Éco-Business

Inflation/crises/pénuries : les demandes de mise à jour de business plan explosent

Dans le contexte actuel marqué par l’inflation, la succession de crises et de pénuries (de matières, de composants, de main-d’œuvre qualifiée…), l’impact sur le business plan est indéniable. La crise impose à chaque entreprise de réinventer son business model. Mais face au manque de visibilité, plusieurs dirigeants disent naviguer à vue. Que faire ? 

Frappés de caducité, obsolètes, dépassés…les business models des entreprises sont de plus en plus sous pression, dans le contexte actuel marqué par l’inflation, la hausse des prix des matières premières, des composants et de l’énergie ainsi que les pénuries en tous genres. «Les demandes d’élaboration et de mise à jour de business plans par les entreprises explosent», révèle Anouar El Basrhiri, directeur général de TMS consulting.
À l’instar de ce cabinet conseil, plusieurs autres font ce constat et, à juste titre, au vu des enjeux. En effet, l’objectif, pour les dirigeants, est de «prendre les bonnes décisions pour pérenniser leurs activités dans le sens où le business plan va leur donner une vision globale sur l’activité en cette période de crise», explique El Basrhiri. Il s’agit d’un outil essentiel de gestion puisqu’il apporte un éclairage sur la stratégie de l’entreprise (opérationnelle et financière).
Mettre à jour un business plan, en période de crise, est une étape importante pour adapter les paramètres et les hypothèses à la situation actuelle et prendre les bonnes décisions, mais aussi une question de crédibilité vis-à-vis des banques et investisseurs. Ainsi donc, notre interlocuteur conseille aux dirigeants d’entreprises de «bien prendre en considération toutes les variables financières, commerciales et stratégiques permettant d’élaborer et de mettre à jour un business plan professionnel».
Les dispositions à prendre lors de la mise à jour du business plan
La crise imposant à chaque entreprise de réinventer son business model, les conséquences de la situation actuelle doivent être intégrées dans le business plan. Concrètement, son élaboration doit prendre en compte les changements structurels qui touchent le marché marocain, ainsi que les évolutions opérationnelles que doit engager l’entreprise pour y répondre. Il va sans dire que les dirigeants et nouveaux créateurs d’entreprises devront prendre plusieurs précautions lors de l’élaboration de leur business plan.
À commencer par «engager une réflexion de fond sur la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement. L’entreprise doit limiter le risque d’être pénalisée par une rupture de stock. Il est aussi essentiel d’intégrer plusieurs scénarios à court, moyen et long terme, c’est-à-dire d’élaborer différentes stratégies opérationnelles et financières. Également, prendre en considération la situation actuelle du marché national et international lors du prévisionnel financier. Et mettre en lumière de nouvelles stratégies commerciales afin de conquérir le marché», recommande El Bashiri.
Atténuer l’effet inhibiteur de la conjoncture
C’est dans un tel climat que se répand, dans le tissu économique marocain, le phénomène de mise en veille ou arrêt momentané d’activité. Comme relevé dans Les Inspirations Éco n°3168 du lundi 22 août 2022, «sur près de 400.000 sociétés immatriculées à l’impôt sur les sociétés, les données officielles estiment qu’au moins un tiers seraient mises en veille. Dans la majorité des cas, leurs propriétaires choisissent de «marquer une pause», faute d’activité ou en raison de la dégradation de la situation financière de l’entreprise».
Pis, la mauvaise conjoncture due aux effets économiques de Covid-19 et l’augmentation des prix des matières premières, notamment, impliquent une incertitude entrepreneuriale chez les opérateurs. «Le premier semestre 2022 est marqué par une baisse continue des créations d’entreprises par rapport à la même période de 2021 et même à celle du niveau pré-pandémique de 2019», souligne le dirigeant de TMS Consulting.
L’effet inhibiteur de la conjoncture est perceptible à l’analyse des indicateurs de création d’entreprises de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) qui révèlent une tendance baissière. À fin juillet, 48.001 entreprises ont été créées, soit 18% de moins qu’au premier semestre 2021.
La relance de l’export nécessite aussi la mise à niveau des business plans
Autant les entreprises ont besoin de prendre les bonnes décisions pour pérenniser leurs activités sur le marché local, à l’export également, un business plan bien ficelé va leur donner une vision globale en cette période d’incertitude. Le ministère de l’Industrie et du commerce lance, à cet effet, un programme d’appui à la relance de l’export. «Relance Export» vise à appuyer l’entreprise pour renforcer sa compétitivité à l’international et lui offrir les moyens appropriés pour faire face aux concurrents sur les marchés étrangers.
Ce programme cible les entreprises dont le chiffre d’affaires à l’export annuel est supérieur à 10 millions de DH sur les deux derniers exercices. Dans le cadre de cette édition, le ministère vise à accompagner 40 entreprises qui disposent d’un business plan de développement à l’international démontrant un potentiel confirmé à l’export ou de niches et d’opportunités non encore exploitées, avec une programmation structurée des opérations sur la période 2023-2024. Sont concernées également les entreprises se positionnant sur un nouveau produit et/ou un nouveau marché.
Dans ce cadre, le ministère de l’Industrie et du commerce invite les entreprises éligibles, et désireuses de bénéficier de ce programme, à consulter le site web : https://lnkd.in/eAqae5si pour télécharger et renseigner les documents relatifs à la candidature au programme. Ces dernières doivent déposer leurs dossiers de candidature auprès du ministère ou les envoyer au plus tard le vendredi 30 septembre 2022, à 15h00.

 

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO

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