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Power-To-X : une nouvelle source d’énergie propre qui suscite beaucoup d’espoir

Deux études préliminaires, réalisées par des instituts allemands en 2018, ont révélé que le royaume pourrait capter 2% à 4% de la demande mondiale de l’hydrogène et de l’amoniac verts d’ici 2030. Depuis, plusieurs initiatives ont été prises pour saisir les opportunités offertes par le Power-to-x.

Le Maroc fonde beaucoup d’espoir sur l’hydrogène vert et ses produits dérivés, plus usuellement connus sous l’appellation Power-to-x. Ce positionnement stratégique fera d’ailleurs l’objet d’un sommet mondial sur l’hydrogène, demain et après-demain (mardi 1er et mercredi 2 décembre), sous forme de webinaire. Organisé par l’Iresen (Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles), le bras armé des pouvoirs publics pour la recherche-développement et l’innovation dans les énergies propres, le World Power-to-x Summit, sera une plateforme d’échange ouvert à tous les acteurs du PtX sur les opportunités que l’hydrogène vert offre aux futurs pays exportateurs et importateurs de molécules propres. Le sommet se concentrera, notamment, sur les défis qui restent à relever face au déploiement à grande échelle d’un marché PtX régional et international basé sur l’hydrogène vert et les carburants propres. Ce sera l’occasion pour les décideurs politiques, les chefs de file de l’industrie, les experts en recherche et les innovateurs mondiaux de discuter de la question en profondeur dans une variété de panels et de sessions de haut niveau.


Tout est parti de deux études allemandes particulièrement intéressantes
Il aura l’Allemagne comme invité d’honneur. Pourquoi tant d’égards envers la première puissance économique de l’Union européenne? Parce que tout est parti de ce pays partenaire du Maroc. En, effet, si le Maroc a décidé d’investir le créneau très porteur du Power-to-x, c’est parce que trois instituts de recherche allemands Fraunhofer, en l’occurence IMWS (International Microwave Workshop Series), IGB (Institute for Interfacial Engineering and Biotechnology) et ISI (Institute for Systems and Innovation Research) ont présenté, en 2018, lors d’un atelier présidé par Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement, les résultats de deux études préliminaires qu’ils ont réalisées en même temps sur la thématique. Il en est ressorti des conclusions très intéressantes pour le royaume. En effet, ces études ont révélé que grâce à sa situation géographique privilégiée et à son potentiel exceptionnel en énergies éolienne et solaire, le Maroc pourrait capter une part non négligeable de la demande en Power-to-x, estimée entre 2% et 4% de la demande mondiale d’ici 2030. À cet horizon «l’ammoniac vert» offrirait d’importantes opportunités au pays pour satisfaire les besoins de son industrie locale des engrais et celle du marché international à long terme. Autrement dit, ces études montrent que si le Maroc s’y met rapidement, il pourra exporter de l’hydrogène et de l’amoniac verts à partir de 2030. Aussi, lors de l’atelier, d’importantes recommandations ont été formulées. La recommandation phare consiste, notamment, à travailler rapidement sur l’élaboration d’une feuille de route Maroc sur le Power-to-x.

Une commission nationale technique a été créée…
Aziz Rabbah avait notamment demandé de monter une commission technique nationale pour s’en occuper. Appuyée par un consortium d’acteurs publics et privés, celle-ci devait être composée de représentants du ministère de l’Énergie, des mines et de l’environnement, du ministère de l’Économie et des finances (MEF), du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique (MICIEN), de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN), du Centre national de la recherche scientifique et technique (CNRST), de l’Office chérifien des phosphates (OCP), de la Fédération marocaine de l’énergie (FME), du ministère de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et de l’Agence marocaine de l’énergie durable (MASEN). Selon une source proche du dossier, la première mouture de la feuille de route a été déjà élaborée.

… Une feuille de route est en cours d’élaboration
La commission technique nationale s’apprête à commander une nouvelle étude. Laquelle sera plus approfondie cette fois et servira à traduire la feuille de route en projets concrets, afin de développer l’expérience du Maroc en la matière et d’en faire une plateforme d’investissements pour cette filière. À noter que la commission technique nationale s’appuiera aussi sur le World Power-to-x Summit, qui démarre demain, pour parfaire sa feuille de route. En attendant, signalons qu’en plus de l’Allemagne, principal partenaire du Maroc dans l’hydrogène vert, la France et dernièrement l’Espagne veulent aussi coopérer avec le royaume dans ce domaine. En somme, c’est bien parti pour le Power-to-x au Maroc !

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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