Éco-Business

France. 4 MMDH de financements pour le maroc… et plus encore

Afrique, TIC, infrastructures : Les contours du nouveau partenariat Maroc-France 


Nouvel élan pour la coopération Maroc-France. À l’occasion du forum d’affaires entre les deux pays, ayant réuni plus de 400 opérateurs, le Premier ministre français Édouard Philippe a appelé à encourager les PME et entreprises intermédiaires françaises à investir au Maroc. De nouvelles pistes de coopération se dessinent également en Afrique.

La 13e rencontre de haut niveau entre le Maroc et la France semblait placée sous le signe du renouveau du partenariat. L’arrivée à terme de grands projets d’infrastructures entre les deux pays, les perspectives d’une croissance partagée en Afrique et la nécessaire mise à niveau à l’ère du digital redessinent les contours d’un «new deal». À l’occasion du forum d’affaires organisé parallèlement à cette rencontre de haut niveau, le Premier ministre français Édouard Philippe a souligné que «La bonne tenue de nos relations bilatérales ne doit pas nous interdire de déceler les domaines dans lesquels ce lien peut être renforcé».

Concurrence
Le premier partenaire économique du Maroc veut d’abord défendre son positionnement sur le marché marocain. L’hexagone ne veut pas voir ses parts de marché s’éroder suite à l’exécution de grands projets comme celui de la Ligne à grande vitesse (LGV), du tramway ou encore les contrats de construction automobile. La France reste le premier partenaire économique du Maroc et son deuxième partenaire commercial après l’Espagne. Pas moins de 900 entreprises françaises sont implantées au Maroc, employant près de 100.000 personnes. Le chef de l’Exécutif français veut aller plus loin en encouragent notamment l’implantation de plus de PME et d’entreprises de taille intermédiaire (ETI). En effet, la France est le premier investisseur étranger direct au Maroc sur les 15 dernières années. 38 entreprises du CAC 40 sont présentes au Maroc. «Cette dynamique doit être ouverte aux nouveaux acteurs. Les grands groupes doivent ramener dans leur sillage les petites entreprises pour profiter de cet élan», souligne Édouard Philippe, qui insiste également sur l’importance des investissements marocains en France. «En 2016, 6 projets marocains ont été développés en France permettant la création d’environ 220 emplois. C’est un bon début, mais nous voudrions que vous accompagniez encore plus cette dynamique», encourage Philippe.

Sécurité en filigrane
Les opportunités qui se dessinent en Afrique peuvent notamment être un levier pour le business Maroc-France. Le chef de gouvernement Saâd-Eddine El Othmani a en tout cas mis l’accent sur cette question. «Le secteur privé de nos deux pays doit s’inscrire dans cette démarche afin de réussir le développement de la région, du continent et contribuer ainsi à sa stabilisation», souligne El Othmani. L’intérêt est certes économique, mais il est également sécuritaire pour la France et l’Europe. «Notre ambition est grande en Afrique, terre d’opportunités, soumise à une croissance démographique forte et confrontée à des défis parfois source de tensions migratoires et sécuritaires. Nous devons y veiller collectivement, et le Maroc partage ces préoccupations», confie Philippe. Un intérêt particulier est d’ailleurs accordé à ces questions dans le cadre de la politique du nouveau président français, Emmanuel Macron. Le Maroc se présente en tout cas comme un passage obligé. «Nous disposons de beaucoup d’atouts convergents qui peuvent être un tremplin. Je crois beaucoup en la capacité des entreprises françaises à conquérir l’Afrique à partir de la plateforme marocaine», annonce le Premier ministre français. L’officiel affirme d’ailleurs que le co-développement depuis le Maroc est une priorité. «Le Maroc a démontré sa capacité à offrir des infrastructures et de vraies opportunités, mais les relations vers l’Afrique ne peuvent être durables que s’il y a un intérêt mutuel», souligne pour sa part Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique. Le ministre appelle à «veiller à ce que l’Afrique ne devienne pas un slogan creux. Les relations doivent être équilibrées et l’Afrique doit s’assurer de mettre en place les prérequis nécessaires pour attirer l’investissement étranger».

Priorités
Selon le ministre marocain, l’investissement devrait se poursuivre dans des secteurs comme l’aéronautique, l’automobile, mais les opportunités se trouvent aussi dans l’agroalimentaire, le secteur pharmaceutique et la sidérurgie. Il est d’ailleurs rassurant de noter que l’Exécutif français a décidé de doubler le montant annuel du financement accordé par l’Agence française de développement (AFD) au Maroc pour atteindre 400 millions d’euros par an. Pour faire fructifier le business entre les deux pays, le Club des chefs d’entreprises Maroc-France a fixé des axes prioritaires pour l’action entrepreneuriale. L’accent est clairement mis sur les villes durables et l’inclusion urbanistique. «24 millions d’Africains viendront enrichir la démographie des villes en Afrique durant les 25 prochaines années», explique Mohammed Kettani, coprésident du club des chefs d’entreprises Maroc-France. Ceci posera des problèmes d’infrastructures, de durabilité, de mobilité et de consommation de ressources. «Nous avons également la responsabilité de promouvoir le développement humain de nos citoyens en fournissant une offre de qualité dans les domaines de l’éducation et la formation des jeunes, la santé et les services à la collectivité», a pour sa part souligné Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM. La transition numérique est également au centre des préoccupations. À ce titre, une déclaration d’intention portant sur une coopération dans le secteur du numérique a été signée. L’objectif étant notamment d’accompagner la mise en place de la future Agence du développement du digital (ADD)

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