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«L’Aivam table sur une croissance de 5 à 10% en 2017»

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Adil Bennani, président de l’Aivam

L’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam) vient de rendre publique sa feuille de route pour les trois années à venir, baptisée CAP2020. Le point sur les principaux chantiers de ce plan d’action, avec le jeune président de l’Aivam, Adil Bennani.

Les Inspirations ÉCO :Quels sont les chantiers prioritaires d’ordre fiscal ?
Adil Bennani :  La fiscalité doit répondre à une logique économique. On ne met pas un taux d’imposition ou bien une formule sans avoir fixé un objectif précis de développement, au-delà de la collecte de la ressource fiscale. La différentiation des taux et taxes parafiscales doit avoir du sens. Aujourd’hui, les frais d’immatriculation, d’assurance et de vignette sont déterminés en fonction d’un certain nombre de formules (nombre de chevaux, diesel ou essence, etc) qui datent de plus de 40 ans. Or, les choses ont beaucoup évolué entre temps. Aujourd’hui, des moteurs d’un à deux litres sont beaucoup plus puissants qu’un ancien moteur de 3 litres. L’enjeu est de savoir dans quel sens nous voulons orienter la demande et d’adapter parallèlement les critères de différentiation fiscale et autres. Si nous voulons développer les véhicules propres, il va falloir agir sur la fiscalité. Nous allons discuter l’ensemble de ces aspects et proposer une feuille de route dans ce sens aux pouvoirs publics.


Que pensez-vous de l’impact de la mesure introduite par le projet de loi de Finances 2017 supprimant la vignette adossée aux véhicules propres ?
C’est une mesure intéressante au regard de l’effet médiatique qu’elle peut avoir. Mais d’un point de vue purement financier, son impact reste minime. Elle n’a quasiment pas d’impact significatif ni sur les recettes de l’Etat, ni sur nos clients. Mais le fait de ne pas avoir de vignettes à payer pour se procurer des véhicules et des technologies propres montre la volonté de l’Etat d’améliorer la qualité de l’air et le quotidien des citoyens.

Que prévoit votre plan d’action s’agissant des aspects liés au financement et à la relation avec les sociétés de crédit ?
Nous voulons améliorer la relation avec nos partenaires organismes de crédit, dans l’intérêt du client final. Nous pensons que les pratiques utilisées en matière de taux et de commissions pourraient être mal comprises. Nous serons en mesure de poser sur la table ce mode de fonctionnement afin de discuter des pistes d’amélioration avec nos partenaires.

Que comptez-vous faire pour lutter contre  la contrefaçon ?
Le marché est inondé de fausses pièces de rechange avec des emballages portant les noms des grandes marques de voitures. Au-delà de l’aspect économique et du manque à gagner pour les opérateurs, la pratique soulève un problème de sécurité qu’il va falloir réguler. Notre objectif au sein de l’Aivam est de mutualiser le savoir et les pratiques performantes dans ce domaine. Des actions menées par certains membres ont permis de bloquer des conteneurs de pièces contrefaites. Il y a eu pas mal de descentes chez les importateurs de fausses pièces. Si toute la profession se met en ordre, les opérateurs incrédules seront amenés à reconsidérer leur attitude.

Quid du marché de l’occasion ?
Aujourd’hui, il se vend trois fois plus de voitures d’occasion que de véhicules neufs. Contrairement à d’autres pays, le marché marocain de l’occasion est dominé par l’informel. Il y a des prérequis d’ordre législatif sur lesquels nous devrons travailler, si nous voulons améliorer la situation. Il va falloir d’abord régler certains soucis administratifs. Avant de payer toute reprise, il y a lieu de s’assurer que le véhicule n’est pas nanti ou saisi. En tant que professionnels, nous manquons de visibilité sur cette question. Les intermédiaires qui font aujourd’hui des transactions avec des procurations prennent un risque énorme. Le jour où le nouvel acquéreur ira immatriculer, il peut y avoir des surprises. Il y a aussi l’aspect sécuritaire dans la mesure où les pouvoirs publics perdent la trace de la voiture pendant toute la durée de passage chez le marchand intermédiaire, précédant la vente au client final. Sur le papier, au bout de la transaction, le client A a vendu au client B, mais les dates ne collent pas. Il va falloir remédier à ces lacunes. Nous pensons qu’avec le projet de dématérialisation, nous pouvons suivre la traçabilité du véhicule en ayant un accès direct à la base de données du service des mines. C’est ainsi que nous pouvons réaliser des transactions dans les règles de l’art.

Comment voyez-vous les perspectives d’évolution du marché du neuf ?
Le marché reste encore sous-motorisé avec 80 véhicules pour 1.000 habitants, contre 600 en Europe. Les indicateurs économiques sont globalement positifs. Nous avons une pyramide des âges assez large par le bas, composée d’une population majoritairement jeune dont une partie est en train d’arriver sur le marché du travail. Aussi, les transports publics ne sont pas fondamentalement mieux organisé qu’avant. Tout cela augure de belles perspectives de développement. En dehors de chocs conjoncturels, nous sommes au début d’une nouvelle phase de croissance saine tirée par le bas du marché, après avoir assisté, il y a quelques années, à une croissance par le haut.

Vos pronostics pour l’année 2017 ?
Nous nous attendons à une croissance de 5 à 10% cette année (ndlr, cela correspond à un volume de 170 à 180 mille unités).

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