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Investissements publics : le gouvernement table sur un record cette année

Selon les données du bilan gouvernemental, le volume des investissements publics devrait atteindre 230 milliards de dirhams en 2021, malgré la conjoncture difficile due à la pandémie de la Covid-19 et ce, grâce à la création du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Un niveau jamais atteint auparavant ! Les détails…

Le gouvernement vient d’éditer un rapport étudiant l’évolution des investissements publics entre 2007 et l’année en cours. Il en ressort que le volume des investissements publics a atteint, sous la conduite de l’actuel Exécutif, un niveau jamais égalé auparavant. « Le volume des investissements publics devrait atteindre 230 MMDH en 2021, malgré la conjoncture difficile due à la pandémie de la Covid-19 et ce, grâce à la création du Fonds Mohammed VI pour l’investissement », explique ledit rapport.


Une moyenne annuelle de 201,6 MMDH entre 2017 et 2021
Sur la période 2017-2021, l’investissement public s’élèverait ainsi, en moyenne annuelle, à 201,6 MMDH contre 146,1 MMDH durant la période 2007-2017, précise le rapport dont les auteurs attribuent cette performance « aux hautes instructions royales qui ont incité le gouvernement à doubler ses efforts pour renforcer l’investissement public, notamment dans les secteurs prioritaires comme l’enseignement, la santé et les énergies renouvelables ».

Ces efforts ont été accompagnés par la création d’un nouveau système de gestion de l’investissement public basé sur la performance, l’efficacité et la mobilisation de sources de financement nouvelles et innovantes, est-il expliqué. D’ailleurs, c’est dans cet esprit qu’une loi et un décret ont été adoptés pour établir le Fonds Mohammed VI sous la forme d’une société anonyme. Bien que certaines de ses dispositions spécifiques de gouvernance soient encore en cours de définition, le choix d’une telle structure d’entreprise vise à garantir que la nouvelle institution réponde à des normes élevées de transparence et de responsabilité, augmentant ainsi son attrait pour les investisseurs potentiels. Le Fonds a ainsi reçu un capital d’amorçage du gouvernement central (15 MMDH, soit près de 1,66 milliard de dollars US, déjà budgétisés) et vise à lever jusqu’à 3,3 milliards de dollars US auprès d’investisseurs institutionnels publics et privés, ainsi que d’institutions financières de développement. Il fonctionnera comme un fonds-des-fonds structuré pour poursuivre divers objectifs.

À court terme, et en collaboration avec la Société nationale de garantie du financement des entreprises (SNGFE – anciennement CCG) et le système bancaire, il fournira des quasi-fonds propres aux PME en difficulté qui ont besoin d’une restructuration financière, fonctionnant ainsi comme un autre filet de sécurité contre la vague d’insolvabilités d’entreprises que le choc de la Covid-19 pourrait encore déclencher. Une fois le Fonds pleinement opérationnel, et en collaboration avec des gestionnaires privés sélectionnés par un processus compétitif et organisés selon des lignes thématiques, le Fonds Mohammed VI injectera directement des fonds propres dans des entreprises privées considérées comme ayant un fort potentiel de croissance. Enfin, le Fonds comprendra une composante infrastructure axée sur les partenariat public privé (PPP), mobilisant des ressources pour soutenir le développement d’une réserve de projets bancables et fournissant un financement à long terme à certains de ces projets.

Doublement des crédits d’investissement depuis 2007
Toute cette organisation d’un nouveau genre permettra ainsi de booster l’investissement public qui contribuera à stimuler la commande publique et, par conséquent, à créer des emplois dans le secteur privé, à renforcer la compétitivité de l’économie nationale, à améliorer le climat des affaires et l’attractivité du Maroc, et d’une façon plus globale, la résilience du tissu économique national. En tout cas, les crédits d’investissement du budget général ont doublé depuis 2007.

En effet, grâce aux efforts de renforcement de l’investissement public, le montant budgété atteindra 73,6 MMDH en moyenne sur la période 2017-2021, contre 56,6 MMDH entre 2012-2016 et 42,9 MMDH entre 2007-2011. Le taux d’exécution des crédits d’investissement au titre du budget général de l’Etat s’en sortira également nettement amélioré. Il était déjà à près de 79 % en 2018, contre 53 % en 2012, ce qui témoigne des efforts déployés par l’État pour améliorer l’exécution des investissements publics et diminuer les délais de paiement des commandes publiques. Bref, cela se passe plutôt bien au niveau de l’investissement public, résume le gouvernement dans son rapport de bilan de mandat, tout en rappellant d’autres grands engagements qu’il a pris. Il s’agit, notamment, de la stratégie sectorielle «Génération Green 2020-2030» qui succède au Plan Maroc Vert (PMV) et qui vise à faire émerger une nouvelle génération d’agriculteurs (350.000 à 400.000 ménages) à travers la mobilisation d’un million d’hectares de terres collectives. Il s’agit, aussi, du Plan d’accélération industrielle 2021-2023, qui a pour objectif de substituer 34 MMDH d’importations, en plus des plans de relance des secteurs du tourisme, de l’artisanat ou encore de l’économie sociale afin de surmonter la crise liée à la Covid-19.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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