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La valorisation des igoudars bute sur le mode de gestion

Bien que quatre greniers collectifs aient été restaurés au niveau de la province de Chtouka-Aït Baha, l’intégration des igoudars dans les différents circuits touristiques peine à se concrétiser. Décryptage


Sur les 400 greniers collectifs recensés au Maroc, le périmètre de Chtouka-Aït Baha abrite, à lui seul, 40 greniers fortifiés et actuellement, nombreux sont les igoudars (pluriel d’Agadir) qui sont tombés en ruine malgré les différents rôles utilitaires et multifonctionnels qu’ils remplissaient jadis au niveau de cette région. Jusqu’à présent, quatre greniers collectifs ont été restaurés au niveau de cette zone, notamment Imhiln, Idouran, Ikounka alors que le grenier collectif «Agadir Imchguiguilne» a été le dernier site ayant bénéficié d’une opération de restauration grâce à un financement mobilisé par le Conseil régional Souss-Massa de l’ordre de 1,3 MDH alors que le ministère de la Culture et de la communication a assuré l’accompagnement et le suivi des travaux de réhabilitation de ce site.

Situé dans la commune d’Aït Mzal sur une petite colline près du village d’Aït Abdellah, le grenier collectif «Agadir Imchguiguilne» porte le nom de la tribu Mechguigla. Son histoire remonte à près de 760 ans d’après la population locale et des documents qui le prouvent alors que la restauration a porté sur la réhabilitation de 131 chambres étalées sur 3 étages pour le stockage des denrées alimentaires durant les périodes de famine et de sécheresse ainsi que de défense des biens et des personnes durant les situations d’insécurité. En effet, chaque pièce était réservée à l’usage d’une famille où elle déposait sa récolte, mais aussi ses objets précieux. De plus, l’une des tours de guet a été restaurée tandis que les fondations d’une autre ont été découvertes alors que d’autres travaux ont porté sur la réhabilitation de la mosquée, les portes d’entrées et le système de collecte d’eau, qui permettait de remplir les réserves (matfia).

«Les greniers collectifs sont la première forme de l’activité bancaire qu’a connue l’humanité grâce à leur système de chambres destiné au stockage des denrées alimentaires, des récoltes ou encore des bijoux et de documents précieux, mais aussi du rôle de «lamine» (gardien) qui veille sur ces bâtisses», explique Khalid Alayoud, enseignant-chercheur et membre du Centre Souss-Massa pour le développement culturel.

Avant d’ajouter que «la valorisation des greniers collectifs au niveau de la région passe impérativement par le choix du mode de gestion de ce patrimoine afin de le sauvegarder et promouvoir ses différentes composantes matérielles et immatérielles». Aujourd’hui, bien que quatre greniers collectifs aient été restaurés au niveau de la province de Chtouka-Aït Baha, l’intégration des Igoudars dans les différents circuits touristiques peine toujours à se concrétiser à travers leur classement en tant que patrimoine national et leur valorisation à travers la mise en place d’un système de billetterie avec une inter-opération en concertation avec la population locale et des aménagements extérieurs.  

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