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Plan national de l’eau : une feuille de route de 383 MMDH en attente

Le Plan national de l’eau (PNE) est la feuille de route élaborée par les pouvoirs publics pour venir à bout du stress hydrique sur la période 2020-2050. Hélas, il faut mobiliser près de 383 milliards de DH, une somme que l’État ne peut prendre en charge à lui seul. Où les trouver ?

Comment rompre définitivement avec le stress hydrique ? L’État semble avoir trouvé la réponse. Il a en effet élaboré, il y a trois ans, un Plan national de l’eau (PNE) à mettre en œuvre sur la période 2020-2050. Malheureusement, cette feuille de route, qui devra nécessiter la mobilisation d’un investissement global évalué à près de 383 milliards de DH (MMDH), n’est toujours pas encore mise en œuvre.

Un Plan encore dans les tiroirs
Depuis deux années, ladite feuille de route attend son déploiement chez le Conseil national de l’eau et du climat. En attendant, un expert proche du dossier – qui a requis l’anonymat – renseigne que le principal blocage du PNE, réside dans l’énorme budget qu’il faudra mobiliser pour le financer.

Comment faire pour disposer de ces fonds? La Direction de la recherche et de la planification de l’eau, relevant du département de l’Eau (ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau), qui a élaboré le projet, a proposé des pistes. Convaincue que le financement ne pourra pas être uniquement assuré par le budget public, elle a envisagé des financements complémentaires.

Un financement difficilement mobilisable
Les recommandations évoquent notamment le «Partenariat public privé (PPP), une piste de financement qui peut se révéler très intéressante si le Nexus Eau-Énergie est correctement activé». Par Nexus Eau-Énergie, entendons le cercle vertueux qui peut être créé grâce au travail en synergie entre les stations de dessalement d’eau de mer, celles de traitement des eaux usées (STEP) et les projets d’interconnexions électriques.

En effet, parmi les missions confiées au PNE, figure aussi celle consistant à formuler des orientations stratégiques en matière de recherches scientifique et technologique liées à la mobilisation des ressources en eau et à la rationalisation de leur gestion. Et sur cet aspect, souligne notre interlocuteur, «le couplage des usines de dessalement d’eau de mer avec les barrages, par exemple, pourrait être très bénéfique en termes de production et de gestion des ressources hydriques».

Par ailleurs, «en travaillant sur la technique membranaire, il sera possible de réduire le coût de l’énergie au sein des stations de dessalement», poursuit-il. Bien sûr, toutes ces suggestions, tant financières que techniques, sont mentionnées dans le PNE dont l’élaboration s’est faite dans le cadre d’une large concertation avec toutes les parties prenantes concernées au niveau national.

Grâce à cette approche participative, le Plan contient toutes les orientations financières, institutionnelles et en matière de recherche, nécessaires pour asseoir les bases d’une bonne gouvernance et d’une gestion intégrée et durable de l’eau et du domaine public hydraulique, est-il signalé.

Un coût du m3 encore élevé
Apparemment, les pistes de financement qui sont proposées dans le PNE ne sont pas suffisamment attractives pour «accrocher» les investisseurs. En effet, le coût de l’eau demeure encore élevé dans notre pays. Le mètre cube d’eau produit à partir d’une station de dessalement d’eau de mer se situerait actuellement aux alentours de 7 DH, soit le double de la moyenne mondiale, est-il expliqué.

Face à cette situation, la Banque mondiale recommande, dans un rapport paru en juillet dernier, de «fixer le prix des ressources hydriques devenues plus rares à une valeur idoine, de mettre au point des mécanismes efficaces d’allocation de l’eau, par exemple au moyen d’un système de quotas négociables, et de produire et de publier des données précises et détaillées sur les ressources hydriques et leur utilisation». Des réformes décrites dans le Nouveau modèle de développement.

Quelques apports de la loi 36-15

Le Plan national de l’eau s’inscrit dans le cadre de la loi 36-15 relative à l’eau, promulguée en 2016. Une loi qui a apporté plusieurs changements positifs dans la gestion des ressources en eau du Royaume. Parmi ces apports, il y a :

* la prise en compte du droit à l’eau ;

* la simplification des procédures d’utilisation et de délimitation du domaine public hydraulique ;

* le renforcement du cadre institutionnel ;

* la mise en place d’un cadre juridique pour le dessalement de l’eau de mer ;

* l’obligation de maintenir un débit minimum ;

* l’organisation du métier de foreur ;

* l’établissement de contrats de gestion participative ;

* l’amélioration des conditions de prévention des phénomènes climatiques extrêmes ;

* l’instauration de règles de préservation des milieux aquatiques ;

* la mise en place de systèmes d’information sur l’eau ;

* le renforcement de la police de l’eau.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO

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