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Khalid Yousfi : “Nous voulons améliorer le cadre juridique et les conditions d’exercice de la profession”

Khalid Yousfi.
Président de l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes

Vous êtes candidat aux prochaines élections de l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes (ONIGT). Quelles sont vos principales priorités ?
Je suis, plus précisément, candidat au Conseil national de l’ONIGT pour le mandat 2021-2025, après avoir été président dudit conseil durant le mandat 2016-2020. Il y aura également les élections des membres des conseils régionaux. Pour les élections du 10 avril, j’ai travaillé avec d’autres candidats, sous le sigle MR (mandat de la résilience), à l’élaboration d’un programme en concertation avec des ingénieurs géomètres topographes (IGT) des différentes régions du Maroc. Le programme des candidats MR devra nous permettre de maintenir la dynamique des reformes du précédent mandat pour achever le travail entamé, tout en déployant de nouveaux projets. Il a pour objectif d’améliorer le cadre juridique et les conditions d’exercice de la profession, tout en améliorant substantiellement la qualité de service rendu au citoyen par la profession. Nous désirons également maîtriser la gestion de l’information géographique à des fins de développement économique et social, intégrer davantage et intelligemment la profession dans les dynamiques sectorielles engendrées par les politiques publiques et, enfin, contribuer aux côtés des autres acteurs compétents à ce que le secteur national de l’ingénierie rayonne à l’international, notamment en Afrique, et en faire l’un des métiers mondiaux du Maroc à part entière. Les candidats MR placent leur programme sous le slogan «Relever les défis avec résilience et détermination», car ils désirent faire du prochain quinquennat le «mandat de la résilience». D’ailleurs, la conjoncture engendrée par la crise de la Covid-19 nous impose de faire preuve de résilience durant les prochaines années.


Quel bilan faites-vous de l’ONIGT, durant la période 2016-2020 ?
Le mandat 2016-2020 a constitué une rupture exceptionnelle avec les mandats précédents. Grâce à l’engagement de quelques membres des différents conseils (national et régionaux) de l’ONIGT, une dynamique s’est mise en place. Elle a permis une accélération dans l’élaboration et le déploiement de nouveaux outils organisationnels et réglementaires ainsi que le développement des leviers de performance. Cette dynamique s’est traduite par la mise en place de fondamentaux essentiels à travers la mise en place d’un Plan d’actions et des outils de suivi des réalisations. Durant le mandat 2016-2020, les actions abouties, structurantes, constituant d’importants acquis pour les IGT et pour la profession, concernent entre autres la publication au Bulletin officiel du décret portant Code des devoirs professionnels, l’adoption des normes techniques de l’ONIGT, la mise en service de la plateforme dématérialisée de gestion des contrats des IGT privés avec le code QR «QR Contrat», la mise en place du Guide référentiel des honoraires, la gestion de la crise de la Covid-19 et, pour finir, la révision des Cahiers de prescriptions spéciales (CPS) dans le cadre de la commande publique, en étroite collaboration avec certains partenaires publics. Ces axes, avec d’autres actions efficientes, ont également contribué au renforcement de l’institution ONIGT, dans sa mission d’être une force de proposition, lui permettant de devenir un partenaire écouté par les institutions publiques et privées. Je citerai le ministère de l’Agriculture, celui de l’Habitat et de l’urbanisme, l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC).

Comment jugez-vous la situation actuelle de la profession ?
Nous devons distinguer deux périodes, pour parler de la situation de la profession. D’abord, la situation depuis mars 2020. Comme tous les secteurs, les IGT ont subi la crise engendrée par la pandémie, car leur activité fait partie de plusieurs écosystèmes dont celui de l’immobilier et du bâtiment. Néanmoins, je pense que notre profession n’est pas des plus sinistrées. Ensuite, la situation avant mars 2020 et depuis le début de 2021. Nous ne pouvons que nous réjouir du potentiel de notre secteur qui permet, bon an mal an, aux différents IGT d’évoluer dans de bonnes conditions. L’intervention de l’IGT est sollicitée dans tous les secteurs, car son rôle est primordial dans les projets publics et privés, qu’ils soient petits ou grands.

Quels sont les enjeux et défis auxquels la profession est aujourd’hui confrontée ?
Nonobstant la crise actuelle, nous devons réfléchir à l’avenir de la profession, aux niveaux national et international. L’IGT est amené, depuis quelques années déjà mais encore plus aujourd’hui, à s’approprier les tendances mondiales, particulièrement en termes de nouvelles technologies. 2020 nous a démontré combien est importante la place de la digitalisation si l’IGT désire se maintenir parmi les autres professions. Nous devons donc encourager la digitalisation et la numérisation chez l’IGT et à l’ONIGT, mais également pour tous les outils mis en place par nos partenaires pour mieux accompagner la profession. Je citerais l’exemple de l’ANCFCC qui, dès 2018, dans le cadre d’un partenariat avec l’ONIGT, a mis en place un espace de services en ligne doté d’outils et de moyens fonctionnels et techniques pour servir les différentes demandes du grand public et des professionnels, plus particulièrement les IGT du secteur privé. Aussi, notre marché national s’est considérablement développé durant les vingt dernières années, grâce aux différents grands chantiers voulus et lancés par le roi Mohammed VI. Une réelle opportunité pour la profession qui a permis de développer également les compétences et les services de l’IGT marocain. Mais en plus de se maintenir aux standards les plus exigeants, pour une profession aussi importante que la nôtre, l’IGT doit dépasser les frontières nationales et, plus particulièrement, s’orienter vers les autres pays d’Afrique. Le Maroc a besoin de son Afrique, et l’Afrique a besoin de son Maroc pour assurer un développement global du continent.

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco

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