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Secteur bancaire : Le déficit de liquidité se creuse

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La décision de Bank Al-Maghrib de hisser le niveau du taux de la réserve monétaire a eu un effet «pervers» sur la liquidité du secteur bancaire. Alors que le déficit de celle-ci s’orientait vers un allégement pour passer carrément à une surliquidité, il se creuse sur deux mois consécutifs.


Au cours du mois de juillet, le besoin en liquidité des banques s’est davantage creusé. Après s’être élevé à 15,9 MMDH, il a progressé en juillet pour atteindre 21,2 MMDH. La Direction du Trésor et des finances extérieures, qui se focalise sur la situation en juin, explique le creusement du déficit de liquidité après son allègement de 2,5 MMDH en mai, par la décision de la Banque centrale de hisser le taux de la réserve monétaire, le portant de 2% à 4% au 21 juin de l’année en cours, ce qui semble avoir déjà eu un impact sur la liquidité du marché bancaire. Les données de la Direction du Trésor et des finances extérieures font remarquer que le déficit de liquidité s’est creusé à fin juin pour la première fois depuis le début de l’année en cours.

«Cette évolution est attribuée essentiellement à une ponction de liquidité de près de 9 MMDH induite par la hausse du taux de la réserve monétaire de 2% à 4%, décidée lors du Conseil de Bank Al-Maghrib du 21 juin 2016», explique la Direction du Trésor. Dans ces conditions, et afin de maintenir l’évolution du taux interbancaire à des niveaux proches du taux directeur, BAM a effectué fin juin sa première opération au titre des avances à 7 jours depuis le 24 mars 2016, portant sur un volume moyen de 3 MMDH. Compte tenu de la stabilisation des montants injectés par le biais des prêts garantis accordés dans le cadre du programme de soutien au financement de la TPME autour de 6 MMDH, le volume global des interventions de BAM sur le marché monétaire est passé de 6 MMDH au mois de mai à 9 MMDH au mois de juin.

Pour combler les besoins en juillet, la Banque centrale a porté ses injections sous forme d’avances à 7 jours à 18 MMDH, élevant ainsi le total de ses interventions à 22,1 MMDH, dont 4,1 MMDH injectés correspondent à l’encours des opérations de prêts garantis dans le cadre du programme de soutien au financement de la TPME. Une tendance qui semble contradictoire avec les projections de Bank Al-Maghrib citées par le Centre marocain de conjoncture dans sa publication mensuelle de juillet, lesquelles tablaient sur le passage d’un déficit moyen de 16,5 MMDH à fin 2015, à une surliquidité de 20,9 MMDH en 2016 et de 47,1 MMDH en 2017.

Détente des taux d’intérêt en juin
Dans ce contexte de pression sur les liquidités, le taux moyen pondéré du marché interbancaire s’est relativement écarté, en juin, du taux directeur pour le troisième mois consécutif, pour ressortir à 2,03% en moyenne, relate la direction du Trésor. Pour ce qui est des taux créditeurs, le taux moyen pondéré des dépôts à 6 et 12 mois a accusé en juin 2016 une baisse de 55 points de base par rapport au mois de décembre 2015 pour s’établir à 3,24%. Cette évolution recouvre des reculs de 46 points de base des taux appliqués sur les dépôts à 6 mois et de 33 points de base de ceux assortissant les dépôts à 12 mois pour revenir à 2,98% et 3,61% respectivement.

S’agissant des taux débiteurs, les dernières données issues de l’enquête de BAM au titre du deuxième trimestre de l’année en cours font ressortir une baisse de 31 points de base du taux moyen global par rapport au premier trimestre de l’année en cours attribuée à la baisse des taux appliqués aux crédits à l’équipement de 63 points de base, aux facilités de trésorerie et aux crédits à la consommation de 28 points de base et aux crédits immobiliers de 18 points de base.

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