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Importations énergétiques : Alerte sur le risque de change

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L’instabilité du prix des produits énergétiques inquiète de plus en plus les opérateurs. Le Maroc qui importe pratiquement l’ensemble de ses besoins énergétiques (27% des importations) est particulièrement vulnérable à ce niveau. Les entreprises doivent déterminer leurs propres seuils de tolérance face au risque de change déterminé à la fois par la volatilité des prix à l’international et à l’instabilité prévue sur le taux de change suite au lancement de la réforme sur la flexibilité du dirham.


La réforme sur la flexibilité du dirham fait son chemin, doucement, mais sûrement. Son démarrage est toujours attendu pour le 2e semestre de l’année en cours. La réforme implique toutefois des risques de change notamment en cas de dépréciation du dirham et de flambée des prix des matières premières à l’international. C’est le cas en particulier des produits à forte volatilité, comme les produits énergétiques, qui constituent un facteur de risque prépondérant. Le Maroc qui importe pratiquement l’ensemble de ses besoins énergétiques (qui pèsent pour 27% des importations marocaines) est particulièrement vulnérable à ce niveau.

En 2016, la facture énergétique du Maroc a poursuivi son trend baissier en atteignant -17% par rapport à 2015, soit 54,4 MMDH, suite à la diminution des approvisionnements en hydrocarbures. Toutefois, les tendances en ce début d’année 2017 commencent à s’inverser. En janvier-février 2017, avec l’augmentation du prix du baril à 50 dollars depuis l’accord de l’OPEP fin 2016, la facture énergétique a atteint 10,3 MMDH, creusant le déficit commercial de 4,7 MMDH. Les entreprises doivent là aussi déterminer leurs propres seuils de tolérance face au risque de change déterminé à la fois par la volatilité des prix à l’international et à l’instabilité prévue sur le taux de change. Historiquement, les cours des matières premières énergétiques ont subi de nombreuses variations aux amplitudes importantes. Ces variations se sont traduites par une série de chocs violents sur les prix témoignant d’une volatilité importante. «L’évolution du marché marocain et des marchés internationaux impose aux acteurs économiques de se prémunir contre ces évolutions à travers des couvertures financières», estime la BMCE Bank qui entame actuellement une tournée dans les principales villes du royaume afin de sensibiliser sur l’importance de la couverture du risque de change.

La réforme de la libéralisation des prix du pétrole a exposé le Maroc à plus de volatilité dans le secteur des hydrocarbures. Malgré les baisses du prix du baril, constatées durant ces derniers mois, beaucoup d’incertitudes caractérisent encore le marché mondial des hydrocarbures. La reprise de la production américaine et l’augmentation des puits de forage en activité pourraient mettre en péril la stratégie de l’OPEP de réduction de la production pour une augmentation du prix du baril. Dans ce contexte, les pétroliers marocains ne semblent pas encore prêts pour le grand saut dans l’inconnu. «Nous n’avons pas beaucoup travaillé sur ces questions. Nous n’avons pas encore de feedback à ce niveau», avoue Adil Ziady, président du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). Pourtant, de véritables risques de change peuvent émerger de cette situation tant chez les importateurs, que les raffineurs, les distributeurs ou même les consommateurs.

À en croire les experts de BMCE Bank, l’existence de prix de plus en plus volatils qui augmentent les risques économiques pour les acteurs du secteur énergétique nécessite de couvrir les variations des prix à travers les instruments financiers de couverture. «Les sociétés n’ont pas, toutes, les mêmes systèmes de couverture de risque de change», explique Ziady. Les stratégies de couvertures sont donc modifiées en fonction de la situation dans laquelle se trouve chaque catégorie. Ainsi, pour les consommateurs de produits raffinés à l’instar des transporteurs aériens, routiers et maritimes, la couverture du risque se fera au niveau de la gestion des approvisionnements. L’objectif étant de fixer le prix d’achat des hydrocarbures dans le but de ne pas subir les hausses des prix du marché.

Cette stratégie permet de protéger les approvisionnements d’une appréciation de valeur à travers un flux financier provenant de la banque qui viendra compenser la hausse de valeur qu’auraient accusée les achats. Pour les cas de distributeurs possédant des contrats commerciaux à l’instar des sociétés de distribution, la stratégie de couverture visera la gestion des contrats commerciaux. Le principe étant de figer la marge opérationnelle d’une opération commerciale de vente de physique à un client à travers la fixation du prix d’achat. Cette stratégie permet de figer à l’avance la marge bénéficiaire du distributeur (prix conclu avec client – prix fixé avec la banque) pour une période donnée quelles que soient les variations du marché.

Enfin, les sociétés de distribution peuvent également entamer une stratégie en vue de se protéger contre une dépréciation de la valeur des stocks détenus par l’entreprise sur une période donnée. Le principe consiste à contracter une couverture vendeuse qui permettra de recevoir un flux financier qui compensera la perte de valeur subie. Cette stratégie permet de protéger d’une dépréciation de la valeur des stocks à travers un flux financier provenant de la banque qui viendra compenser la perte de valeur qu’aurait accusée le stock. 

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