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ONHYM : chère, la facture de la conjoncture !

La vente d’hydrocarbures n’a généré, à fin 2020, qu’un chiffre d’affaires de 143,08 MDH, contre 164,2 MDH en 2019. L’ONHYM explique que c’est à cause de la baisse des prix du fuel n°2 et du fuel spécial sur lesquels les prix du gaz naturel et du condensât sont respectivement indexés. En tous cas, même la redevance du Gazoduc Maghreb Europe a accusé une baisse de 25,5%. Les détails.

L’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) a tenu son 17e conseil d’administration, mardi dernier, sous la présidence de Aziz Rabbah, le ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement. L’occasion pour Amina Benkhadra, directeur général de l’ONHYM de présenter l’activité de l’office en 2020, le projet de budget 2021 et le plan triennal 2021-2023 (Voir encadré). Pour commencer, la patronne de l’ONHYM a campé le décor en affirmant que «la pandémie a fortement impacté le secteur des hydrocarbures, puisqu’elle a conduit à une chute de 32,7% des cours et à une baisse de 30% des investissements mondiaux dans ce domaine en 2020. Même l’exploration minière n’a pas été épargnée, car les investissements mondiaux ont également connu une baisse de 11% l’année dernière». Bien entendu, a-t-elle poursuivi, «les résultats financiers de l’office ont été affectés par la morosité du secteur, due principalement à la baisse des recettes liées à la vente de gaz sous l’effet de la pression sur les prix de vente et à la baisse des recettes des redevances et des dividendes de notre portefeuille minier, liée à la chute des cours des matières premières».


Baisse des recettes de vente de gaz
En effet, les livraisons de gaz naturel ont connu une légère diminution de 1,06% en 2020 par rapport à l’année 2019 ; tandis que les livraisons du condensât, elles ont enregistré une augmentation de 89,3%. Et ce léger recul a suffi pour impacter la vente d’hydrocarbures qui n’a généré à fin 2020 qu’un chiffre d’affaires de 143,08 millions de DH (MDH) H.T, contre 164,2 MDH H.T en 2019. Une situation que l’ONHYM explique par les baisses des prix du fuel n°2 et du fuel spécial sur lesquels les prix du gaz naturel et du condensât sont respectivement indexés. En tout cas, même la redevance du Gazoduc Maghreb Europe (GME), perçue par le gouvernement marocain pour le transit du gaz naturel aux clients européens, a baissé. En effet, le volume du gaz naturel algérien qui a transité par le GME, à fin décembre 2020, a connu une baisse de 25,5% par rapport à l’année 2019 à cause de la concurrence du gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis sur le marché européen. Heureusement, les effets de la pandémie ne sont pas allés plus loin. Dans l’ensemble, les activités d’exploration se sont, en effet, bien portées. Au niveau de l’exploration d’hydrocarbures conventionnels, l’ONHYM a pu travailler avec 13 sociétés partenaires en 2020 sur une superficie totale de 126.915,08 km² répartie en 28 permis onshore, 26 permis offshore, 2 autorisations de reconnaissance onshore et 1 autorisation de reconnaissance offshore et 9 concessions d’exploitation (dont 1 ONHYM).

L’exploration peu impactée
L’année 2020 s’est ainsi caractérisée par le forage de 5 puits, par le partenaire SDX dans le Gharb dont 3 sont positifs. Les investissements, en prévision de clôture, étaient évalués à 398,49 MDH par les partenaires et à113,77 MDH pour l’ONHYM. S’agissant de l’activité partenariat en hydrocarbures, elle a été marquée, en 2020, par la signature de 2 contrats de reconnaissance, 7 avenants aux accords pétroliers, 2 mémorandums d’entente et 1 avenant au mémorandum d’entente. Ceci sans oublier la signature d’un contrat de reconnaissance avec la société ConocoPhillips, considérée comme l’un des acteurs majeurs de l’industrie pétrolière internationale. En matière d’exploration minière en 2020, les travaux de recherche ont porté sur 47 projets situés dans les zones les plus prometteuses du pays. Les travaux propres de l’ONHYM ont concerné 34 projets, dont 11 pour les métaux précieux, 9 pour les métaux de base, 7 pour les roches et minéraux industriels, 4 pour la reconnaissance minière et 3 projets spéciaux (géothermie et hydrogène). Alors que ceux des partenaires ont intéressé 13 projets, dont 3 pour les métaux précieux, 6 pour les métaux de base et 4 pour les roches et minéraux industriels. À signaler que, dans le cadre de la recherche stratégique, les travaux ont concerné le projet intégré d’exploration minière dans l’Anti-Atlas, les couvertures géochimiques dans les provinces du Sud, la campagne de géochimie dans le Haut-Atlas central, les études des données géo-scientifiques dans le Maroc central et dans l’Adrar Soutouf (provinces du Sud), la géothermie et la recherche de l’hydrogène naturel. À fin décembre 2020, l’activité de partenariat minier a été marquée par la signature d’un protocole d’accord entre l’ONHYM et la société HSMM, portant sur le domaine minier de Rhouirat N’Has, et une convention de recherche avec la société Stellar Africagold portant sur le domaine minier Tichka-Est.

Le plan triennal 2021-2023 de l’ONHYM

Face à la conjoncture particulière que traverse le secteur des ressources naturelles, l’ONHYM a défini un plan triennal de développement 2021-2023 qui prévoit plusieurs actions. En matière d’exploration pétrolière, l’ONHYM a décidé de lancer une campagne d’acquisition sismique dans le bassin de Zag (1.250 km) et de poursuivre les travaux sur les bassins onshore (Mesorif, Laâyoune, Boujdour, Boudenib, Guercif, Essaouira, Errachidia). Dans ce même cadre, les partenaires de l’office prévoient l’acquisition de 650 km de sismique 2D, 1.500 km2 de sismique 3D et le forage de 19 puits. Concernant l’exploration minière, les actions prévues vont s’articuler autour des zones les plus prometteuses pour les métaux précieux, les métaux de base et les roches et minéraux industriels, à savoir les provinces du Sud, l’Anti-Atlas, le Haut-Atlas et l’Oriental. Des projets intégrés de recherche minière par les moyens propres sur le Maroc central et la zone CADETAF ont permis de déceler des cibles de recherche prioritaires qui vont faire aussi l’objet de travaux d’exploration. Alors qu’en matière de production, les projets ciblés, sur les trois années, portent sur le développement de la production du puits MKL-110 à Meskala et des bassins du Gharb et de Tendrara.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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