseiller en matière d’affaires du gouvernement régional andalou, les autorités locales andalouses désirent reprendre cet élan qui a marqué les échanges entre les deux régions et dont la grande démonstration fut la visite officielle réalisée par le président de la région andalouse, Juanma Moreno, au Maroc en 2019. De fait, le taux de croissance des échanges entre le Maroc et l’Espagne a connu un trend haussier consolidé de 10% durant les dernières années. Et l’Espagne réceptionne 30% des expéditions marocaines destinées au marché communautaire.

Les nouvelles exigences de la crise sanitaire en termes de production et délais auront-elles raison des bisbilles diplomatiques entre les deux pays ? «Il est à souligner qu’en pleine crise diplomatique entre les deux pays, un important fonds espagnol a fait appel au service d’un directeur marocain pour gérer ses actifs et mettre en place une nouvelle stratégie de développement au Maroc. Cela prouve, s’il le faut encore, que le Maroc est et restera toujours attrayant pour les investisseurs espagnols qui savent très bien faire la différence entre des différends d’ordre politique et le business», confie cet ex-responsable de l’attrait des investissements espagnols au Maroc.

Les missions économiques se font rares certes, mais avant la rupture des liens diplomatiques des organismes comme Extenda en Andalousie, chargé de la promotion des entreprises andalouses à l’étranger, ont organisé des rencontres par visioconférence autour du marché marocain. En 2025, les flux commerciaux, devraient passer les 24 MM € entre les deux pays. Avec ce nouveau contexte mondial, marqué par la pandémie et le changement des règles du jeu ainsi que les nouvelles contraintes, ce chiffre devrait être atteint, voire dépassé. En tout cas, les investisseurs espagnols n’attendent qu’un signal de la part du Maroc pour traduire leurs intentions en acte, de l’aveu de cet expert espagnol en matière d’investissement.

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