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Pétrole & Gaz. Le Maroc dessine son hub énergétique

Hier, à l’ouverture du 2e sommet marocain du pétrole et du gaz, qui se poursuit aujourd’hui à Marrakech, les équipes de l’Office national des hydrocarbures et des mines ont déployé un trésor d’ingéniosités pour séduire les investisseurs.


Le Maroc tisse sa toile de futur hub énergétique. C’est dans ce dessein que s’inscrit la tenue de la 2e édition du sommet marocain du pétrole et du gaz, qui se poursuit aujourd’hui à Marrakech. En effet, l’objectif de l’ONHYM (Office national des hydrocarbures et des mines), l’hôte de cette rencontre, à laquelle prennent part des ministres, des représentants de plusieurs pays africains, des experts de l’industrie pétrolière et gazière et certains de ses partenaires, est d’en sortir avec des contrats qui vont lui permettre de muscler davantage l’amont du secteur énergétique à travers la redynamisation de l’exploration pétrolière et gazière où le Maroc présente un énorme potentiel.

Diversité géologique
«Avec une superficie totale d’exploration de l’ordre de 737 850,4 km², et un portfolio de prospect diversifié non encore testé par forages, le Maroc dispose d’un vaste éventail d’opportunités d’exploration offrant à nos partenaires une grande diversité géologique allant du Paléozoïque au Cénozoïque en onshore, et dans les domaines offshore méditerranéen et atlantique», a notamment confirmé Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM dans son allocution prononcée à l’ouverture du sommet. Les hydrocarbures existent au Maroc dans différentes séquences sédimentaires, du Paléozoïque au Néogène. Ils sont représentés par divers gisements de pétrole et de gaz avec du gaz biogénique dans le Rharb, du condensat et/ou du gaz thermogénique à Essaouira et dans les Hauts Plateaux, du pétrole léger à Essaouira et le Pré-Rif, et du pétrole lourd dans les régions offshore de Tarfaya et d’Agadir. En outre, de nombreux suintements de pétrole dans les domaines rifain et atlasique et des indices d’huile et de gaz, ont été enregistrés lors des forages dans la plupart des bassins sédimentaires marocains. Donc, l’espoir de trouver un jour du pétrole au Maroc est permis. Selon Amina Benkhadra, «le Maroc partage de nombreuses similitudes géologiques avec les plus grands gisements producteurs au monde». À l’Est, la géologie du Maroc représente la continuité de la prolifique province triasique algérienne et de la plate-forme hercynienne saharienne. À l’Ouest, le royaume est bordé par la marge passive atlantique méso-cénozoïque, où des découvertes de classe mondiale ont été effectuées, notamment dans le bassin Mauritanie – Sénégal – Gambie – Guinée Bissau et Guinée Conakry (MSGBC), qui ont mis à jour le potentiel d’une nouvelle province pétrolière en eaux profondes. À l’ouest, il est important de souligner les similitudes géologiques avec la Nouvelle-Écosse de l’autre côté de l’océan Atlantique.

Un grand potentiel à valoriser
Ceci étant, Amina Benkhadra a conscience que «valoriser ce potentiel et faire en sorte que le Maroc contribue à l’approvisionnement énergétique mondial, nécessite un partenariat transfrontalier et un engagement en faveur de l’innovation, des investissements et de l’intégration». Valoriser ce potentiel nécessitera, en effet, des investissements financiers de grande envergure de la part des futurs partenaires du royaume. C’est pourquoi l’ONHYM a commencé à leur baliser le terrain, notamment en agissant sur plusieurs axes. L’ONHYM propose à ses partenaires l’un des meilleurs termes fiscaux au monde. L’office met également à leur disposition une base de données gratuite composée de 60.000 km² de données sismiques 3D, 229 000 km2 de données sismiques 2D et 87 puits. Ceci sans oublier la nouvelle base de données moderne en cours d’acquisition, les nouveaux play concepts développés et les nouvelles découvertes réalisées. Amina Benkhadra s’est aussi longuement apesantie sur la coopération Sud-Sud du Maroc en matière énergétique, notamment sur le projet du gazoduc Maroc-Nigeria promis à un bel avenir. Pour autant, est-ce que tous ces arguments déployés par l’ONHYM sont suffisants pour attirer de nouveaux investisseurs dans l’amont énergétique au Maroc ? Le ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable, Aziz Rabbah (photo) est formel: «le gazoduc Maroc-Nigéria n’est pas un projet uniquement commercial. Lors de son lancement, le souverain lui-même a veillé à ce que ce soit un vrai partenariat stratégique, avec tout ce que ce mot recouvre, entre les 12 pays traversés le long de son tracé. Et c’est sur ce même schéma que nous travaillons également en interne». Autrement dit, ce pipeline ne sera jamais un outil de pression politique, comme ce que l’on voit entre la Russie et l’UE. 

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