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Montée des risques financiers : les résultats de Bank Al-Maghrib décrochent

La Banque centrale a dégagé un résultat net de 937 MDH en 2021. Les résultats ont été affectés par une dotation pour dépréciation de bons du trésor étrangers et assimilés, dans un contexte de hausse des taux d’intérêt, et par la baisse du recours des banques à la monnaie centrale. Si Bank Al-Maghrib est le plus souvent évaluée sur sa capacité à préserver la stabilité des prix et son soutien à l’économie, ses performances financières, elles, sont utiles à la collectivité via le canal des impôts et des dividendes.  

Après une décennie d’accalmie, Bank Al-Maghrib est actuellement mobilisée à combattre une inflation qui s’est intensifiée depuis le début de l’année. Si la Banque centrale est le plus souvent évaluée sur sa capacité à préserver la stabilité des prix et son soutien à l’économie, ses performances financières, elles, sont utiles à la collectivité via le canal des impôts et des dividendes.


L’année dernière, elle a dégagé ainsi un bénéfice de 937 MDH. Le résultat net s’affiche en baisse de 44% en lien, notamment, avec une dotation de 484 MDH pour dépréciation de bons du Trésor étrangers et assimilés et la baisse des concours aux banques.

Hausse des risques financiers dans un contexte de remontée des taux d’intérêt

Les revenus tirés de la gestion des réserves de change ont diminué d’1/3 à 1,6 MMDH dans le contexte de hausse généralisée des taux souverains obligataires. Les avoirs en devises sont investis à hauteur de 80% en titres obligataires, soit 239 MMDH à fin 2021. Evalué à 298 MMDH à la même date, le portefeuille global sous gestion est composé de titres notés en moyenne «AA-».

Les réserves de change sont majoritairement investies dans les titres souverains, en Europe et en Amérique du Nord, avec une structure par devise proche du panier de cotation du dirham pour mitiger le risque de change. Les expositions sur l’Asie et l’Afrique représentent 11% et 12% sur les supranationaux. Quant aux produits issus de la conduite de la politique monétaire, ils ont baissé de 27%, à 1,3 MMDH. L’amélioration de la liquidité bancaire a limité les recours aux financements de la Banque centrale.

Par ailleurs, ces derniers se sont contractés à un taux de 1,5% contre 2,25% au premier trimestre 2020, 2% au deuxième trimestre et 1,5% le reste de l’année. La baisse des deux principaux pôles de revenus de la Banque centrale est en partie compensée par la hausse de 31% du résultat de ses autres opérations. Face à des charges d’exploitation en hausse de 2% à 1,9 MMDH, le résultat brut d’exploitation ressort en baisse de 39% à 1,8 MMDH. À fin 2021, le total bilan de la banque s’est renforcé de 5% à 432 MMDH

22 tonnes d’or en coffre-fort

En dehors des devises, le stock d’or détenu par la Banque centrale reste inchangé depuis plusieurs années à 22 tonnes. Il est valorisé à 12 MMDH, suite à une légère appréciation du cours de l’once d’or contre le dirham.Par ailleurs, suite à l’allocation générale de 456 MMDTS approuvée par le FMI en faveur des pays membres, le compte du Maroc a été crédité de 857,2 M de DTS, l’équivalent de 11 MMDH. En fin d’année, le montant cumulé des avoirs en DTS s’est établi à 1,46 MMDTS (516 MDTS en 2020) et celui des allocations à 1,42 MMDTS (561 MDTS en 2020).

 

Franck Fagnon / Les Inspirations ÉCO


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