Éco-Business

Innovation : l’État marocain en mode startup

L’expérience est conduite par l’Agence de développement du digital et l’Agence française de développement. L’objectif est d’améliorer la qualité des services publics. Pour commencer, deux projets sont sélectionnés sur 180 déposés par huit administrations et entreprises publiques. Les détails sur une initiative prometteuse.

Du nouveau dans la modernisation de l’État ! L’Agence de développement du digital (ADD) et l’Agence française de développement (AFD) viennent, en effet, de démarrer une expérience inédite de création de startups au Maroc. C’est celle qui consiste à créer de jeunes pousses à partir d’idées innovantes portées par des fonctionnaires pour améliorer les services de l’État. Des fonctionnaires ? Oui ! «Il s’agit d’encourager l’intrapreneuriat au sein des administrations et des établissements et entreprises publics », est-il expliqué. Comment ? En s’inspirant de ce qui se fait ailleurs et c’est le cas, puisque les deux partenaires se sont notamment inspirés de la méthode utilisée au sein de l’incubateur public français « Beta.gouv.fr ». Partant de ce constat, ils ont concocté leur programme, l’ont dénommé Programme «Startups d’État» et ont lancé leur tout premier appel à projets auquel huit administrations et entreprises publiques ont répondu avec plus de 180 idées innovantes. Parmi ces candidats, neuf finalistes ont été par la suite sélectionnés pour présenter leurs projets devant un jury composé d’experts marocains et français, le 17 décembre dernier.


Deux projets sélectionnés
Et à l’issue de cette finale, deux projets sont retenus. Il s’agit de celui de Yassine Moumad du ministère de la Culture, de la jeunesse et des sports visant à développer la production de contenus audiovisuels destinés aux réseaux sociaux à travers la transformation des Maisons des Jeunes ; et de Salima Hda de Bank Al-Maghrib qui veut accélérer l’éducation financière au Maroc. Ces deux projets seront accompagnés tout au long de l’année 2021 par une équipe d’experts de l’innovation dans les services publics avec l’objectif de créer ou d’améliorer rapidement les services publics. Un protocole d’accord de financement et de mise en œuvre de ce programme pilote a été, en tous cas, signé en présence de Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc, Henri Verdier, ambassadeur de France pour le numérique, de Mly Youssef El Bari, secrétaire général du ministère de l’Industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique, Sidi Mohammed Drissi Melyani, directeur général de l’ADD et de Mihoub Mezouaghi, directeur de l’AFD au Maroc. L’objectif est d’accompagner les deux premiers lauréats et au-delà de conduire une expérimentation complète de mise en œuvre d’un dispositif de «Startups d’État» au sein de l’administration marocaine et permettre à l’ADD et aux administrations partenaires d’appréhender cette méthode par la pratique. «Nous vivons une accélération de la digitalisation de nos économies, qui constitue une opportunité supplémentaire d’approfondir et de stimuler notre coopération bilatérale. En ce sens, le numérique sera l’un des 4 axes prioritaires du nouveau pacte économique franco-marocain», a déclaré l’ambassadrice de France à Rabat.

500.000 euros d’appui de l’AFD
Abondant dans le même sens, le directeur de l’AFD a ajouté que «ce programme répond principalement à deux enjeux majeurs dans un contexte post-covid : d’abord celui de promouvoir davantage le levier numérique au service d’une amélioration du service public et ensuite celui de révéler le potentiel d’initiatives et d’innovations des administrations et des opérateurs publics ». Abordant le financement, Mihoub Mezouaghi a déclaré que «l’AFD a mis 500 000 euros (environ 5,5 MDH) sur la table en guise d’appui et d’accompagnement pour réussir cette première démonstration qui vise à montrer, d’ici la fin de l’année, que l’innovation conduite de cette façon dans l’administration marocaine est possible ». Pourquoi pas ? En attendant, le directeur général de l’ADD nourrit beaucoup d’espoir pour ce projet : «en mettant en œuvre ce projet, nous souhaitons expérimenter cette démarche de Startup d’État au sein de l’administration marocaine et permettre aux intrapreneurs d’explorer d’ores et déjà des solutions concrètes à une ou deux problématiques liées à l’amélioration des services publics. En fonction des résultats, cette démarche pourrait être généralisée par la suite ». En effet, si cette première expérience pilote réussit, il faudra alors, comme en France, créer un incubateur d’État ainsi qu’un fonds public de financement du programme. D’ici là, signalons qu’une « Startup d’État » est un service public numérique développé par une équipe autonome pour répondre à un problème concret lié à une politique publique. Elle a pour objectif d’améliorer un service public et n’a, le plus souvent, pas de personnalité juridique propre au moment de son lancement. 

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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