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Intrepreneuriat : pourquoi est-ce à la mode au Maroc ?

Ayant pratiquement tous les avantages de l’entrepreneuriat sans les risques, l’intrapreneuriat est à la mode chez les entreprises et organismes publics et privés désireux de valoriser le potentiel d’innovation de leurs collaborateurs. Cependant, le phénomène fait face à de nombreux défis tels que l’absence de référentiel.

Favoriser l’esprit d’entreprendre et la créativité des collaborateurs devient une nécessité en période de crise. Les entreprises font aujourd’hui face à une compétition de plus en plus rude du fait de la globalisation des échanges, d’où l’intérêt de favoriser les initiatives intrapreneuriales pouvant créer des opportunités et de la valeur ajoutée au profit de l’organisation. Le sujet revêt l’intérêt croissant des entreprises et organismes publics et privés désireux de valoriser le potentiel d’innovation de leurs collaborateurs et de faire émerger un cadre plus propice à l’intrapreneuriat.

C’est dans ce contexte que Maroc Numeric Cluster et Bank of Africa, deux acteurs majeurs de l’innovation, ont organisé vendredi 11 juin au Country Club de Bouskoura, un workshop autour de la thématique «Comment améliorer le cadre intrapreneurial au Maroc». Les deux établissements ont invité, lors de ce workshop, différentes parties prenantes (entreprises, organismes publics et privés, cabinets juridiques et de conseil) à échanger sur leurs expériences en matière d’intrapreneuriat au Maroc, ainsi que sur les meilleures pratiques à l’international.

Une quinzaine d’organismes opérant dans divers secteurs (la Lydec, OCP, HPS, Outsourcia, DXC Technology, Richbond, Data Protect, Mazars, Dentons, Baker McKenzie, l’Agence de développement du digital, l’Université Mohammed VI Polytechnique, l’Université internationale de Rabat, Bank of Africa et Maroc Numeric Cluster) ont eu l’opportunité d’évoquer leurs expériences en matière d’intrapreneuriat mais aussi de débattre, dans le cadre de tables rondes, de sujets tels que la définition de l’intrapreneuriat, les parties prenantes d’un projet intrapreneurial, les rôles et responsabilités de chacun ainsi que les moyens de favoriser la réussite d’un projet entrepreneurial.

C’était aussi l’occasion d’échanger sur les démarches adoptées à l’international pour l’intrapreneuriat ainsi que sur le cadre réglementaire de ce dernier (statut de l’intrapreneur, détention de la propriété intellectuelle, statut juridique du projet et supports juridiques à mettre en place). En effet, si l’intrapreneuriat suscite aujourd’hui un certain engouement, il nécessite toutefois un accompagnement rigoureux des intrapreneurs et un cadre législatif propice à son développement.

D’ailleurs, à l’issue de ce workshop qui s’inscrit dans la perspective d’apporter des suggestions en vue de l’amélioration du cadre intrapreneurial au Maroc, un livre blanc sera publié incluant les principales recommandations émanant des parties prenantes pour l’amélioration du cadre intrapreneurial dans le royaume. «Aujourd’hui, des expériences de l’écosystème privé existent, mais nous souhaitons vraiment structurer toute cette démarche.

Nous avons l’ambition de publier un livre blanc qui sera le référentiel pour toute démarche intrapreunariale au Maroc», souligne Ihsane Himmi, directrice générale de Maroc Numeric Cluster, convaincue de la nécessité de mettre en place une charte réglementaire de l’écosystème de l’intrapreneuriat, lequel intéresse de plus en plus les entreprises de taille moyenne ou des structures de grande envergure. «Nous avons de plus en plus conscience, au Maroc, de ce tournant de numérisation et d’innovation car il est vecteur de rentabilité», a-t-elle ajouté.

Cependant, si l’intrapreneuriat suscite aujourd’hui un certain engouement, le sujet est encore nouveau. Il y aurait, d’ailleurs, peu d’études -sinon aucune- à ce propos alors que cette tendance suscite des interrogations, notamment sur les risques encourus par les entreprises favorisant cette pratique. L’intrapreneur, censé permettre à la grande entreprise à laquelle il appartient de mieux saisir les opportunités de sa «belle trouvaille», est-il toujours à l’abri de la tentation de quitter le cocon du salariat pour créer son entreprise ?

«Le risque zéro n’existe pas et, en général, les collaborateurs quittant leur emploi ne le font pas parce qu’on leur a refusé une augmentation de salaire. Ceux qui partent sont ceux qui s’ennuient. Ils ont de belles idées, mais personne ne les écoute», répond Omar Ezziyati, directeur de la veille stratégique, de l’innovation et de l’influence à Bank of Africa.

Dès lors, poursuit l’expert de la banque commerciale marocaine, l’encouragement à l’intrapreneuriat devient un élément constitutif du management qui prend en compte les ambitions et dispositions de chaque salarié.

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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