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Mehdi Benbachir: « L’entrepreneuriat est un moteur clé de la croissance »

Mehdi Benbachir. Directeur général adjoint de Société Générale Maroc

Selon le management de Société Générale Maroc, la crise sanitaire actuelle a mis en exergue de nouveaux éléments, de nouveaux paradigmes ainsi que de nouvelles opportunités. Leur prise en compte conditionne le succès de toute aventure entrepreneuriale.


La crise sanitaire a mis à mal le tissu économique national. Comment jugez-vous les différentes initiatives mises en place pour soutenir le tissu entrepreneurial ?
Durant la crise sanitaire et la mobilisation nationale qu’a connues le royaume, le secteur financier a été en première ligne pour maintenir la continuité des activités bancaires, tout en assumant son rôle consistant à assurer la relance de l’activité économique des entreprises et, ainsi, atténuer les chocs induits par cette pandémie. Par le biais du Comité de veille économique, de nouveaux mécanismes de crédit ont vu le jour, distribués par les banques et garantis par l’État. Ces mécanismes innovants, en l’occurrence Damane Oxygène, Damane Relance et Damane TPE, sont destinés à soutenir et accompagner la relance des entreprises dont l’activité a été impactée par la crise sanitaire. À ce jour, le bilan de ces mécanismes est positif. Au 31 décembre 2020, plus de 86.000 crédits ont été distribués au titre des deux dispositifs Damane Oxygène et Damane Relance. Par ailleurs, l’État a lancé le programme Intelaka en janvier 2020, conformément aux hautes directives royales. Ce programme novateur a pour objectif le soutien de l’entrepreneuriat, en donnant une forte impulsion au financement bancaire des auto-entrepreneurs, TPE et petites entreprises exportatrices. Après des débuts prometteurs et une forte dynamique affichée pendant les trois premiers mois de 2020, la mise en œuvre du programme Intelaka a connu une baisse de régime avec l’avènement de la crise sanitaire. On dénombre ainsi un total de 9.443 projets ayant bénéficié d’un financement dans le cadre de ce programme, pour une enveloppe globale de 1,5 MMDH. L’année 2021 connaîtra certainement une amélioration significative de cette dynamique avec la normalisation progressive de l’économie.

Que pensez-vous du développement de l’entrepreneuriat ?
Le Maroc a connu ces dernières années le lancement de plusieurs politiques et initiatives destinées à accélérer la croissance économique, notamment à travers l’instauration de mécanismes propices à la création d’entreprise et la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes. Des avancées significatives ont été réalisées en la matière, ce qui a participé à la progression du PIB national au cours des deux dernières décennies. Aujourd’hui, avec le programme Intelaka et ses composantes Financement et Accompagnement, nous disposons d’une vision intégrée destinée à booster la création d’entreprises ainsi que la création d’emplois, avec un impact significatif sur l’économie nationale. Bien que la crise pandémique ait ralenti la dynamique qu’a connue le programme Intelaka au lendemain de son lancement, la marge de croissance est énorme compte tenu du nombre de bénéficiaires ciblés par ce programme, qui s’élève à près d’un million de personnes. Grâce à la garantie de l’État, les crédits octroyés dans le cadre de ce mécanisme peuvent progresser pour atteindre 56 MMDH. C’est une plus-value considérable pour l’économie nationale et en termes de création d’emplois.

Quel serait l’intérêt de la promotion de l’entrepreneuriat pour notre pays ?
Dans toute économie, l’entrepreneuriat est un moteur clé de la croissance. C’est un vecteur important de création de richesse et d’emplois, ainsi qu’un réel levier de développement socioéconomique. La dynamique entrepreneuriale permet de créer aussi bien des emplois directs qu’indirects, ce qui permet d’agir sur les taux de chômage – spécialement parmi les jeunes. En outre, la promotion de l’entrepreneuriat aboutit à la création de richesse au niveau national mais aussi régional, ce qui permet de réduire les disparités territoriales et promouvoir ainsi un développement régional équilibré. L’entrepreneuriat entraîne en effet dans son sillage le développement des services, des infrastructures…. Ainsi, cet important levier de développement peut assurer une répartition plus homogène des richesses, sur l’intégralité du territoire, corrélée à une amélioration significative du niveau de vie. La promotion de l’entrepreneuriat permettra donc l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, porteurs de projets innovants, avec à la clé une amélioration progressive de la compétitivité de notre pays ainsi que des conditions socioéconomiques des populations.

Selon vous, que reste-t-il à faire pour vraiment promouvoir l’entrepreneuriat ?
Comme je l’ai précédemment souligné, le programme Intelaka apporte aujourd’hui un soutien très fort à l’entrepreneuriat, par le biais de ses composantes de financement et d’accompagnement des jeunes créateurs d’entreprises. Ce qui est également nécessaire, c’est de travailler au développement de l’esprit entrepreneurial, spécialement parmi les jeunes. Acquérir cet état d’esprit ne se fait pas du jour au lendemain. À mon sens, il est possible d’instaurer des programmes d’enseignement et de formation en entrepreneuriat à tous les niveaux de cursus scolaire. C’est ainsi que les jeunes pourront développer un mindset d’entrepreneur tout en acquérant les compétences nécessaires au développement de leurs projets.

Quelle est la stratégie de Société Générale pour l’accompagnement de l’entrepreneuriat au Maroc ?
Depuis plusieurs années, Société Générale Maroc a placé l’accompagnement de l’entrepreneuriat au cœur de ses orientations stratégiques. Les professionnels et les TPE représentent à ce titre un axe clé du développement de la banque. Ainsi, Société Générale Maroc poursuit le déploiement de son plan d’accélération destiné à renforcer son dispositif d’accompagnement en faveur des entrepreneurs. Cela se traduit par une série de programmes et de mécanismes, dont notre programme-phare qui s’articule autour des ‘’référents TPE’’, un dispositif innovant déployé dans chaque région du royaume. Nos référents TPE sont des banquiers-experts qui justifient d’une solide expérience dans la gestion de la clientèle des professionnels et TPE. Cette expérience a été étayée par des parcours de formation dédiés, conférant à nos référents une expertise pointue en matière de conseil et d’assistance aux nouveaux porteurs de projet.

La banque joue un rôle important dans l’accompagnement à la création d’entreprise. Quels sont vos conseils dans ce sens ?
L’acte d’entreprendre est un formidable levier de réalisation personnelle et professionnelle. Mais ce choix peut s’avérer risqué, sur le plan financier et personnel, s’il n’est pas accompagné en amont d’une démarche structurée et réfléchie. Notre rôle est justement d’accompagner les jeunes entrepreneurs dans la concrétisation de leurs ambitions, par une démarche de financement, de conseil et d’accompagnement qui permettra de garantir la pérennité de leur activité. La crise sanitaire actuelle a mis en exergue de nouveaux éléments, de nouveaux paradigmes ainsi que de nouvelles opportunités, dont la prise en compte est primordiale pour le succès de toute aventure entrepreneuriale. Si je peux donner des conseils aux jeunes entrepreneurs, c’est tout d’abord de croire en leur potentiel, de développer leur capacité d’innovation et surtout d’adapter et redimensionner leur projet en tenant comptes des nouvelles donnes.

Sanae Raqui / Les Inspirations éco Docs

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