Éco-Business

Sociétés cotées : la masse bénéficiaire chute de près de 50%

Le premier semestre a été difficile pour bon nombre de sociétés cotées. La crise sanitaire et les restrictions y relatives ont eu raison de l’activité, contribuant à la dépréciation des revenus agrégés qui se sont rétrécis de 4,9% à 113,45 MDH. La baisse d’activité, combinée à la contribution au Fonds spécial de gestion de la Covid-19, a impacté la masse bénéficiaire qui s’est creusée de 49,8% à 7,96 MMDH.

Sans grande surprise, les réalisations des sociétés cotées en Bourse reflètent la morosité constatée sur l’économie nationale en général, au cours du premier semestre 2020. Selon Upline Research, les revenus agrégés des sociétés cotées se sont effrités de 4,9% (en pro forma) pour se chiffrer à près de 113,45 MMDH (contre une progression de 2,3% en S1-2019). C’est ainsi que sur les 68 sociétés ayant publié leurs résultats financiers au titre de la première moitié de l’année, 66,2% ont affiché des réalisations commerciales en baisse. D’un point de vue sectoriel, 14 des 21 branches ont contribué négativement à l’évolution du volume agrégé du chiffre d’affaires. Les plus importantes baisses ont été enregistrées par le secteur immobilier avec une contre-performance de 57,2% à 1,577 MMDH, liée à la méforme commerciale des trois immobilières cotées. Il est naturellement talonné par le secteur des BTP & matériaux de construction qui a connu une importante baisse de la consommation de ciment. Avec les restrictions sanitaires et l’arrêt des chantiers, la chute des revenus a été inévitable.

Le secteur BTP affiche ainsi un repli de 21,9%. Il est suivi par les opérateurs du secteur Pétrole & gaz qui ont vu leurs revenus se déprécier de 20,9%. Fort heureusement, l’hémorragie a pu être stoppée grâce, entre autres, à la bonne tenue du secteur, qui a su profiter de la bonne dynamique des activités de marché suite à l’évolution favorable de la courbe des taux durant le premier semestre 2020. Cela a permis au segment bancaire de devenir le premier contributeur à l’évolution du chiffre d’affaires agrégé de la cote en enregistrant un PNB de 33,58 MMDH, en amélioration de 6,7%.

De son côté, le secteur des Mines affiche une progression de 6,1% à plus de 3 MMDH, suite aux réalisations commerciales de Managem et de son bras argentifère SMI. Managem a en effet pu prospérer grâce à l’effet combiné de la hausse significative de la production de l’or, due à la montée en régime de la nouvelle usine de traitement au Soudan, et de l’appréciation du cours du métal jaune. Sa filiale SMI a, quant à elle, profité de l’augmentation du cours de l’argent et du taux de change dollar, compensant ainsi une baisse de la cadence de production d’argent causée par la pandémie. Autre contributeur aux revenus agrégés, les Télécommunications ont été portées par la performance de Maroc Telecom. L’opérateur historique a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 2,7% pour s’établir à 18,32 MMDH. Même scénario de baisse au niveau de la masse bénéficiaire, plombée par la contre-performance des indicateurs d’activité et la contribution des sociétés au Fonds spécial pour la gestion de la Covid-19. Les bénéfices agrégés se sont dégradés de 49,8% pour se limiter à 7,96 MMDH. En somme, ce sont 18 des 21 secteurs représentés dans la cote qui ont connu une chute de leurs réalisations financières. «L’analyse en termes de contribution à l’évolution de la capacité bénéficiaire renseigne particulièrement sur la contribution négative du secteur bancaire, avec une dégradation de 57,7% de son RNPG semestriel à 2,76 MMDH, sous l’effet de la hausse du coût du risque et de la contribution au fonds Covid-19», affirment les analystes d’Upline Research. Pour sa part, le secteur BTP & matériaux de construction a vu sa capacité bénéficiaire s’effriter de 1,01 MMDH à 597,6 MDH. Le secteur immobilier a, à son tour, contribué au repli du RNPG global en affichant une perte 107 MDH, contre un bénéfice de 517 MDH enregistré une année auparavant. Au niveau des contributions à la hausse, les Mines figurent en tête des plus fortes performances du semestre avec un bénéfice sectoriel de 200,4 MDH. À noter que le secteur était déficitaire à la même période de l’année précédente. Il a été suivi par les industries pharmaceutiques qui ont profité de l’augmentation de la demande publique sur les médicaments durant les premiers mois de la pandémie. Leur résultat net s’est ainsi élevé à 130,3 MDH, en progression de 9,9%. La baisse de la masse bénéficiaire a également été atténuée par le secteur des Matériels logiciels et services informatiques qui ont connu un certain essor durant la période de confinement. Les sociétés ont pu dégager au terme de ce premier semestre un bénéfice sectoriel de 115,7 MDH, en appréciation de 18%.

Aida Lo / Les Inspirations Éco

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