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Gaz butane : la lourde facture de l’Etat

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La facture du gaz butane a fortement augmenté au cours des neuf premiers mois de l’année 2021, aggravée par la hausse du prix du blé tendre sur le marché mondial.

Ce sont des indicateurs provisoires peu rassurants qui se dégagent des données communiquées aux parlementaires, après le dépôt du PLF 2022 auprès des deux instances législatives. En effet, les prévisions sont pessimistes pour cette année 2021, avec des dépenses liées aux charges de compensation qui devraient connaître une hausse de 43%. «En vertu de la loi-cadre sur la couverture sociale, la réussite du chantier de la réforme du régime de compensation est une nécessité impérieuse», selon le diagnostic réalisé par l’Exécutif et qui porte sur la période de janvier à septembre de cette année.


Par rubrique, les charges liées au soutien du prix du gaz butane et du blé tendre ont connu les hausses les plus importantes. Les données du rapport portant sur la compensation, indiquent, en effet, que la moyenne du soutien à l’achat a dépassé 46%, soit 4.737 DH par tonne pour le gaz butane alors que la hausse constatée pour le soutien des prix du blé tendre a augmenté de 28% durant les neuf premiers mois de cette année.

Entre janvier et septembre, l’État a ainsi déboursé plus de 1,4 MMDH, dont 428 MDH pour le blé tendre importé. «En attendant la fixation des conditions préalables pour l’activation de la réforme de la compensation, une enveloppe budgétaire de plus de 1,6 MMDH a été consacrée par la loi de Finances 2022 à la poursuite du soutien des prix du gaz butane, du blé tendre national et du sucre», précise le département des Finances à propos de la dotation budgétaire qui sera consacrée au soutien des prix des produits de base durant le prochain exercice budgétaire. À souligner que la cadence de la hausse vertigineuse des prix, au niveau mondial, n’a pas épargné le sucre, qui a augmenté de plus de 39% entre janvier et septembre 2021, engendrant ainsi un creusement du déficit de ce système.

Les prévisions de l’Exécutif
C’est sur la base d’une hypothèse de 571 dollars/tonne que le gouvernement a établi ses prévisions de dépenses pour le soutien du prix du gaz butane, soit une dotation qui dépasse 9,9 MMDH. Pour les autres produits de base que sont le blé tendre, le sucre et les produits alimentaires de première nécessité, la dotation prévisionnelle dépasse 14 MMDH. «Le PLF 2022 devra consacrer environ 16 MMDH pour soutenir le gaz butane, le sucre, le blé tendre et les produits alimentaires, soit une hausse de 28%», indique le rapport gouvernemental. À souligner que des mesures spécifiques ont été décidées pour la commercialisation du blé tendre national, essentiellement via les appels d’offres pour approvisionner les minoteries industrielles dont l’État prend à sa charge la différence entre le prix d’achat local et celui fixé, et qui atteint 258 DH/quintal.

Quant à la hausse des droits d’importation depuis mai 2021, et durant toute la période de commercialisation du blé tendre national, elle est de l’ordre de 135%. Pour le soutien du gaz butane, la compensation consiste en le paiement aux sociétés gazières de la différence entre le coût de revient de l’importation et les prix fixés par l’État de manière mensuelle, ainsi que l’octroi d’une provision de transport. Le système actuel prévoit la compensation du différentiel entre le prix de revient du gaz butane et les prix de vente par les centres emplisseurs importateurs, sans oublier que la caisse supporte aussi les surestaries encourues lors du déchargement des cargaisons de butane, dues à des cas de force majeure ou d’encombrement du port de déchargement.

Priorité aux catégories pauvres et vulnérables

L’État envisage de réaliser d’importants investissements dans l’activité de stockage du blé tendre, sachant que le taux d’utilisation de la capacité de production des minoteries industrielles ne dépasse pas 53%. Les capacités de stockage actuelles s’élèvent à 66 millions de quintaux, sans compter les capacités des silos portuaires, dont près des 3/4 chez les organismes stockeurs, 10 millions de quintaux chez les minoteries industrielles et 7 millions au niveau des usines d’aliments composés. Le nombre de minoteries industrielles actives s’élève, quant à lui, à 161 unités, dont 137 minoteries de blé tendre. Il faut dire que le passage d’un régime d’assistance sociale trop coûteux à un autre, qui cible les catégories défavorisées, est crucial pour la visibilité du gouvernement en matière de charges de compensation pour les prochains exercices budgétaires. La priorité est donnée  «aux catégories pauvres et vulnérables», avec un souci de faire converger la question de la réforme de la compensation avec celle du soutien direct aux populations sensibles et de la couverture sociale. L’optique gouvernementale s’inscrit aussi dans un registre plus large, celui de la lutte contre la pauvreté.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO

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