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Fès-Meknès/Ressources en eaux : la situation actuelle est plus critique que jamais

Après quelques semaines d’exploitation de la nouvelle conduite mise en place au barrage Idriss 1er, le taux de remplissage de ce dernier a atteint, au 1er novembre, 22% contre 45% une année auparavant. Cette situation ne laisse pas beaucoup de marge pour l’exploitation des réserves du barrage, surtout si on tient compte du phénomène d’envasement qui réduit de près de 11% la capacité de stockage des barrages du Royaume. 

Du jamais-vu ! Les barrages de la Région Fès-Meknès sont à des niveaux de plus en plus inquiétants. Considéré comme le plus important bassin hydraulique au Maroc, avec un potentiel en eau qui s’élève à 5 milliards de m3 pour les eaux superficielles (30% du potentiel national) et plus de 1 milliard de m3 pour les eaux souterraines (25% du potentiel national), la situation du bassin de Sebou, au 1er novembre 2022, témoigne de la gravité du stress hydrique au Maroc.

Cette situation complique davantage les tentatives menées par les pouvoirs publics visant à garantir la continuité de l’approvisionnement en eau pour la population de la région. À titre d’exemple, le ministère de l’Équipement et de l’eau a dernièrement procédé à la mise en production progressive d’un projet de renforcement et de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable des villes de Fès, Meknès et des localités avoisinantes, à partir des eaux du barrage Idriss 1er.

Nécessitant un coût global d’environ 1,7 MMDH, ce projet vise à augmenter la capacité de production d’eau potable des installations existantes par un débit supplémentaire d’environ 43.200 m3 par jour, pour atteindre progressivement 172.800 m3 par jour. Après quelques semaines d’exploitation de cette nouvelle conduite, la retenue du barrage Idriss 1er a atteint, au 1er novembre, un taux de remplissage de seulement 22% (248 Mm3) contre 45% une année auparavant.

Cette situation ne laisse pas beaucoup de marge pour l’exploitation des réserves du barrage, surtout si on tient compte du phénomène d’envasement qui réduit de près de 11% la capacité de stockage des barrages du Royaume. Les réserves en eau enregistrées dans les cinq grands barrages du bassin hydraulique de Sebou (Idrissi 1er, El Wahda, Sidi Chahed, Kansara et Asfalou) s’élèvent à 1.989 millions de m3, dont 1.469 millions de m3 au niveau du barrage Al Wahda. Ce dernier assure l’irrigation d’environ 100.000 ha dans la plaine du Gharb, outre l’alimentation en eau potable des provinces de Taounate et d’Ouazzane.

Un nouveau barrage, Ribat El Kheir
Pour assurer l’alimentation en eau potable de la province de Sefrou, l’irrigation des périmètres en aval et la production de l’énergie hydro-électrique, la Direction générale de l’hydraulique a enclenché le processus pour la construction du nouveau barrage Ribat El Kheir dans la province de Sefrou. Nécessitant une enveloppe de 949,5 millions de dirhams pour une capacité de 124 Mm3, le barrage devrait être opérationnel dans 5 ans. Les dimensions de l’ouvrage, qui occupera une superficie de 258,2 Km2, seront d’une hauteur de 71m et d’une largeur de 599 m.

Par ailleurs, le ministère de l’Équipement et de l’eau a lancé un appel d’offres concernant une assistance technique dans le cadre de l’étude d’exécution de la construction du barrage. Cette assistance, estimée à 3,27 MDH, a pour objet d’accompagner la construction du barrage, dont le déroulement des travaux s’étalera sur une période de 3 ans et 4 mois.

Les chantiers lancés
Dans la continuité des projets programmés dans le Plan directeur d’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE), l’année écoulée a été marquée par la réalisation de nombreux projets hydrauliques structurants, dont notamment le démarrage de la mise en eau et l’exploitation du barrage Ouljat Sultan.

Doté d’une capacité de stockage de 510 millions de m3, cet ouvrage contribuera à la protection de la plaine du Gharb contre les inondations, à l’irrigation du périmètre de Beht, et au renforcement de l’approvisionnement en eau potable. Par ailleurs, la province de Taounate a connu le début des travaux de construction du barrage Sidi Abbou. D’une enveloppe de 1,2 milliard de DH (MMDH) pour une capacité de 200 millions de m3, il permettra l’irrigation de 5.000 hectares et vise à assurer la protection de la plaine du Gharb contre les inondations, ainsi que l’approvisionnement en eau potable et d’irrigation.

Ce barrage, dont l’achèvement des travaux est prévu pour 2026, comprend également la création d’une centrale hydroélectrique. Afin d’accompagner la situation hydrique de la région, de nombreux projets sont également programmés dans le cadre de la mise en œuvre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (2020-2027).

Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO
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