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Pourquoi Afriquia ne communique-t-elle pas?

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Depuis le début du boycott, il y a un peu plus de trois mois, seule Afriquia, parmi les trois marques concernées, n’a pas communiqué. Pourtant, le distributeur de carburant ne manque pas d’arguments. Explications.

Le 20 avril 2018 voyait le jour le mouvement de boycott qui allait cibler trois marques de différents secteurs, dont le distributeur de carburant Afriquia. À cette date-là, le premier distributeur du pays écoulait son diesel au prix de 9,83 DH le litre. Un prix jugé élevé par les boycotteurs qui affirment avoir ciblé le leader du secteur afin d’entraîner un effet domino à la baisse. Trois mois après ce mouvement, qu’en est-il réellement des prix ?


Évolution des prix
Accusant le coup depuis trois mois, Afriquia n’a pas modifié ses prix en dépit d’une augmentation affichée dans les stations des concurrents et des fluctuations des cours sur les marchés internationaux, notamment pendant le mois de mai. Son prix de 9,83 DH/litre est toujours affiché dans toutes les stations appartenant à la société au moment où ses concurrents ont tous augmenté leur prix à la pompe, parfois à des niveaux élevés. D’ailleurs, la différence entre les distributeurs est aujourd’hui palpable. On est loin du temps où celle-ci s’inscrivait dans une fourchette de 3 à 4 centimes, chose assimilée à une entente implicite. L’enquête que nous avons menée au niveau d’une vingtaine de points de ventes, dans la région de Casablanca-Settat, démontre, chiffres et preuve à l’appui, que le gap se creuse à plus de 20 centimes dans certains cas, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on prend en considération un plein de carburant pour les particuliers ou plusieurs pour les professionnels du transport.

Le choix d’Afriquia
Dans cette conjoncture pourtant favorable au leader du marché, celui-ci a fait le choix de ne pas communiquer. Les raisons sont propres à lui et ne sont donc pas discutables. Or, en marketing, c’est une aubaine inespérée en ces temps d’amalgames et des confusions de genre. Car la logique économique du rapport de force de l’offre et de la demande n’a pas prévalu. Et là où les boycotteurs attendaient une baisse des prix par les distributeurs, ou du moins un alignement aux prix d’Afriquia, les autres sociétés ont tous revu à la hausse leurs tarifs, depuis le 20 avril 2018. Il faut rappeler que durant ces trois mois, il y a eu presque stagnation des cours aux alentours de 72$ (cours du Brent), avec un léger pic au milieu de mai à 80$. En d’autres termes, Afriquia dispose de tous les arguments qui valent bien une sortie médiatique afin d’expliquer sa politique tarifaire, et par la même occasion éclairer l’opinion publique de sa vision de la structure du prix, toute en accentuant sa Com sur un fait majeur; son prix actuel comme étant le plus bas du marché. N’est-ce pas ce que cherchaient les boycotteurs? Faut juste le leur dire avec le verbe et le tact qu’il faut. 

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