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Paiement mobile. Les raisons de la réticence

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Comment doper la dynamique du paiement mobile au Maroc, sachant que les Marocains restent attachés à l’usage du cash?

Il faut prendre en compte le gisement d’opportunités qu’offre cette solution, préconisent les experts. A commencer par le fait que le paiement mobile est une excellente voie de lutte contre l’exclusion financière.


« Quand on sait qu’un Marocain sur deux a accès à Internet dispose d’un smartphone, que la pénétration de l’Internet mobile s’élève à 130% et que les 2/3 de la population adulte est exclue du système financier… Il faut avouer que les services du mobile money offrent un énorme potentiel », estime Mohamed Douyeb, Président cofondateur du think tank Digital Act.

L’expert souligne que le smartphone est devenu une sorte de porte-monnaie électronique, et chaque numéro de téléphone équivaut à un numéro de compte exclusif. Ce numéro de compte équivaut au numéro du téléphone portable. « Au Maroc, les portefeuilles mobiles sont en passe de devenir une alternative populaire au paiement en cash. Faciles à utiliser, sécurisés, ils sont accessibles partout où il y a un réseau télécom et un signal de téléphone », ajoute-t-il.

Avec le défi de l’inclusion financière, où se situent les gisements de croissance pour le m-payment ? Douyeb estime qu’il ne faut surtout pas considérer les services financiers mobiles comme une menace pour la banque ou les réduire à une simple extension de l’offre des services des opérateurs télécoms.

« Il s’agit d’un tournant stratégique qui influencera leur croissance respective au cours des prochaines années. Les gisements de croissance sont de taille. Prenez par exemple la microfinance, qui couvre à peine 2,5% de la population (15% au Pérou), ou la microassurance, au moyen de laquelle seule 1,6% de la population est couverte (30% aux Philippines) », détaille-t-il.

Le mobile money est un levier majeur pour développer l’inclusion de ces populations afin d’avoir accès à des services financiers qui faciliteront, à terme, leur inclusion économique, ajoute la même source, évoquant également l’impact de ce service sur le développement de l’économie sociale et solidaire.

Qu’en est-il alors des commerçants? Pourquoi sont-ils réticents? Faut il revoir la fiscalité, les commissions… ? Le président du think tank Digital Act insiste sur la prise en compte de certaines « actions symboliques très ancrées et enracinées dans la culture marocaine ». Il cite à cet égard, « le carnet de crédit (kounnach) de l’épicier qui mérite d’être digitalisé dans la mesure où c’est un moyen de généralisation de la technologie et de fidélisation de la clientèle ».

Néanmoins, « il existe de fortes pressions sur les commerçants, notamment de la part d’une partie des grossistes qui ne voient pas d’un bon œil le déploiement du mobile money. D’où le travail de sensibilisation titanesque qui doit être mené, à commencer par l’État qui peut, à titre d’exemple, prévoir des mesures incitatives concrètes et promouvoir l’éducation financière autour du mobile money », estime Douyeb.

Un premier signal a été donné dans le cadre de la loi de Finances 2020 à travers l’abattement de 25% de la base imposable relative au chiffre d’affaires réalisé par paiement mobile. « Un geste qui reste timide, selon plusieurs experts », rappelle notre source.

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