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Plan d’accélération industrielle : Les écosystèmes pharmaceutiques sont actés

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Deux écosystèmes pharmaceutiques viennent de voir le jour : «Médicaments» et «Dispositifs médicaux». Ils visent la création de 4.700 à 5.000 nouveaux emplois directs à forte valeur ajoutée, la génération d’une valeur ajoutée additionnelle de 4,2 MMDH et l’augmentation du chiffre d’affaires direct du secteur d’environ 11,1 MMDH.


Il aura fallu deux annéess pour que les écosystèmes pharmaceutiques voient le jour. «Il fallait que les engagements soient à la hauteur des attentes du pays et des capacités du secteur», a précisé hier à Rabat le ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, lors de la cérémonie de signature des trois accords de performance pour accompagner le déploiement de ces écosystèmes. Cette initiative permettra au secteur de faire face à bon nombre de défis, notamment, le déficit chronique de la balance commerciale qui est chroniquement déficitaire (-6,4 milliards de dirhams).

Contraintes
Il faut dire que plusieurs limites empêchent actuellement la pleine expansion du secteur. Il s’agit, en l’occurrence, de sa forte dépendance à l’égard des importations, l’étroitesse du marché local, la sous-utilisation des capacités de production de médicaments ainsi que la fragmentation du tissu industriel des dispositifs médicaux, concentré essentiellement sur des consommables à faible valeur ajoutée.

Concrètement, le lancement des écosystèmes vise à donner un coup de fouet à l’ensemble de la chaîne de valeur de production de médicaments et de dispositifs médicaux, depuis le développement jusqu’à la commercialisation. Plusieurs métiers seront organisés : les essais cliniques, les ingrédients pharmaceutiques actifs et du packaging, la fabrication locale et l’export, les médicaments bio-similaires et les dispositifs médicaux.

À terme, la mise en œuvre des écosystèmes, lancés, contribuera à créer entre 4.700 et 5.000 nouveaux emplois directs à forte valeur ajoutée. L’ambition est de générer aussi une valeur ajoutée et un excédent commercial additionnels respectivement de près de 4,2 et 7,8 milliards de dirhams et d’augmenter le chiffre d’affaires direct du secteur d’environ 11,1 milliards de dirhams.

Les entreprises du secteur seront accompagnées pour, notamment, le déploiement d’un plan de démarchage des IDE (centres de recherche et universités internationales, producteurs d’appareils et d’équipements électroniques). L’objectif est également de mettre en place des mesures réglementaires ciblées : décrets d’application de la loi sur les essais cliniques, certification des sites, garantie de la protection des brevets, décrets relatifs aux bio-similaires et aux dispositifs médicaux… Par ailleurs, l’accord vise aussi l’instauration des mesures stimulant l’intégration locale : licences d’export pour les ressources végétales non valorisées localement. Les entreprises du secteur pourront accéder au foncier à travers la mise à leur disposition de huit hectares à des prix compétitifs.

La formation n’est pas en reste. À cet égard, un plan de formation, couvrant la totalité des besoins des écosystèmes pharmaceutiques, sera mis en place. Sur ce point, le ministre de l’Industrie précise, qu’actuellement, la commande de la formation aux organismes concernés se fait après le recensement des besoins des investisseurs pour éviter la déperdition. Par ailleurs, une autre mesure est saluée par les professionnelles : l’introduction de la préférence nationale dans les appels d’offres publics. Mais, le chef de département de l’Industrie prévient : la préférence nationale doit se faire dans une logique de compétition. Les professionnels, qui affichent leur satisfaction de la conclusion de l’accord, tant attendu, sont appelés à serrer leurs rangs.

En effet, ils sont organisés en trois associations professionnelles. Une situation vertement critiquée par le ministre de l’Économie et des finances, Mohammed Boussaid. Le ministre de l’Industrie abonde dans la même veine. Il appelle, lui aussi, les associations professionnelles du secteur à s’unir d’autant plus que leurs intérêts convergent. D’ailleurs, lors de la cérémonie de signature de l’accord relatif aux écosystèmes, les représentants des fédérations ont presque parlé d’une même voix. Ils espèrent la création, le plus tôt possible, de la très attendue agence du médicament.

Le gouvernement est également appelé à une plus grande implication dans l’accompagnement aux démarches de prospection à l’export. Les membres du gouvernement se disent prêts à épauler les professionnels pour développer le secteur. Outre les initiatives déjà lancées, Elalamy estime qu’il faut aller de l’avant, surtout, sur le volet de la distribution : «Le Maroc doit mettre la main sur un réseau de distribution de taille en Afrique». Une idée à explorer au cours des prochaines semaines.

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