Éco-Business

Marrakech-Safi. Khalid Bitar: « Nous valorisons la feuille de l’arganier »

Entretien avec Khalid Bitar. PDG fondateur d’Ircos Laboratoires

Quels sont les “plus” de Botanika ?
La marque Botanika Marrakech est faite à base d’huile d’argan et d’extrait de feuille d’arganier. Justement, notre objectif était de valoriser cette dernière. De ce fait, nous avons développé une formule novatrice en collaboration avec une université italienne pendant cinq ans. Il s’est avéré que la synergie entre l’huile d’argan et la feuille d’arganier donne un produit de très bonne qualité. L’extrait de feuille d’arganier est très riche en oligoéléments, en polyphénols et en vitamine E. Botanika est la seule marque au monde à combiner ces extraits. La marque propose 8 gammes de produits élaborées selon des formules saines, respectueuses de l’environnement et à des prix abordables, à base d’huiles végétales et essentielles et d’extraits de végétaux bio, sans parabène, sans sels d’aluminium, sans OGM et non testés sur les animaux.


Quels sont les défis auxquels vous avez été confronté ?
Les extraits de plantes et les huiles essentielles au Maroc ne manquent pas. Mais le gros problème réside dans la traçabilité. Au départ, nos fournisseurs n’avaient pas la capacité de fournir ce type d’informations sur la matière première que nous utilisons. Aujourd’hui, plusieurs fournisseurs prennent de plus en plus conscience de cet aspect, mais ce problème persiste. D’ailleurs, nous ambitionnons de créer un véritable écosystème autour de ces matières premières. Nous ambitionnons même de produire nous-mêmes nos extraits de plantes, surtout que le Maroc n’en manque pas : il compte plus de 4.200 espèces de plantes identifiées.

Qu’en est-il de la qualité de l’huile d’argan ?
Nous savons tous que l’arganier représente une vraie richesse pour le Maroc. Notre pays se distingue aussi à l’international avec ses produits à base d’argan. Toutefois, le frein réside dans la qualité de l’huile d’argan. La spéculation autour du prix de vente du fruit de l’arganier joue un rôle important. En effet, après la récolte, la majorité des producteurs concassent le fruit de l’arganier et attendent de le vendre au meilleur prix. D’où l’oxydation : l’amandon, une fois extrait de sa coque, s’oxyde au bout d’une heure. Pour éliminer l’oxydation, il faut raffiner l’huile, perdant ainsi au minimum 23% de ses actifs. Il faut dire que la stratégie de l’État est bancale pour le développement de l’arganier ; cependant, nombre d’organismes se mobilisent pour développer cette filière.

Vous avez tout de même réussi à créer un écosystème performant autour de votre activité…
Notre laboratoire puise son efficacité dans les matières premières naturelles issues de l’agriculture biologique, produites par des coopératives de la région. D’ailleurs, nous avons sensibilisé les coopératives avec lesquelles nous collaborons au travail à la chaîne, afin d’assurer une meilleure qualité de l’huile d’argan que nous utilisons pour nos produits. Nous travaillons par ailleurs pour la mise place d’une unité d’extraction d’huile d’argan.

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco Docs

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