Éco-Business

Fruits et légumes : les professionnels lancent une bourse à l’export

Abonnez vous pour lire tout le contenu de votre quotidien Les Inspirations Eco

Six structures professionnelles ont paraphé un accord-cadre, afin de créer une bourse des fruits et légumes destinée à l’export. Un comité permanent devra assurer la concrétisation de ce projet à travers la préparation de son étude.

Alors que la Bourse des primeurs, à Chtouka-Ait Baha, a été renvoyée aux calendes grecques il y a plus de 25 ans, les professionnels décident de créer une nouvelle structure agricole, mais cette fois-ci à vocation à l’export. Il s’agit de la bourse des fruits et légumes. C’est en fin de semaine que la convention-cadre afférente à la création de cette plateforme commerciale, destinée à l’export, a été scellée, à la Chambre régionale d’agriculture de Souss-Massa, en marge de la Journée de sensibilisation dédiée au rôle des assurances dans le secteur agricole. L’évènement en question a été initié par la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes (FIFEL) et l’Association nationale des conditionneurs et exportateurs de fruits et légumes (ANCEFEL), en plus de Guadix Log, une entreprise spécialisée dans le transport et la logistique. En vertu de cette convention paraphée par six structures professionnelles, l’accord-cadre a tracé, de manière consensuelle, les modalités nécessaires, afin de mener à terme la création de cette plateforme commerciale.


La bourse attend son étude de projet
Pour l’instant, un comité permanent devra assurer la concrétisation de ce projet à travers la préparation de son étude de projet. Il va sans dire que la création de cette bourse de fruits et légumes destinée à l’export sera lancée pour répondre aux demandes et sollicitations des exportateurs en termes de quantité, mais aussi de produits de qualité suffisante sans faire appel à l’achat de marchandises auprès des différents marchés de la région (Oulad Teima, Inezgane-Ait Melloul) ou directement des exploitations agricoles. Selon les initiateurs de ce projet, le but via la mise en place de cette bourse, est également la fixation d’un prix de référence en fonction des tarifs sur les marchés à l’export. En se référant aux engagements des parties signataires, la FIFEL s’est engagée à assurer la coordination avec tous les partenaires afin de promouvoir et d’accompagner la réalisation de ce projet. S’agissant de l’Association Chtouka des producteurs agricoles (ACPA), elle encouragera ses adhérents-producteurs à appuyer ce projet. Àcela s’ajoute la promotion des avantages de cette plateforme, dans le cadre d’un partenariat gagnant/gagnant avec les exportateurs, sur les variétés et les quantités demandées par les marchés étrangers, conformément aux normes de qualité et de sécurité sanitaire.

Les autres engagements
Pour l’ANCEFEL, il s’agit de convaincre les conditionneurs et les exportateurs de s’approvisionner de cette bourse à travers leurs achats avec la mise en place de contrats avec les producteurs-adhérents à cette plateforme en vue de fournir les quantités demandées conformément au cahier des charges. En ce qui concerne l’Association nationale des transporteurs routiers de fruits et légumes à l’export (ANTREFEL), nouvellement créée, elle coordonnera avec l’ANCEFEL la mobilisation des camions de transport routier destinés à l’export. Pour l’Union nationale des Associations des marchés de gros des fruits et légumes au Maroc (UNAMGLFM), elle mettra son expertise (marché de gros) au service de cette plateforme alors que l’Association marocaine des exportateurs de produits vers l’Afrique et l’étranger (AMEPAFRIC) devra garantir la commercialisation des produits de cette bourse sur le marché subsaharien tout en scellant des conventions sur la base de contrats annuels entre les producteurs et les transporteurs routiers.

Fruits et légumes : commercialisation directe selon la loi n°37.21
Aujourd’hui, la loi n°37.21, édictant des mesures spéciales relatives à la commercialisation directe des fruits et légumes sur le marché national dans le cadre de l’agrégation agricole, a donné le feu vert aux agriculteurs, disposant d’unités de conditionnement des fruits et légumes, de commercialiser leurs produits sans l’obligation de passer par les marchés de gros. Une requête longtemps sollicitée par les producteurs des fruits et légumes, puisque le réseau des intermédiaires entraîne régulièrement des dérèglements de prix tout au long de l’année, mais aussi durant les pics de consommation. C’est la raison pour laquelle ce chantier constitue l’une des principales doléances des professionnels, en plus de la modernisation des marchés de gros pour maîtriser les circuits d’acheminement et les prix de vente des fruits et légumes. Outre la tenue de l’assemblée constitutive de l’ANTREFEL, cette journée de sensibilisation sur le rôle des assurances a été marquée par une présentation de la part de la Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA) sur les accidents de travail, l’assurance multirisques et la couverture sanitaire.

Contrôle intégral : le déchargement fâche
Compte tenu de l’importance de ce sujet, surtout avec la recrudescence des changements climatiques et l’augmentation du facteur risque, les professionnels présents ont émis le souhait de constituer un comité dédié spécialement à ce dossier. Pour les professionnels, il s’agit d’inscrire la question de l’assurance dans le processus relatif à l’assistance conseil avant la conclusion des contrats d’assurance en plus de la mise en place d’une cartographie de risque tout en limitant les pertes liées aux conditions de déchargement (à l’extérieur des conteneurs frigorifiques) dans certains ports marocains à l’issue des déchargements intégraux de la marchandise. Dans ce sens, les professionnels ont appelé à la résolution règlementaire de ce problème qui porte préjudice aux marchandises exportées de fruits et légumes à cause des chocs thermiques dans des conditions inappropriées. Par ailleurs, un hommage a été rendu à Houcine Aderdour, président de la FIFEL, en marge de cette journée marquée également par la proposition de l’obligation de l’assurance agricole pour mieux protéger l’agriculteur des aléas climatiques et la prévention des accidents sur les différents sites de production et d’exportation.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Bouton retour en haut de la page