Éco-Business

PLF 2018 : Une touche sociale un peu trop coûteuse

Pas de changement en vue, la demande interne continuera de jouer le rôle de moteur incontournable pour la croissance économique. Tour d’horizon des principales mesures introduites dans le projet de loi de finances (PLF) 2018, le premier préparé de bout en bout par le gouvernement El Othamni. Sans surprise, la moitié du budget est consommée par les secteurs sociaux, en particulier l’enseignement et la santé. 

Il a fallu attendre l’approbation définitive du Conseil de gouvernement, lors de sa réunion de ce mardi 17 octobre, pour laisser filtrer les premiers éléments du projet de loi de finances 2018. Si les hypothèses, ayant guidé le gouvernement dans ses projections budgétaires, étaient plus ou moins connues (3,2% de croissance, 3% de déficit budgétaire, une moyenne de 380 dollars par tonne de gaz et une production de 70 millions de quintaux de blé), les données de la masse budgétaire 2018, elles, viennent d’être communiquées à l’issue dudit conseil. En effet, le PLF 2018 table sur des recettes budgétaires courantes de 236,81 MMDH, en hausse de 10,25 MMDH, tandis que les dépenses courantes atteindront 215,83 MMDH, dont 108,85 MMDH sont réservés aux fonctionnaires, outre des dépenses de compensation dans la limite de 13,72 MMDH. Pas de changement en vue quant au modèle de croissance de l’économie marocaine. Le gouvernement continuera à miser sur la demande interne. Le montant alloué à l’investissement public s’élève à près de 195 MMDH, en hausse de 5 MMDH par rapport à 2017.


7 milliards DH pour les régions
Au titre des mesures spécifiques pour la promotion de l’investissement privé et de l’emploi, on notera l’introduction pour la première fois au Maroc du principe de l’IS progressif, ce qui devrait renforcer les capacités et alléger la trésorerie des entreprises, en particulier les PME, sans omettre le manque à gagner que cette mesure devrait provoquer en termes de recettes fiscales. Parmi les autres nouveautés fiscales du PLF 2018, figurent des mesures de TVA dédiées aux bâtiments de dessalement de l’eau de mer et d’élevage des êtres vivants marins, outre la consécration de la neutralité fiscale des produits participatifs (une mesure longtemps défendue par les banques appuyées par Bank Al-Maghrib). Des incitations seront accordées à la promotion de l’emploi des jeunes dans la limite de 10.000 DH pour chaque 10 salariés au lieu de 5 salariés actuellement (l’État prendra en charge le coût des charges sociales pendant deux ans, outre l’exonération de l’Impôt sur le revenu). Un geste fort pour accélérer le processus de régionalisation, le gouvernement a décidé de relever de 3 à 4% la part revenant aux régions, des recettes fiscales au titre de l’IS et de l’IR, laquelle s’ajoute aux crédits du Budget général, portant le total du soutien étatique réservé aux conseils des régions à 7 milliards de dirhams. Par ailleurs, le PLF 2018 appelle à l’élargissement de la base des bénéficiaires de la caisse de cohésion familiale et leurs enfants, même en cas du décès de la mère. Enfin, force est de souligner que le gouvernement a décidé de renouer avec l’amnistie fiscale, en abandonnant les pénalités, les majorations et les frais de recouvrement liés aux impôts, droits et taxes impayés, à condition de s’acquitter du principal avant fin 2018.


Le budget 2018 plombé par les dépenses sociales

Le PLF 2018 prévoit de créer 19.000 nouveaux postes dans la fonction publique, outre les 20.000 postes par contrat qui verront le jour dans le secteur de l’enseignement. Entre 2018 et 2019, le nombre des employés dans le secteur de l’enseignement par contrat avoisinera 55.000. Le budget alloué au secteur de l’enseignement culminera à 59,2 MMDH, en hausse de 5 MMDH par rapport à 2017. Le département de la Santé, objet récemment de plusieurs mouvements de grève, verra son budget augmenter à 14,79 MMDH, en mobilisant notamment 4.000 nouveaux postes d’emploi. S’agissant du programme de lutte contre les disparités territoriales destiné au milieu rural, les crédits de paiement seront de l’ordre de 3,54 MMDH, alors que les crédits d’engagement s’élèveront à 4 MMDH.


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