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Relance du tourisme : le “collectif de la nouvelle génération” rajoute une couche

Alors que l’industrie touristique mondiale traverse une profonde mutation, tant vis-à-vis de la pandémie de Covid-19 que par la forte transformation digitale qu’elle dicte, une revue de la gouvernance du secteur s’impose. Tel est l’avis d’un nouveau think tank dénommé «Collectif de la nouvelle génération d’entrepreneurs du tourisme» qui liste six propositions allant dans le sens de la sauvegarde et la relance du secteur auquel ses membres appartiennent. Le collectif justifie sa sortie par un «déficit de prises de paroles suffisantes et structurées des organisations professionnelles nationales».

Après plus de 15 mois d’arrêt d’activité, l’absence de visibilité quant à l’horizon de sortie de la crise économique et sanitaire, les professionnels du tourisme affichent leur détermination à obtenir des autorités marocaines «des mesures sérieuses et immédiates, tant pour tenter de sauvegarder ce qu’il reste de l’outil de production touristique et maintenir un soupçon de paix sociale que pour permettre une relance de l’activité». Pour ce faire, ils maintiennent la pression et multiplient les sorties pour donner de la voix.


Dans un récent communiqué, le think tank composé de dirigeants d’entreprises intégrant toute la chaîne de valeur touristique marocaine (hôteliers, agents de voyages, transporteurs touristiques, investisseurs touristiques, loueurs de voitures, etc.) tire la sonnette d’alarme et lance un appel à une action forte du gouvernement.

Le collectif demande que les autorités prennent en compte également la dimension sociale et économique en plus de la détresse dans laquelle se trouvent toutes les parties prenantes de l’industrie touristique. Cette sortie, soulignent les membres du collectif, «est un appel citoyen et de détresse par défaut de prises de paroles suffisantes et structurées des organisations professionnelles nationales».

Pour ce faire, il insiste sur six points qu’il juge fondamentaux pour la sauvegarde et la relance, à commencer par la prorogation du mécanisme de l’IF (l’indemnité forfaitaire de 2.000 DH et les mesures y liées) jusqu’à 3 mois minimum après la levée de l’état d’urgence sanitaire.

«Puisqu’il y a unanimité sur la durée de la crise et la lenteur de la reprise qui ne font pas débat, ceci est un minimum, réaliste, réfléchi et objectif. C’est la même logique d’aide à la reprise que celle qui a prévalu au 2e semestre 2020. À défaut, les faillites vont s’accélérer et les licenciements – évités depuis 15 mois ! – s’imposer», soutient le collectif, qui insiste également sur la prolongation pour l’ensemble des employés du secteur, des reports de crédits et de traites jusqu’à la levée de l’état d’urgence sanitaire.

Le think tank explique qu’actuellement, les salariés du secteur font face à une double peine : une réduction de leur revenu, au mieux à 50% et bien plus en moyenne, et la poursuite des prélèvements bancaires de leurs traites avec les agios et frais d’impayés qui s’accumulent. «Les IF sont virées sur leurs comptes et prélevées immédiatement par les banques, laissant de fait les salariés sans aucun revenu disponible pour survivre pendant cette période», est-il souligné. Pour le collectif, un accord doit être trouvé entre le GPBM et Bank Al-Maghrib pour soulager ces salariés de toute pression additionnelle, d’autant plus que n’ayant aucun revenu, ils sont dans l’incapacité de payer. «A défaut, ces salariés changeront de secteur et l’industrie perdra une expertise indispensable au redémarrage de l’activité».

Levée des restrictions de circulation inter-régionale et réouverture du trafic international
Ces professionnels du tourisme appellent à la levée totale des restrictions de la circulation inter-régionale, la réouverture du trafic international graduellement et par étapes en priorisant les vaccinés et, en sus et à défaut, les tests PCRs négatifs – à partir du 15 juin 2021. Pour ces opérateurs, le tout est à annoncer sans délais et à l’avance de sorte à permettre à tous les maillons de la chaîne (nationaux et étrangers) de se reprogrammer pour ces échéances. «30 à 60 jours de délai à partir de l’annonce publique sont un minimum pour «réamorcer la pompe». L’annonce d’un rétro-planning sur 30 à 60 jours ne signifie pas son immuabilité en toutes circonstances», soulignent-ils, invitant les autorités à s’inspirer des exemples du Royaume-Uni, la France, l’Espagne, etc. «Une annonce forte aujourd’hui n’empêche pas un ajustement ultérieur, si les circonstances à venir devaient l’exiger», ajoute le think tank.

Prioriser la vaccination des salariés du secteur
Concernant la vaccination des salariés du secteur, le think tank suggère de commencer par ceux déclarés à la CNSS. «En dehors de l’efficacité objective de la mesure, il y a un effet de communication vis-à-vis du marché international qui positionnera le Maroc comme pays à la pointe de la gestion du Covid-19 et donc comme une destination prioritaire pour un tourisme en sécurité», font-ils valoir.

Arrimage du Maroc aux mécanismes du Pass sanitaire de l’UE
Pour que le Maroc puisse s’intégrer dans le circuit général de programmation des compagnies aériennes et tour-opérateurs internationaux, le think tank, conscient des défis auxquels le Maroc doit faire face pour assurer la sécurité sanitaire de ses citoyens; suggère d’arrimer le Maroc aux mécanismes du Pass sanitaire de l’UE. 

Carte de visite

Fondé par Aziz Cherif Alami (voyagiste), Habib El Fassi (voyagiste), Aboubakr Lahlou (hôtelier), Mehdi Rouissi (voyagiste) et Rizlaine Sefrioui (hôtelière), le think tank collectif de la nouvelle génération d’entrepreneurs du Tourisme intègre toute la chaîne de valeur touristique marocaine. Ses fondateurs sont des dirigeants d’entreprises touristiques, respectivement membres de fédérations professionnelles. À travers la mise en commun des meilleures pratiques internationales, une nouvelle énergie et une nouvelle manière d’aborder la gestion du tourisme au Maroc, ce collectif se met à la disposition des autorités et des organisations professionnelles pour apporter sa contribution.

Modeste Kouamé / Les Inspirations Éco

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