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Gazoduc Nigeria-Maroc: Le Nigeria densifie son réseau local d’approvisionnement

La Société nationale du pétrole du Nigeria vient d’achever le projet de gazoduc Escravos-Lagos II, d’une longueur de 342 km.

Ce tronçon, qui est un sous-projet du gazoduc Nigeria-Maroc, va transporter 1,2 milliard de mètres cubes standard de gaz de l’État du Delta (au Sud du Nigeria) vers les industries du Sud-Ouest du pays. 

Tronçon après tronçon, le Nigeria avance dans la construction de son réseau local de pipelines qui va acheminer le gaz jusqu’en Europe.

En attendant que l’accord financier entre le Maroc et le Nigeria sur le projet de gazoduc se concrétise, un ensemble d’actions, que l’on pourrait qualifier de signes avant-coureurs, sont menées ici et là, comme pour envoyer des signaux positifs aux différents partenaires du deuxième plus grand gazoduc au monde.

Le dernier en date nous vient du Nigéria où la Nigerian national petroleum corporation (NNPC), pour Société nationale du pétrole du Nigeria, vient d’achever le projet de gazoduc Escravos-Lagos II, d’une longueur de 342 km.

Ce tronçon devrait transporter 1,2 milliard de mètres cubes standard de gaz de l’État du Delta (au Sud du Nigeria) vers les industries du Sud-Ouest du pays pétrolier. Soulignons que cette réalisation fait partie du gazoduc côtier entre le Nigeria et le Maroc.

Il s’agit de la phase II d’un projet dont la phase I remonte à 1989 et qui a permis de livrer 1 milliard de mètres cubes standard de gaz aux usines d’Ogun (État du sud-ouest) et de Lagos (hub financier et économique).

Il y a quatre ans, le Roi du Maroc Mohammed VI et le président nigérian Muhammadu Buhari ont convenu d’aller de l’avant avec ce méga-projet de transport de gaz le long de la côte atlantique, après qu’un accord initial ait été signé en 2016.

Dans le cadre de cet accord, les deux pays prévoient de prolonger le gazoduc qui pompe le gaz du pays possédant les plus grandes réserves prouvées de gaz en Afrique et les 7e plus grandes au niveau mondial. Rappelons que le gazoduc Nigeria-Maroc permettra d’acheminer du gaz vers 15 pays d’Afrique de l’Ouest, et, via le Maroc, vers l’Espagne et l’Europe.

La construction devrait se faire en plusieurs phases sur une durée de 25 ans. Pour l’heure, on en est à la phase de conception, et les détails, notamment le coût et le financement, sont encore en cours d’élaboration. Ce n’est qu’après sa conception technique que l’on saura exactement son coût.

À noter que la problématique de son financement est au cœur des préoccupations de l’UE. En effet, alors que la guerre du gaz fait rage en Europe, le scénario d’une coupure complète du gaz russe pour l’hiver semble devenir, chaque jour, de plus en plus plausible, poussant l’Union européenne à chercher de nouvelles sources d’approvisionnement.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a, d’ailleurs, annoncé une participation financière à hauteur de 14,3 millions de dollars.

Plus de 100 milliards de mètres cubes de gaz par an à exporter in fine !

Soulignons que la NNPC finance un projet similaire, mais cette fois situé dans le Nord du Nigéria, appelé «projet gazier AKK», lequel promet de révolutionner les industries du Centre-Nord et du Nord-Ouest de ce pays d’Afrique de l’Ouest, lorsqu’il sera achevé au début de l’année prochaine.

Selon plusieurs experts, le gazoduc Nigeria-Maroc est plus viable et pertinent sur le long terme que le transsaharien, car il prend en considération les défis géopolitiques.

Jusqu’à présent, ce que l’on sait du transsaharien est que NNPC et Sonatrach détiendraient un total de 90% des parts, et le Niger 10%. Ce projet susciterait un intérêt manifeste du russe Gazprom, de l’indien GAIL, du français Total S.A., de l’italien Eni SpA et du Royal Dutch Shell.

Selon le ministre nigérian du pétrole, Tymipre Sylva, «lorsque les gazoducs transsaharien et Nigeria-Maroc auront été achevés, le Nigeria exportera plus de 100 milliards de mètres cubes de gaz par an, sans compter les plus de 3 milliards de mètres cubes exploités localement au Nigeria pour produire de l’électricité».


Des signaux positifs tout azimuts

L’autre signal positif sur le gazoduc Maroc-Nigéria a été envoyé début juillet, avec l’attribution par les sociétés publiques des hydrocarbures du Nigéria et du Maroc, Nigerian national petroleum corporation (NNPC) et l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), du marché des services de conseil en gestion de projet (PMC) pour la deuxième phase d’étude d’avant-projet détaillée à la coentreprise composée de la société allemande ILF Consulting et DORIS Engineering (FEED, Front-End Engineering design).
Précisons que les services PMC comprennent la conception du gazoduc onshore et offshore et de la station de compression, les levées techniques, l’étude d’impact environnemental et social (ESIA), les études d’acquisition de terrain et le cadre de mise en œuvre du projet.
Pour réduire l’empreinte carbone du projet, celui-ci étudie le potentiel d’utilisation de sources d’énergie renouvelables pour l’exploitation du pipeline.
Il y a deux mois de cela, le Conseil exécutif fédéral (FEC) du Nigeria approuvait la conclusion par la NNPC d’un accord avec la CEDEAO pour la construction du gazoduc Nigeria-Maroc. Fin juin 2022, la NNPC recevait le feu vert du gouvernement nigérian pour aller de l’avant avec la signature d’un protocole d’accord sur la construction d’un gazoduc vers l’Europe via le Maroc.
Un feu vert qui intervient alors que l’approvisionnement de l’Europe en gaz africain prend de l’importance, la crise ukrainienne ayant déjà réduit le volume des exportations énergétiques russes de quelque 25%.

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO

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