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Gouvernance sobre-HCP : Ahmed Lahlimi Alami, le grand oral

Jeudi 14 juillet, Ahmed Lahlimi Alami, généralement peu disert, a fait une sortie aux allures de grand oral sur la situation du pays. Le haut-commissaire, qui jouit d’un rang de ministre, en appelle à un retour à “l’exemplarité morale” pour une remise sur les rails rapide de l’économie nationale, dans un contexte d’incertitude mondiale.

C’était presque un événement ! Jeudi 14 juillet, Ahmed Lahlimi Alami s’est livré aux médias lors d’un point de presse à Rabat, aux allures de grand oral. Dans les locaux du Haut-commissariat au plan, sis au quartier cossu de Hay Riad, le grand commis de l’État qui jouit d’un rang de ministre, et dont la parole en public est suffisamment rare pour être remarquée, a en effet fait une sortie qui laissera des traces dans ce contexte difficile de “crise économique” et de “crise morale.”

Alors que l’activité économique nationale devrait connaître une croissance d’à peine 1,3% en 2022, après un rebond de 7,9% en 2021, la croissance devrait se situer à 3,7% en 2023. Il faut noter que quatre hypothèses ont été retenues pour les perspectives de l’année 2023.

Il s’agit d’une campagne agricole 2022/2023 moyenne, d’un ralentissement de la demande mondiale adressée au Maroc de 5,9% en 2022 à 3,6% en 2023, de la reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2022 et d’un cours de pétrole aux alentours de 100$/baril. Face à toutes ces incertitudes, le “sage”, de plus de 80 ans, en appelle à un retour à “l’exemplarité morale” pour faire face aux cartels et à ce que que cessent les “ententes’ et la corruption.

“L’exemplarité morale” est un facteur clé de production, a insisté l’ancien ministre de l’Économie sociale, des PME, et de l’artisanat, chargé des affaires générales du gouvernement (1998-2002), devant un parterre de journalistes, à l’occasion de la présentation du budget économique exploratoire relatif à 2023. Avec la pandémie, poursuit-t-il, nous avons perdu trois années de lutte contre la pauvreté au Maroc et les inégalités se sont davantage creusées. Pendant ce temps, l’économie nationale peine à créer suffisamment d’emplois pour récupérer ceux qui ont été perdus.

Pour Lahlimi, il va falloir rattraper tous ces retards en vue d’une remise sur les rails rapide, sans pour autant surcharger ni l’État, ni augmenter les dépenses des citoyens. S’impose alors un difficile exercice d’équilibriste qui va nécessiter pourtant des investissements “très importants”.

Là aussi, la probité morale doit être de mise. Car, s’interroge Lahlimi, comment se fait-t-il que les nombreux milliards qui sont investis chaque année au Maroc ne produisent que peu de résultats ? Il faut, dans notre comportement, que nous ayons avec les opérateurs qui veulent investir au Maroc, des rapports basés sur la transparence, l’honnêteté et l’équité, a indiqué le haut-commissaire, sans langue de bois.

Un contexte d’incertitude mondiale
Pour rappel, le budget économique exploratoire 2023, élaboré par le HCP, présente une révision de la croissance économique nationale en 2022, ainsi que les perspectives pour l’année suivante. Ce budget est de nature à permettre au gouvernement et aux décideurs de prendre conscience de l’évolution économique prévue pour 2023. Un exercice difficile dans un contexte d’incertitude mondiale.

Après le rebond exceptionnel qui a suivi la profonde récession, l’économie mondiale devrait faire face à de multiples chocs, notamment le conflit en Ukraine, les confinements répétitifs en Chine et le resserrement monétaire dans les pays développés. L’estimation de l’ampleur de ces impacts sur l’économie mondiale demeure délicate et dépend de l’évolution des problèmes géopolitiques et des actions menées par les différents gouvernements.

Cependant, explique le HCP, il ne fait aucun doute que le bouleversement des relations internationales, l’aggravation des pressions inflationnistes et les perturbations dans les chaînes d’approvisionnements minent la confiance et nuisent à la croissance mondiale qui devrait fortement ralentir, passant de 5,8% en 2021 à 3% en 2022 et 2,8% en 2023. Ces évènements auront comme résultat un net ralentissement de la croissance économique nationale cette année.

L’économie nationale, affaiblie par la crise sanitaire et pâtissant d’un secteur agricole en berne, devrait subir les effets d’un environnement mondial défavorable via, notamment, la décélération de la demande extérieure et la montée de l’inflation. La hausse générale des prix affecterait nettement l’offre et la demande, pesant lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages et le budget de l’Etat. Ainsi, les prévisions établies dans le cadre du budget économique prévisionnel de janvier dernier devraient être revues à la baisse, soutient le HPC.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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