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Le Maroc peut mieux faire !

Des experts arabes mettent en garde contre la montée des discours «populistes» qui appellent à un retour à l’interventionnisme et au dirigisme économique ainsi qu’aux dangers liés à l’isolement de plusieurs pays arabes. Le Maroc occupe le milieu du tableau au sein des pays arabes et est passé de la 14e à la 12e place entre 2015 et 2016.


Lors du congrès tenu les 3 et 4 décembre à Rabat sur la liberté économique dans le monde arabe, les experts présents lors de cette rencontre ont été presque unanimes à propos d’une levée rapide des entraves qui se dressent encore devant les investissements dans le monde arabe. Plusieurs indicateurs ont été passés en revue lors de ce congrès, le 11e du genre, qui établit un classement des pays arabes pour «les facilitations financières», «la liberté du commerce» et «le marché du travail», comme principaux critères de classement. À l’issue des analyses effectuées par le Centre arabe des sciences, conjointement avec «Fraser Institute» du Canada et la Fondation Friedrich Naumann, le Maroc a progressé de deux places, passant de la 14e place à la 12e dans l’échelle de la liberté économique, avec une légère hausse de l’indicateur adopté, qui est passé de 6,5 à 6,6.

Les détails de la nouvelle place occupée ex aequo avec l’Égypte révèlent que l’indicateur portant sur «les dépenses du gouvernement» a augmenté de 0,1 point, pour atteindre 6,2, «ce qui a permis au Maroc de passer de la 15e à la 14e place occupée en 2015, précise le rapport. Concernant les autres critères analysés par l’échelle de la liberté économique, les réalisations du Maroc ont été inégales. Ainsi le pays occupe la 8e place avec 7,3 points en matière de facilités financières accordées aux investisseurs, et la 9e place pour l’évaluation faite à la liberté du commerce. «Le Maroc a régressé à la 14e place pour les critères relatifs au marché du travail et des activités économiques, au lieu de la 11e place», indique le rapport qui ajoute qu’il intègre les 5 critères adoptés au niveau mondial. Le diagnostic qui a porté sur 21 pays sur les 22 formant la Ligue arabe intègre également d’autres critères comme l’évaluation du «Code de commerce», «La liquidité bancaire» et «La protection du droit de propriété».

Une lente évolution au sein de la région
Hormis les Émirats arabes unis qui sont arrivés en tête du classement avec 8,2 points ainsi que de la bonne performance de la Jordanie et du Bahreïn avec respectivement 8,1 et 8 points, les experts présents lors de ce congrès ont insisté sur la démarche volontariste qui doit émaner des pouvoirs publics en vue d’améliorer plusieurs initiatives, qui ont été conçues en vue d’ôter les entraves majeures pour la promotion des investissements et la création de l’emploi.L’une parmi les plus importantes recommandations qui ont été formulées renvoie à la mise en garde «contre la montée des discours populistes qui appellent à un retour à l’interventionnisme et au dirigisme économique ainsi qu’aux dangers liés à l’isolement de plusieurs pays arabes».

L’une des missions urgentes à effectuer reste sans aucun doute «la mise en place d’un critère objectif et fiable d’évaluation de la politique économique suivie au sein de tous les pays arabes et qui permettra d’évaluer la capacité des citoyens des pays membres de la Ligue arabe de prendre librement leurs décisions économiques», selon les congressistes présents lors de cette rencontre annuelle. Composé de 70 pages, le rapport final déplore la situation de certains pays de la région arabe, comme l’Irak et la Libye, et dont «les données préliminaires ne laissent présager aucun changement à court terme, avec des menaces directes de la liberté économique». Il est à noter que la capacité à drainer les investissements devra être renforcée durant le prochain mandat dans la double optique d’améliorer le classement du Maroc et l’encouragement des entrepreneurs.

L’amélioration significative du classement du Maroc passe aussi par l’application scrupuleuse de la feuille de route destinée à fluidifier les rapports entre les commissions régionales d’investissements avec la commission nationale, lesquelles vont intégrer de nouveaux indicateurs. C’est le cas pour la mise en place d’une plateforme de simplification des procédures «e-régulation», qui aura comme tâche l’affichage des procédures de gestion des réclamations émanant des opérateurs ou encore la généralisation d’un échange de données informatiques (EDI), qui sera le prélude d’une délivrance rapide du quitus fiscal.

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