Éco-Business

Pierre-Martin Bos: « le Maroc est très en avance par rapport à d’autres pays »

Pierre-Martin Bos. PDG de Fiat Chrysler Automobiles Morocco

Un mois après avoir pris vos fonctions, avez-vous identifié les forces et les faiblesses de FCA Maroc ?
J’ai été agréablement surpris par ce que j’ai découvert du Maroc et de notre filiale, en ce qui concerne la qualité du réseau et les compétences humaines. Je peux même vous dire que le Maroc est très en avance par rapport à beaucoup d’autres pays avec une certaine culture de service et beaucoup de développements technologiques. Le réseau est une grande force pour nous aujourd’hui, car il est d’une part consolidé avec une couverture territoriale de 94%, puis d’autre part très professionnel et même performant en ce qui concerne la qualité de service. Notre force réside aussi dans notre offre multimarque et dans la qualité de nos produits. D’ailleurs, nous avons quelques niveaux de performances commerciales qui sont très bons comme c’est le cas dans les micro-citadines où la Fiat 500 est leader et réalise ici sa meilleure pénétration au monde avec plus de 40% de part de marché du segment. Je pense donc qu’il y a de bonnes prédispositions pour FCA pour continuer à construire sa présence sur le marché. Quant aux faiblesses, je n’en ai pas notées, si ce n’est peut-être que nous avons encore quelques aspects à améliorer.

Le MotorVillage ne serait-il pas une sorte de faiblesse sur le plan financier, au vu de ses coûts d’exploitation ?
Je ne pense pas. En fait, pour rentabiliser un site, il faut bien vendre et je pense qu’ici, nous avons toutes les possibilités pour le faire. Mon approche est de gérer le MotorVillage comme tout autre distributeur du réseau, dans le sens où il ne peut y avoir ni favoritisme, ni pénalisation. Le MotorVillage est un outil exceptionnel qui doit surtout montrer l’excellence et dans lequel nous pouvons développer le premium. Donc en définitive, je pense que le MotorVillage est plus un avantage qu’une faiblesse. Ceci dit, nous n’avons pas vocation à réaliser des ventes juste pour faire de la part de marché. D’ailleurs, notre objectif pour l’année prochaine ne sera pas extravagant en termes de volume, mais plutôt d’avoir un focus optimisé sur chaque marque pour être sûr que l’on est bien présent sur le marché avec Fiat parmi les labels généralistes, puis Alfa Romeo et Jeep dans le segment premium, mais aussi avec de l’hybride.

Justement, sur l’ensemble des marques du groupe, laquelle présente le plus de potentiel à être proposée au Maroc en hybride ?
C’est indéniablement Jeep, ne serait-ce que du fait de notre plan produit. Jeep a pris cette direction avec l’adoption de la technologie hybride rechargeable que l’on retrouve sur les gammes Renegade et Compass qui sont adaptées pour le Maroc. Sur les versions 4xe, le moteur apporte une puissance élevée de respectivement 190 et 240 ch avec une autonomie de 50 km en full-electric, ce qui est suffisant pour des trajets urbains au quotidien. Au vu du joli succès du Renegade, nous pourrions bien introduire au Maroc sa version hybride en 2021.

Sur le segment disputé des compactes, comment allez-vous entretenir le succès de la Tipo ?
Nous allons continuer à bien positionner ce modèle, tout en lui assurant une belle animation commerciale, plus de visibilité et de nouvelles finitions comme la S Design qui se veut une proposition un brin plus sportive et plus équipée que la Street.

Le projet de fusion avec le groupe PSA aura-t-il une incidence sur les investissements futurs de FCA Maroc, notamment en matière de représentation et de réseau ?
À valeur aujourd’hui, rien n’est encore figé. Cette fusion aura surtout l’intérêt de réaliser des synergies et des économies d’échelle sur les plateformes et sur les achats. Pour le reste, nous n’avons encore aucune information à ce sujet.

Votre prédécesseur avait annoncé l’arrivée de RAM et Dodge au Maroc. Leur introduction est-elle toujours d’actualité ?
Ce sont des marques et des modèles qui sont hors norme et en dehors de toute logique. Leur introduction a été discutée et est toujours d’actualité. Maintenant, il faut savoir que la problématique que l’on a sur ce volet est que l’on n’a pas suffisamment de quantités de production, ni en Dodge, ni en RAM, pour couvrir toute la demande mondiale. À l’image du Grand Cherokee Trackhawk de 707 ch, les modèles de ces deux marques sont extrêmement puissants et donc assez gloutons. Malgré cela, ce sont aussi des véhicules d’image que beaucoup de gens veulent acheter. Notre stratégie sera de nous axer d’abord sur RAM que nous pourrions avec un peu de chance introduire au Maroc vers la fin de l’an prochain. 

Jalil Bennani / Les Inspirations Éco

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