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FMI : priorité aux réserves budgétaires

Si les équipes du FMI saluent la réactivité des autorités en vue de réduire les répercussions de la crise sanitaire combinée à la sécheresse, ces derniers rappellent l’importance de reconstituer les réserves budgétaires et de préserver la viabilité de la dette.

«Comme tous les autres pays, la pandémie a durement frappé le Maroc compte tenu de la structure de son économie ouverte, mais la réponse des autorités a été opportune et proportionnée», ont conclu les équipes du FMI suite à leurs consultations avec les autorités marocaines au titre de l’Article IV. Ces derniers s’attendent à ce que la croissance du PIB rebondissent à 4,5% en 2021 et ce à condition que les effets de la sécheresse et de la pandémie diminuent et que la politique monétaire et budgétaire reste accommodante. L’institution reste en effet confiante. « La pandémie aura probablement des effets persistants sur la production, mais la poursuite de la mise en œuvre du programme de réformes structurelles devrait stimuler la croissance potentielle à moyen et long terme », estime le FMI. Du côté de la politique budgétaire, le FMI a également salué la capacité du Maroc à soutenir de manière appropriée les ménages et les entreprises au lendemain de la pandémie, aidée par des contributions volontaires au Fonds COVID-19. Ils espèrent d’ailleurs que cette politique budgétaire puisse continuer à soutenir la reprise à court terme. Entre temps, un assainissement budgétaire devrait démarrer dès que la reprise sera établie.


Reconstituer les réserves
«À court terme, la priorité est de soutenir la reprise fragile et de remédier aux lacunes du système de protection sociale exacerbées par la crise. À moyen et à long terme, la priorité serait de reconstituer les réserves budgétaires et de préserver la viabilité de la dette», soutient l’institution de Bretton Woods. En effet, compte tenu des faibles taux d’intérêt, de la longue maturité de la dette publique et de la grande disponibilité de l’épargne intérieure, une augmentation temporaire du niveau de la dette et des besoins de financement ne devrait pas compromettre la viabilité de la dette publique du Maroc. Les besoins de financement publics élevés et persistants pourraient donc évincer les investissements privés, tandis que le taux d’endettement public élevé reste une source de vulnérabilité à de nouveaux chocs négatifs. C’est dans ce sens que les services de FMI recommandent de commencer l’assainissement budgétaire dès 2022 -lorsque la reprise commence véritablement- et ce afin de ramener la dette publique en 2025 à environ 70% du PIB. Or, une reprise économique plus lente que prévue exigerait un report de l’ajustement budgétaire. Le FMI mise sur la publication d’un cadre budgétaire à moyen terme avec une trajectoire claire et transparente vers un taux de dette publique plus faible est nécessaire pour donner de la crédibilité quant à l’engagement des autorités en faveur de la stabilité budgétaire tout en préservant l’espace à court terme. Des réformes décisives à moyen terme seront ainsi nécessaires pour reconstituer les réserves budgétaires tout en finançant l’extension annoncée du système de protection sociale et la réforme de l’éducation. Celles-ci devraient comprendre des mesures supplémentaires pour étendre la base d’imposition et accroître la progressivité du système fiscal, de nouveaux efforts pour rationaliser les dépenses et une reprise du programme de privatisation des autorités.

Les banques résilientes face à la crise
Sur un autre registre, le FMI tient à garder un œil sur le secteur financier marocain. Même si ce dernier a bien résisté à la crise, «une surveillance active continue est nécessaire étant donné l’incertitude quant à l’effet de la crise sur la qualité des actifs», soulignent les administrateurs du FMI. Les banques ont en effet jusqu’à présent relativement bien résisté à la récession avec des crédits en croissance continue. Et ce grâce aux efforts de Bank Al Maghrib qui a déjà pris des mesures exceptionnelles cette année pour atténuer l’impact de la pandémie sur l’économie réelle et maintenir le bon fonctionnement des marchés financiers. Pour le FMI, l’orientation de la politique monétaire devrait rester accommodante jusqu’à ce que les pressions inflationnistes réapparaissent. A ce stade, la Banque centrale devrait rester prête à utiliser tous les outils politiques disponibles si les risques de baisse se matérialisaient. De son côté, BAM suit également de près les implications de la crise sur la stabilité financière en demandant aux banques de réaliser un second test de résistance fin 2020, en supposant un choc plus fort. À noter que cette réactivité de la banque centrale a amélioré les conditions de liquidité et réduit les taux d’intérêt, et les programmes de crédit garanti du gouvernement. 

Aïda Lô / Les Inspirations Éco

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