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Inflation : hausse persistante des prix des produits alimentaires

Reprise de la demande, perturbations des approvisionnements et des échanges, intempéries, renchérissement des coûts de production et de transport… Les prix des produits alimentaires continuent d’être tirés à la hausse par une multitude de facteurs. Au terme du 1er semestre, quelles sont les répercussions de ces facteurs sur le marché des produits alimentaires au Maroc ? 

«Le renchérissement des produits alimentaires, des engrais, des aliments pour animaux et de l’énergie, conjuguée au resserrement des marchés financiers, sème la souffrance à travers le monde», a déclaré le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, lors de la présentation des «Perspectives agricoles 2022-2031 de l’OCDE et de la FAO». Au Maroc, le renchérissement des produits alimentaires provient de la hausse des prix de ces produits à la production.


Entre mai et juin 2022, l’Indice des prix à la production des industries alimentaires (IPPI) a bondi de 2,3%, remonte l’enquête réalisée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Pour le 1er semestre 2022, l’IPPI est en hausse de 9,4% ! On frise la croissance à 2 chiffres ! Dans l’industrie de la fabrication de boissons, cet indice n’a pas bougé, restant à 105,3, son niveau depuis mars 2022, après avoir stagné, sept mois d’affilée, à 102,6.

Les prix des produits alimentaires atteignent des sommets !
A titre de rappel, l’Indice des prix à la consommation (IPC) du mois de juin 2022 note une hausse de 0,5% de l’indice des prix à la consommation par rapport au mois précédent, résultant de la hausse de 0,1% de l’indice des produits alimentaires et de 0,8% de l’indice des produits non alimentaires.

Selon le HCP, la hausse des produits alimentaires observée entre mai et juin 2022 concerne principalement les «Huiles et graisses», dont le prix à grimpé de 2,7%, le «Lait, fromage et œufs» de 2,1%, les «Eaux minérales, boissons rafraichissantes, jus de fruits et de légumes» de 0,8% et le «Café, thé et cacao» de 0,4%. En revanche, les prix ont diminué de 3,1% pour les «Légumes», de 2,4% pour les «Poissons et fruits de mer», de 0,2% pour les «Fruits» et de 0,1% pour les «Viandes». Pour les produits non alimentaires, la hausse a concerné, principalement, les prix des «Carburants» avec 9,2%.

De son côté, l’Office des changes révèle, à travers les indicateurs mensuels des échanges extérieurs à fin juin 2022, que les importations de produits alimentaires affichent une hausse de 43,4% ou +13,945 MMDH. Si cette évolution est tributaire, essentiellement, de la hausse des achats de blé de 55,1% (+4,751 MMDH), par rapport à la même période de l’an dernier, due à l’effet prix en accroissement de 52,5% et d’une légère hausse des quantités importées de 1,7%, d’autres produits alimentaires, tels que le sucre (brut ou raffiné), omniprésent dans l’offre alimentaire, et des aliments emballés et boissons riches en sucres ajoutés, ont vu leur importation à fin juin grimper de 52,5% (+1,322 MMDH), par rapport à la même période de l’an dernier, impactant directement les produits alimentaires comme les boissons gazeuses, friandises, jus, boissons aux fruits, eaux aromatisées, thés glacés, boissons énergisantes, desserts sucrés, céréales à déjeuners, le yogourt aromatisé, les barres granola, le pain, les sauces et les condiments, etc.

Idem pour l’huile de soja brute ou raffinée, qui constitue un intrant de choix dans plusieurs composées alimentaires telles que les conserves de poissons, la margarinerie, la charcuterie, la biscuiterie, les productions de condiments et autres. Elle est également utilisée dans l’industrie des aliments composés pour animaux.

Selon l’Office des changes, à fin juin, les importations d’huile de soja brute ou raffinée ont augmenté de +99,3% (+2,225 MMDH), par rapport à la même période de l’an dernier. Toutes ces hausses de prix d’intrants n’ont eu d’autres effets que de tirer vers le haut les prix à la production des industries alimentaires.

Benchmark avec la France
La tendance haussière observée sur les prix des produits alimentaires ne sévit pas seulement au Maroc. A titre de comparaison, en juin 2022, en France, les prix des produits alimentaires et boissons ont continué à augmenter (+1,2% sur le mois de juin et +16,3% en glissement annuel). Selon l’Insee, la hausse du mois de juin s’est faite à un rythme plus modéré que celle du mois précédent (+2,0%).

Perspectives de l’OCDE et de la FAO 

«Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2022-2031» mettent en évidence le rôle crucial que les investissements du privé et du public dans les technologies de l’information, les infrastructures et le capital humain devront jouer au service de l’accroissement de la productivité agricole. Selon ces deux institutions, l’agro-alimentaire mondial va faire face à des problèmes touchant à ses fondements mêmes au cours des dix prochaines années.
En font partie la nécessité de nourrir de manière soutenable une population toujours plus nombreuse, les conséquences de la crise climatique, ainsi que les répercussions économiques de la guerre en Ukraine et les perturbations des chaînes d’approvisionnement alimentaire dont ce conflit est la cause. Tel est le constat dressé dans le rapport que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont publié conjointement en fin juin.

 

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO


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