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Pays de la Méditerranée : quelle place dans le nouvel ordre économique mondial ?

Comment repenser les relations entre les pays de la rive sud de la Méditerranée et leurs partenaires du Vieux continent ? La Fondation Attijariwafa bank pose le débat…

Dans le cadre de son cycle «échanger pour mieux comprendre», la Fondation Attijariwafa bank a organisé le 27 mai, une conférence digitale autout du thème : «Le monde d’après: quelle place pour les pays de la rive sud de la Méditerranée ?». Cette rencontre a été animée par Fathallah Sijilmassi, CEO de Positive Agenda Advisory, et Agnès Levallois, maîtresse de recherche à la fondation de recherche stratégique (FRS).


Le choix du thème de cette rencontre modérée par Zakaria Garti, principal Banker à la BERD et acteur associatif, ne relève en rien du hasard. Ensemble historique et culturel, le monde méditerranéen a toujours été un espace sensible aux différentes mutations et évolutions qu’elles soient énergétiques, démocratiques, politiques ou même sanitaires. Si la crise liée à la Covid-19 a lourdement perturbé les chaïnes de valeurs et d’approvisionnement, elle a peut-être posé les jalons d’un nouvel ordre économique mondial. Un ordre dans lequel la Méditerranée, zone d’échanges de premier plan, entend bien jouer un rôle primordial. Mais la question qui se pose à ce niveau demeure celle du «comment».

Tout au long de cet échange, les deux principaux invités ont tenté d’apporter des répondes. Et à ce propos, Fathallah Sijilmassi est d’avis que le bouleversement provoqué par la pandémie du nouveau coronavirus appelle à une reconfiguration dans les relations entre les pays de la rive sud de la Méditerranée et leurs partenaires du reste du monde, en particulier ceux européens.

Dans le monde post Covid-19, poursuit-t-il, l’Europe ne peut plus considérer sa relation avec le Sud comme une coopération au développement et qui vise à promouvoir uniquement les importations de matières premières vers le Vieux continent. Fini les aides de l’Europe en échange d’une lutte contre les flux migratoires. «Le monde bouge, avance, et de plus en plus vite», insiste le spécialiste pour qui certains pays comme le Maroc ont déjà conscience de cette nouvelle donne et se préparent au monde d’après Covid-19.

Une Europe repliée sur elle-même
Le royaume a dévoilé récemment le contours de son Nouveau modèle de développement. Fruit d’un large processus participatif d’écoute, de débats et de réflexion, ce document de 170 pages a pour objectif de «libérer les énergies et restaurer la confiance pour accélérer la marche vers le progrès et la prospérité pour tous». Ce qui cadre effectivement avec les réalités du monde de l’après Covid-19, souligne Fathallah Sijilmassi pour qui cette dynamique «doit se consolider d’abord dans les pays, au profit des populations, et ensuite dans les relations internationales».

Ce nouveau paradigme dans les relations entre les pays de la rive sud de la Méditerranée et l’Europe est dans l’intérêt du Vieux continent. «Un partenariat solide entre les pays forts du sud de la Méditerranée et l’Europe est un facteur de compétitivité pour le Vieux continent», détaille l’ancien diplomate. Sauf que dans l’autre rive de la Méditerranée, c’est plutôt le repli sur soi qui prime. On l’ a vu avec l’émergence de nouvelles politiques populistes dans un certain nombre de pays européens, qui au lieu de s’ouvrir entre eux se recroquevillent au-delà de leurs frontières, confirme Agnès Levallois.

Selon l’enseignante à l’IEP Paris, la Covid-19 a été instrumentalisée par certains pays pour mettre en avant cette idée protectionniste qui avait disparu dans le monde pré-Covid-19, beaucoup plus ouvert. «Dans tous les cas, on est face à de vraies évolutions pour lesquelles on n’a pas de vraies réponses», explique-t-elle. En revanche, poursuit la vice-présidente de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), ce qui est certain c’est qu’il y a de plus en plus de sociétés qui ont tendance à se replier sur elles-mêmes.

«Tout le monde a été malmené et du coup, il y a un sentiment de peur et d’inquiétude qui a tendance à provoquer un repli sur soi et c’est là qu’il faut travailler des deux rives de la Méditerranée», recommande-t-elle avant d’ajouter que ce défi incombe aussi bien aux États qu’ aux sociétés. 

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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