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Le groupe se projette dans une approche régionale

C’est un nouveau virage qu’amorce le bras armé de l’État en matière de logement à l’occasion de son dixième anniversaire. L’Académie Al Omrane pour fructifier et transmettre un savoir-faire reconnu en matière de lutte contre l’habitat insalubre a été également lancée.


Le Groupe Al Omrane a fêté hier à Rabat les dix ans de son existence (voir le dossier spécial en pages centrales). Le bras armé de l’État en matière d’urbanisme et de logement a organisé  une Conférence internationale avec pour thème «Habitat, développement urbain et régionalisation : Défis de la durabilité et enjeux de la gouvernance territoriale de l’action publique». Ce fut aussi l’occasion de lancer  l’Académie Al Omrane, une entité qui a pour soubassement l’expertise et la compétence accumulées au fil des années. Elle aura aussi pour mission de garantir la transmission du savoir-faire et jouera le rôle de référence pour le groupe et le secteur de manière générale. Constituée de 28 membres, l’académie devra également maintenir les métiers du groupe et garantir la vieille technologique. Cette célébration à été aussi marquée par la signature d’une convention entre la Fondation Al Omrane et le ministère de la Jeunesse et des sports permettant aux enfants issus des logements de recasement de profiter des colonies de vacances gérées par les filiales d’Al Omrane.

Besoin d’assainir le secteur de l’immobilier
Le chef de gouvernement qui a pris part à l’événement, a mis l’accent sur ce chantier crucial qu’est la régionalisation. Saadeddine Othmani a souligné  que tous les secteurs doivent prendre en compte la dimension régionale et à leur tête celui de l’habitat. Certes,  des efforts considérables et palpables ont été menés  mais des villes continuent de souffrir du logement insalubre et de la prolifération des bidonvilles. «Réduire le déficit en logement de 50%, la disponibilité de logements décents dans les villes et les régions et le logement social n’empêchent pas que le secteur a besoin aujourd’hui d’innovation», a indiqué El Othmani qui a exhorté les responsables du secteur à trouver de nouvelles idées pour revoir les programmes de logement social et surtout pour lutter contre la spéculation afin de se mettre au diapason des besoins actuels. Tout en affirmant que le Groupe Al Omrane a eu un rôle prépondérant en matière de logement social, le chef de l’Exécutif a attiré l’attention sur le nécessaire accompagnement du secteur privé. Pour sa part, Fatna El Khiel, secrétaire d’État chargée de l’Habitat, a expliqué qu’avec un taux d’urbanisation de 60%, marié à l’exode rural, il faut trouver des solutions innovantes pour mieux cerner l’évolution du secteur de l’immobilier au Maroc. Dans cette perspective, le rôle des villes comme pôle de développement urbain ainsi que celui des différents intervenants doit se concrétiser en parfaite synergie. Ceci, dans un cadre contractuel pour des projets de qualité et respectueux de l’aspect urbanistique de chaque région.

72,5 MMDH d’investissement en 10 ans
Quant à Badre Kanouni, président du directoire du Groupe Al Omrane, il a mis tous ces défis dans un contexte marqué aussi par le passif des opérations historiques héritées des organismes intégrés il y a dix ans. Malgré cela, le groupe a bien tiré son épingle du jeu avec un total des investissements de 72,5 MMDH depuis sa création. Kanouni a mis en exergue les quatre phases par lesquelles le groupe est passé. La première (2004-2007) est celle de la refonte institutionnelle qui a abouti à l’intégration des sept Établissements régionaux d’aménagement et de construction (ERAC) en tant que filiales régionales. La seconde étape, (2008-2010) a été marquée par le lancement des chantiers relatifs au regroupement des activités et des ressources (holdings et filiales) permettant de se positionner parmi les plus grandes entreprises publiques du royaume. La troisième, (2011- 2015) au cours de laquelle Al Omrane a engagé des réformes managériales pour consolider son positionnement, moderniser sa gestion, développer et mutualiser l’expertise métier, renforcer la transparence et consolider les principes de bonne gouvernance. La quatrième phase a débuté en 2016 avec le lancement de Cap 2020 devant permettre au groupe de répondre aux défis liés aux changements conjoncturels et à la mise en place de la régionalisation.

Ce que l’Afrique peut apprendre du Maroc
Dans une intervention adressée aux participants, Joan Clos, SG adjoint de l’ONU et directeur exécutif d’ONU-Habitat, a souligné que le nouvel agenda 2030 des Nations Unies consacre une nouvelle vision de l’urbanisme en relation avec le développement. Pour le responsable, le Maroc a mené une politique volontariste en matière de lutte contre l’habitat insalubre. Et d’ajouter qu’une bonne stratégie de logement est importante aussi pour la stabilité sociale. C’est la raison pour laquelle, l’agenda 2030 pousse dans le sens d’un accès au logement plus équitable. Moussa Mara, ex-premier ministre et ex-ministre malien de l’Urbanisme, a mis cette problématique d’accès dans le concept de développement territorial qui consiste à ce que les populations puissent avoir accès aux mêmes services dont le logement. Or, explique le responsable, sans décentralisation effective, il est difficile de mettre en œuvre des politiques de développement territorial. «Nos politiques en Afrique sont conçues au centre et appliquées dans le territoire avec des résultats mitigés. Cette centralisation est un obstacle au développement», a souligné le responsable. Dans la majorité des pays africains, moins de 10% des ressources publiques vont dans les régions et les collectivités territoriales. Pour Mara, l’exemple d’Al Omarane est probant au Maroc et traduit cette volonté de développement urbain régionalisé.

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